Qui n'a entendu ou dit une fois dans sa vie ?

Publié le par Bernard Bonnejean


Chez les ouvriers, il y a une vraie solidarité. Jamais on ne laisse tomber quelqu'un.

Les Noirs, ils sont plus racistes que vous !

Aujourd'hui, les jeunes, ils ne savent plus rien.

Le bac d'aujourd'hui ne vaut même pas le certificat d'études d'avant.



Les politiciens, tous pourris. D'ailleurs il n'y a pas beaucoup de Français là-dedans.

Tous Francs-Maçons. Ils savent se reconnaître, ces gens-là.

On dira ce qu'on voudra, mais il y a quand même du bon chez Le Pen.

Les Juifs, ils ont souffert quatre ans et maintenant on ne peut plus rien leur dire.

Les Américains, ils viennent toujours à la fin des guerres pour toucher les bénéfices.

Les homos, je n'ai rien contre. Ils font ce qu'ils veulent. Mais on ne voit plus qu'eux à la télé !

Socialistes partageurs ? Mon cul !



Finalement, Pétain et de Gaulle, ils se complétaient bien.

Quand on réfléchit bien, c'est quoi la différence entre Hitler et Napoléon ?

Me parlez pas des Corses ! Ils sont à peine français, ces gens-là !

Les curés et les bonnes soeurs, c'est les pires. Forcément ! C'est pas naturel de rester comme ça.



Les Arabes ? Un grand sourire par devant et un coup de couteau dans le dos.

Les Italiens ? C'est déjà bien si vous ramenez toutes vos affaires.

Les Espagnols ? Il faut avouer qu'ils ont fait beaucoup de progrès. Autant rester en France.

Les Boches ? On a beau dire, mais ils ont ça dans le sang. Il faut les surveiller de près.

On n'est pas gros quand on mange pas.

Faire un régime à cet âge-là ! Elle (il) est franchement moche.

Les femmes patrons, on a beau dire, elles sont pires que les hommes : boulot-boulot aucune pitié.

Les profs, ils travaillent jusqu'à leurs examens et après ils se reposent.




Plaignez pas les paysans ! Ils en ont de côté !

Si vous aviez connu la Seine-Saint-Denis avant les Arabes !

Les Juifs ? j'ai rien contre, mais n'empêche que j'en ai connu un...

Si on écoutait ces gens-là, il y aurait des mosquées partout.

Les mosquées ? C'est pas eux qui payent. C'est l'Arabie Séoudite.

Les Juifs, ils se mettent tous dans le même quartier. Et après ils vont se plaindre pour les rafles.







Un noir, même malade, il rigole. Ils n'arrêtent pas de rigoler ces gens-là.

Le rythme, ils ont ça dans le sang.

Vous n'allez pas me dire que ces gens-là, depuis le temps, pouvaient pas apprendre le français.

Ils feront bien ce qu'ils veulent. Ils ne vivront jamais comme nous. Vous avez vu ce qu'ils mangent ?

Aubry chez Drucker ? Elle est juive ?

Que voulez-vous que je vous dise ? Ils ne veulent plus travailler. Un pays d'assistés !





Ah, les Portugais ! Ils sont travailleurs, eux au moins, les Portugais ! Imbattables pour la maçonnerie.

Les Français, ils accueillent tout le monde. Et on dit qu'ils sont racistes !!

Si ils étaient si malheureux chez nous, ils retourneraient chez eux !!

La France, vous savez, c'est plus ce que c'était.

Ils touchent le RMI. Deux jours après, ils ont tout bu.

Moi, je vous le dis, ça finira mal tout ça !

Certains continueront encore à défendre le peuple, le bon sens populaire. Mais un Voltaire savait exactement à quoi s'en tenir sur le peuple, qu'il appelait le vulgaire. Contrairement à ce qu'on raconte dans les coulisses des laïcards de gauche comme de droite, François-Marie Arouet n'a jamais été partisan de la révolution, lui, l'un des philosophes les plus conservateurs que les Lumières ait comptés. Il s'en méfiait comme de la peste, du peuple et de ce qui va avec : l'instinct grégaire. 

Un militant, de quelque bord qu'il soit, c'est parfois quelqu'un du peuple. Ni meilleur ni pire que les autres. Alors quand on assiste à une scène comme celle-ci, même si l'on est ministre, on n'y prête pas plus d'attention qu'il ne faut. Regardez bien ce qui suit, et dites, en votre âme et conscience, ce que vous auriez fait à la place d'Hortefeux :


Ces discours de vierges effarouchées là...


excusez-moi, mais ça ne prend plus ! Et pour une fois, (je vais en étonner plus d'un), je proclame mon complet accord avec ce que Nicolas Sarkozy a fait savoir devant un Zapatero apparemment respectueux, qui  fut, lui aussi, l'enjeu d'une de ces petites phrases qui sont le seul bois de chauffe de l'opposition socialiste (je cite in extenso) :

"Franchement, en ce moment, j'aimerais que chacun se concentre sur son travail, et ne perde pas de temps dans des polémiques. Et moi j'essaie vraiment de me concentrer sur mon travail et je demande à chacun de le faire. Il y a tellement de réformes, tellement de difficultés ! Voilà ! Ce que j'en pense, c'est que j'ai vraiment peu de temps à perdre avec ça !"

D'autant plus que Martine Aubry, à propos de la tricherie manifeste de quelques-unes de ses brebis galeuses, eut ce commentaire, beaucoup plus discutable compte-tenu du contexte :

"Je sais une chose : c'est que j'ai mieux à faire".

Puisque tout le monde semble d'accord sur le principe, attendons les applications concrètes. 

A bientôt, les Amis.

Bernard Bonnejean



 

Publié dans vie en société

Commenter cet article

Bernard Bonnejean 16/09/2009 22:39

J'espère que vous reviendrez me voir, chère Elyne, ne serait-ce que pour adoucir ma souvenance d'un Toulon honni à cause d'un court séjour dans l'Infanterie de Marine coupé par deux jours à l'hôpital Sainte-Anne. Chicago existe-t-il encore ? A bientôt ?

Elyne de Toulon 15/09/2009 17:03

Cher Bernard,
Je viens de lire toutes ces petites phrases toutes faites, que tout le monde dit sans réfléchir plus que çà, mais qui démontre le peu de cas que font les gens de l'autre. On a pourtant tant à apprendre les uns des autres. J'ai rejoins cette communauté depuis peu de temps, j'essaie de lire un peu chez chacun. Je reviendrai voir votre blog.