Les valeurs

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Il faut rééduquer à la dimension profonde de la sexualité


Il est de plus en plus question de valeurs. Ainsi parle-t-on de valeurs morales, valeurs républicaines, valeurs marchandes. Un objet a de la valeur ; un homme, une femme a de la valeur. Un objet a de la valeur mais n'a pas de valeurs ; un homme, une femme en a. Le problème est qu'aujourd'hui, et sans doute à d'autres époques, la polysémie du vocable peut prêter à confusion à cause d'un risque certain d'interchangeabilité. Pour ne citer qu'un exemple : tel champion a un grande valeur athlétique ce qui lui donne une valeur marchande considérable. Quant à la call-girl : elle se vend, on la vend, on la loue, au prix de l'or...

Saint Paul avait une certaine conception de la valeur du corps humain.


« Tout m'est permis » ; mais tout n'est pas profitable. « Tout m'est permis » ; mais je ne me laisserai, moi, dominer par rien. « Les aliments sont pour le ventre et le ventre pour les aliments, et Dieu détruira ceux-ci comme celui-là. » Mais le corps n'est pas pour la fornication ; il est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps. Et Dieu, qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera, nous aussi, par sa puissance. Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? Et j'irais prendre les membres du Christ pour en faire des membres de prostituée ! Jamais de la vie ! Ou bien ne savez-vous pas que celui qui s'unit à la prostituée n'est avec elle qu'un seul corps ? Celui qui s'unit au Seigneur, au contraire, n'est avec lui qu'un seul esprit. Fuyez la fornication ! « Tout péché que l'homme peut commettre est extérieur à son corps » ; celui qui fornique, lui, pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est un temple du Saint Esprit, qui est en vous et que vous tenez de Dieu ? Et que vous ne vous appartenez pas ? Vous avez été bel et bien achetés ! Glorifiez donc Dieu dans votre corps.  (Première lettre aux Corinthiens, 6, 12-20)



Est-on encore capable d'accepter pareil discours ? De le comprendre, dans sa cohérence ? Les mêmes qui se disent propriétaires de leurs propres corps et réclament le droit d'en disposer à leur guise, se plaignent de n'être que des objets sexuels. Est-ce cohérent ? A ce laxisme ambiant, l'Eglise a toujours tenu le même discours, de saint Paul à aujourd'hui, mardi 7 juillet 2009 :

 

Face à la « dégradation morale » qui se reflète dans la représentation rabaissante de la sexualité et de la dignité de la personne humaine, il faut rééduquer les jeunes pour qu'ils apprennent à ne pas considérer leur corps comme un simple objet.


C'est ce qu'a affirmé Mgr Mariano Crociata, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne (CEI), dans l'homélie qu'il a prononcée le 6 juillet dans la maison où sainte Maria Goretti a vécu le martyre, aux Ferriere (Latina), à l'occasion de sa fête liturgique.


L'épisode de la vie de sainte Maria Goretti, a affirmé le prélat, démontre ici, avec son « témoignage de fidélité à sa conscience et à Dieu », « les effets destructifs et mortels » auxquels est conduit l'homme qui cède à son « instinct sans remord ».


Mais surtout, a-t-il continué, « la fête de sainte Maria Goretti fait affleurer à nos lèvres des paroles désuètes, comme la pureté, la chasteté, la virginité, que nous avons du mal à prononcer, qui nous font peut-être rougir ».





Oui, parce que le « paradoxe » réside dans le fait d'être arrivés « à agir et à parler avec effronterie, sans limites, de choses dont on devrait vraiment rougir et avoir honte ».


Et voilà que l'exemple de sainte Maria Goretti nous fait réfléchir sur certaines vérités humaines et chrétiennes fondamentales : la dignité et l'identité de la personne, la grandeur du corps, la bonté de la sexualité, la nature de la liberté.


