Les Carmes d'Orléans (1)

Publié le par Bernard Bonnejean


ou le sens obligatoire d'une rue interdite à la libre circulation des chalands qui y passent

Oh non ! Détrompez-vous ! Ne perdez plus votre temps à me guetter à l'endroit prévu où vous m'attendiez ! Penaud, honteux, vous me croiserez dans ces chemins de traverse qu'on dit mal fréquentés. Vous pouvez me compter au nombre des renégats, sans espoir, je le crains, d'une reconversion de relaps repenti.

Mais, je vous prie de ne pas me juger avant de m'avoir lu jusqu'au bout.

De retour de Bourges à Laval, ce lundi 28 septembre 2009, j'ai cru bon de passer par Orléans pour me faire une idée. Et, au bout de la route, j'ai pris conscience des idées que je m'étais faites. Ni bonnes ni mauvaises, juste un peu faussées par l'amitié.

Qu'on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas ! Orléans reste une belle et grande ville. Une ville dont la majorité actuelle ne pèse pas toujours le poids du passé ni de l'histoire, puisqu'elle a préféré, semble-t-il, le rapport qualité/prix d'une modernité discutable au devoir de mémoire et aux valeurs culturelles, les seules dignes du respect de peuples civilisés. Pourtant, je n'aurais pas la bêtise de critiquer ce slogan de rencontre, placardé dans la célèbre rue de Bourgogne :



  


Nous n'aurons, je pense, aucune difficulté à poser d'abord ce principe : une politique municipale intelligente ne saurait être fondée sur le rejet de l'une de ces deux options, soit le réalisme froid, mais trompeur, de ce panneau à dominante bleue, la couleur la plus profonde et la plus immatérielle, celle du rêve, de l'irréel, mais aussi de l'éternité ; soit l'éternel retour vers ce passé cossu de l'hôtel Groslot, celui d'un paradis inaccessible que je crains perdu pour longtemps, voire pour toujours :






D'ailleurs, pour être honnête, il n'est nullement certain qu'un Orléanais du début du XXème siècle se soit trouvé moins étranger à ce decorum précieux qu'un citoyen d'aujourd'hui, voire un élu du peuple, comme eût pu l'être ce fils de rempailleuse de chaises du Faubourg Bourgogne :





Bien sûr que vous avez reconnu Charles Péguy ! Une légende dit que son buste fut troué par une bombe de la seconde guerre mondiale à l'endroit même où le poète fut blessé mortellement en 1914. Curieuse, tout de même, cette vengeance du passé ! "Orléans rappelle son passé à l'avenir" Et si, finalement, rien n'était plus absurde que cette braillarderie des mauvais jours : "Du passé faisons table rase !" Seuls les exaltés du père Duchesne et quelques talibans fous ont cru cette ânerie au point de la mettre en pratique, comme si la destruction des monuments pouvait contribuer au bonheur des peuples...

Que dites-vous ? Vous voyez la rue des Carmes surgir à l'horizon de ma transition ?

Eh bien oui ! La voici, la rue des Carmes, ou du moins un premier aperçu qui, je l'espère, vous fera sourire avant d'entamer une discussion -- ou un soliloque, selon votre humeur. Regardez cette photo : elle permet toutes les imageries.



Je ne veux pas commenter ce chef-d'oeuvre de l'espace urbain.

Juste quelques pistes à fouiller pour les amateurs de poésie vraie. Caton l'Ancien, romain auteur d'un célèbre Delenda Carthago, "Il faut détruire Carthage" dont un descendant proclamerait Delenda Carmorum Via, "Il faut détruire la rue des Carmes"... Les poubelles soigneusement rangées dans cette perspective devant une entreprise de pompes funèbres "disponible" sept jours sur sept, vingt-quatre-heures sur vingt-quatre, dont les clients sont priés d'aller stationner ailleurs, "sauf livraisons". Nommez-moi un seul romancier qui eût osé imaginer pareille mise en bouche !!!

La suite un peu plus tard...


A bientôt, les Amis,


Bernard Bonnejean

Contre la destruction de la rue des Carmes

Publié dans culture humaniste

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polikarpov 05/10/2009 12:27


Finalement le "et ta mémé" était plutôt sympathique ? Non ?
A plus.


polikarpov 04/10/2009 08:37


"Ta mémé", donc aussi déplacé que "faux derche".
Merci de cet éclaircissement. C'est du même niveau et je n'avais qu'à pas commencer.
Mes textes ne le font pas apparaitre mais je suis toujours à la limite de la dérision et de l'agression parfois. Au début des blogs et des combats politiques j'étais beaucoup dans l'invective. Tout
cela est accentué par un esprit méridional plutôt proche de la galéjade. Pardon, pardon mille fois. Non, non, je ne suis pas faux derche seulement sincère.
Aujourd'hui (j'ai du mal avec le vouvoiement...!) j'ai servi un "et ta mémé" plutôt dérisoire. Pardon si cela "t"'a blessé. Il est vrai que ce Laudes m'insupporte au plus haut point et souvent j'ai
envie d'en découdre avec lui mais le mérite-t-il ?
Merci pour tes précision et je serai à l'avenir prudent avec ce jeu qui consiste à laisser ces réflexions sans autres explications. Bon week-end.


