S'il vous plaît ! Dessine-moi la crise !

Publié le par Bernard Bonnejean


ou comment s'y retrouver dans des explications
de choses auxquelles vous ne croyez qu'à moitié

"Parce que vous n'y croyez pas, vous, à la crise internationale !?

 Ben si, mais...

Mais quoi ?

Ils ont quand même trouvé des sous pour EDF, non ? Si vous me permettez de vous lire ce qui suit :

"La souscription à l'emprunt lancé par EDF (Paris : FR0010242511) le 17 juin auprès des particuliers s'élèverait déjà à plus de 2 milliards d'euros, a rapporté l'hebdomadaire Investir sur son site. L'électricien espérait lever un montant d'un milliard d'euros dans le cadre de cet emprunt. La souscription se poursuit jusqu'au 10 juillet. Le taux de l'emprunt a été fixé à 4,50% pour une valeur nominale de 1 000 euros".

C'est peut-être pas la crise pour tout le monde, non plus ?
 
C'est une réaction bien française, ça ! Manifestations et grèves quand ça ne marche pas ; protestations jalouses quand ça marche bien !

Vous avez sans doute raison, mais...

Mais quoi encore ?

Fillon nous tanne depuis des mois comme quoi il n'y aurait plus de sous. Il a quand même évoqué une faillite à un certain moment.

Vous avez la preuve de ce que vous avancez ? Parce que moi, vous savez, les journalistes, hein ! Tous gauchistes et compagnie !

Je ne sais pas si ça, ça peut vous servir de preuve ?



"Vous le faites exprès, ma parole ! Il y a une différence hénaurme entre la faillite de l'Etat et la faillite des particuliers.

Ben justement ! Un particulier, précisément et par définition, il est particulier. D'un côté, les particuliers riches ; de l'autre, les particuliers pauvres ; au milieu les particuliers pas particulièrement particuliers. Moi qui vous parle, j'ai reçu ça ce matin du Rectorat de l'Académie de Nantes. Je ne voudrais pas jouer les Calimero, mais ça m'a quand même fait un choc :

En début d'année scolaire, malgré la vigilance du bureau DAPP 4, compte tenu
           = des nombreuses nouvelles demandes
           = des délais rendus nécessaires par la transmission des documents, l'instruction des demandes d'indemnisation puis le traitement financier par la Trésorerie Générale, 

le paiement des allocations chômage ne peut être effectué, au mieux, que dans les trois mois qui suivent le dépôt du dossier complet à la DAPP 4

En cas de difficultés, les services sociaux des Inspections Académiques peuvent être contactés.


Ce qui m'inquiète le plus, voyez-vous, ce sont les "nombreuses nouvelles demandes". Un phénomène tout à fait nouveau : le chômage dans la fonction publique et semi-publique. A côté de ça, c'est vrai, certains n'ont vraiment pas lieu de se plaindre !

Mais tant mieux s'ils existent ! Ceux-là remonteront le pays ! Vous allez voir comment ils vont se précipiter sur l'emprunt d'Etat !

Ben non !

Pourquoi : "Ben non !" ?

Ils ne sont pas assez bêtes pour aller prêter de l'argent à un Etat en faillite depuis quinze ans. Il faut se mettre à leur place.

Vous m'emmerdez à la fin ! Fillon, il dit n'importe quoi ! Et d'abord, tout le monde le sait : c'est pas lui qui gouverne.

C'est ça qui doit être dur ! Faire semblant de ne pas gouverner en gouvernant quand même : on avait l'habitude avec Chirac qui jouait les andouilles pour qu'on lui fiche la paix ! Mais faire semblant de ne pas gouverner en ne gouvernant pas, ça doit être terrible pour le moral. Surtout avec l'ambition qu'il a, le Fillon, conseiller municipal de Solesmes louchant sur la mairie de Paris, le ministre qui revendiquait la seule réforme marquante du septennat "coup de bol" du friand de tête de veau.

Mais vous avez décidé de ne rien comprendre à rien ou vous le faites exprès !!! On ne peut pas parler politique avec vous. Puisqu'on vous dit que c'est la CRISE !

Je comprendrais mieux la crise si vous me la dessiniez ?

Bon ! La voilà, la crise !

 

Alors, faute de patience, comme j'avais hâte de commencer à préparer la réunion de section, je griffonnai ce dessin-ci.

 



Et je lançai :

Ça c'est la caisse. La crise que vous voulez est dedans.

Mais je fus bien surpris de voir s'illuminer le visage de Nanard :
 
C'est tout à fait comme ça que je la voulais ! Croyez-vous qu'il faille beaucoup de sous à cette crise ?

Pourquoi ?

Parce que chez moi c'est tout petit...

Ça suffira sûrement. Je vous ai donné une toute petite crise.

Nanard pencha la tête vers le dessin :

Pas si petite que ça...

Et il s'endormit. Mais avant, parce qu'il était bien élevé, il dit :

A bientôt les amis. Mille bisous aux Jujus.

Et il signa :

Bernard Bonnejean, avec la participation involontaire d'Antoine de Saint-Exupéry et du Petit Prince.

Publié dans Politique inclassable

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