En encourageant ces valeurs, a précisé Mgr Crociata, l'Eglise n'est poussée par « aucune dépréciation du corps » ou « tabou concernant la sexualité », ni par « une certaine crainte de la liberté ». L'Eglise éprouve de la « peine » pour « le spectacle quotidien de dégradation morale que l'on utilise dans toutes ces images projetées par les médias et dans les faits-divers de vies dévastées ».


« Nous assistons, a-t-il affirmé, à un mépris exhibé vis-à-vis de tout ce qui dit pudeur, sobriété, maîtrise de soi et à l'étalage d'un libertinage irresponsable (...) ».


« Nous avons besoin de redécouvrir que le corps n'est pas un objet à utiliser de façon insensée, que le corps est aussi une personne ; et que la sexualité en est la dimension la plus profonde et intime, qui oriente et mène à l'amitié, à l'amour et à la communion ».


« Une liberté entendue comme un dévergondage et un dérèglement ne mène pas du tout à une expression authentique de soi et à la joie de l'amour, mais à l'utilisation de l'autre, à sa soumission », a-t-il en effet expliqué.

 

Le Film retraçant la courte existence de Maria Goretti

La Fille des marais

Cielo sulla palude

Italie
 
Drame
Réalisateur et scénariste :
Augusto Genina

Scénaristes :
Suso Cecchi d'Amico
Fausto Tozzi

Producteurs :
Carlo José Bassoli
Renato Bassoli

Compositeur :
Antonio Veretti

Directeur de la photographie :
Aldo Graziati

Acteurs :
Rubi D'Alma (la comtesse Teneroni)
Michele Malaspina (le comte)
Domenico Viglione Borghese (le professeur)
Inés Orsini (Maria Goretti)
Assunta Radico (la mère de Maria)
Giovanni Martella (le père de Maria)
Mauro Matteucci (Alessandro Serenelli)
Francesco Tomalillo (le père de Serenelli)
María Luisa Landín (Lucia)
Ida Paoloni (Teresa)
Federico Meloni (Angelo)
Jole Savoretti (Anna)

...

 

 



« La violence qui pousse à tuer se place en continuité avec l'aliénation à des relations désordonnées, ou plutôt, elle en constitue la conséquence logique », a-t-il continué. « Si l'autre n'est qu'un objet de mon désir, et un instrument de mon plaisir, alors je peux en faire ce que je veux ».


Pureté et chasteté, a-t-il poursuivi, réapparaissent donc comme les « valeurs constitutives » d'un parcours de formation lié à cette dimension profonde de la sexualité, dont la responsabilité retombe sur les parents et les éducateurs, mais aussi sur les institutions et la société tout entière.


« Nous avons face à nous un devoir éducatif énorme, qui est aussi et avant tout auto-éducatif, voire dans beaucoup de cas auto-correctif », a-t-il conclu.


Maria Goretti (1890-1902) fut assassinée le 6 juillet 1902, à l'âge de 11 ans, par Alessandro Serenelli, un jeune qui avait tenté de la séduire et qui, devant ses refus successifs, avait violemment réagi en la frappant de plusieurs coups de couteaux. Pie XII la canonisa le 24 juin 1950, la présentant comme « la petite et douce martyre de la pureté ».


Alessandro Serenelli assista à sa canonisation. Il avait alors purgé sa peine de prison (27 ans). Dans la nuit de Noël 1934 il implora à genoux le pardon de la mère de Marie Goretti, qui consentit à le lui accorder, à l'exemple de sa fille. Deux ans plus tard, il se retira dans un couvent des frères capucins pour y finir sa vie.

Secrétariat général de la Conférence épiscopale italienne et Zénit.

Voilà ce que j'ai trouvé à vous dire aujourd'hui. Il me fallait oser. J'ai osé.


A bientôt mes amis, de plus en plus chers


Bernard Bonnejean

 

Publié dans vie en société

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Samia Nasr 08/07/2009 01:28

Bonsoir Bernard, Je passe te souhaiter une bonne nuit, je serais absente pour quelques jours, mais j'y reviendrais sur ta page, je sais que j'ai raté tant d'articles, mais je trouverais le temps pour les relire tous, car j'aime ce que tu écris, gros bisous