Bernard Bonnejean 04/10/2009 14:47


Peu importent ces histoires qui n'intéressent personne !

Je vous prie de m'excuser à la hauteur de vos propres excuses que j'agrée avec toute la sympathie dont je suis capable.

A bientôt, BCT. Travaillons, vous et moi, à notre niveau, à construire l'avenir. Ce sera nettement plus intelligent et productif.


Bernard Bonnejean 03/10/2009 21:39


Un oubli, que des esprits tatillons, plus ou moins bien intentionnés, pourraient relever :

Sur tout ce que compte Internet, je ne tutoie que Miguel, parce que lui seul et lui le premier m'a convaincu, après des années passées sur les forums intellos de usenet, de la quasi nécessité des
blogs. Cependant, je ne me permets pas de tutoyer Corinne, pour laquelle j'ai une admiration sans borne.


Bernard Bonnejean 03/10/2009 21:30


Cher BCT,

Vous savez,parce que je vous l'ai dit, combien j'attache d'importance à vos paroles sur les blogs orléanais. Votre fidélité à une Ségolène Royal, bafouée par ce que le PS compte de notables,
aujourd'hui déchus, m'a toujours porté à vous estimer.

Or, j'ai cru bon l'autre jour, au nom du même désir d'apaisement dont je nous croyais capables, de dire que les propos de certains "rigolos" des intervenants m'apparaissaient diffamatoires, voire
calomniateurs. J'englobais Laudes dans le lot, ni plus ni moins que les autres.

Et voilà que vous seul, pour toute réponse, me servez du "Ta Mémé", variation d'un certain "et ta soeur, elle bat le beurre" dont l'objectif est, sans aucun doute, l'EXCLUSION.

Sachez, d'une part, que si je hante encore parfois, de plus en plus rarement, les blogs orléanais, c'est sur l'invitation de blogueurs amis dont je tairais le nom.

Sachez, d'autre part, que je ne tutoie personne, preuve s'il en est que je ne pousse pas la virtualité jusqu'à prostituer mes opinions, bien réelles et bien ancrées dans une existence instructive.
Que, par conséquent, vous m'obligeriez en ne vous permettant pas cette familiarité que je me refuse à moi-même.

Sachez enfin que je vous concède ceci pour mettre un terme définitif à une dispute sans conséquence qui n'intéresse personne : "Ta Mémé" est pour moi insultant au même titre que "Et ta soeur !"
mais je consens à vous accueillir ici-même, sur mon blog, avec le même esprit d'honnêteté, de civilité et de courtoisie qui ont fait mon admiration au moment de mon débarquement à Orléans.

Vous pouvez, bien entendu, répondre à mes intrusions orléanaises en vous mêlant, si vous le désirez, et après vous être informé, des affaires lavalloises.

Bien cordialement.


polikarpov 03/10/2009 16:47


Cher Bernard, j'ai une question à te poser.
Sur "Blogorléans" j'ai vu qu'un certain "BernardBonnejean" m'avait traité de "faux derche" après m'avoir traité de "pauvre crétin".
Bon, c'est vrai quand on s'expose sur le net on est sujet à ce type d'avanies mais je voudrais savoir si tout d'abord c'est toi qui a écrit cela et si oui, ce que tu n'as pas compris dans mon
intervention. Je disais plus haut en effet "Et ta mémé". Je m'explique. Cette interjection me permettait de te dire que ton intervention, je cite "Parce que là, ça sent vraiment la merde, vos
calomnies diffamations. Ce n'est ni de l'humour ni de la politique, ça ! Franchement dégueulasse !!" me laissait à penser que tu étais d'accord avec le dénommé "Laudes" ce qui me surprenait un
chouïa.
Saches que tu peux m'insulter. "faux derche" ou hypocrite finalement peuvent s'appliquer à n'importe qui d'entre nous puisque toutes formes de souhait de conciliation peuvent être prises pour une
attitude "faux derche".
Tu aura compris que cela m'avait quelque peu étonné de ta part. C'est pour cela que je te demande cette confirmation. Merci par avance.