Le sabot

Publié le par Bernard Bonnejean


ou il est préférable de ne pas mettre les deux pieds
dans n'importe lequel


Parmi les objets les plus symboliques et les plus chargés d'histoire figure le sabot. Bien qu’il ait été créé très probablement pour chausser le pied, il revêt une multitude de connotations sociales et morales auxquelles nos aïeux n’auraient certes pas pensé. Songez au succès de ce chef-d’œuvre du cinéma italien : L’Arbre aux sabots.  

Qu’on ne s’y trompe pas ! Il y a autant de points communs entre un sabot et une chaussure qu’entre un T3  et un palais royal. La chaussure aide à jauger l’être qui la porte, à évaluer sa personnalité, son degré de fortune, son pouvoir, son influence, son caractère. Il est même des psychologues de profession pour tirer des conclusions à partir de modèles avec ou sans lacets, à hauts talons ou à talons plats, fraîchement cirés ou tachés de manière irréparable du dernier petit chemin boueux, sans compter toute la gestuelle qu’elles permettent au porteur, révélatrice, paraît-il, de tendances camouflées sous une trop bonne éducation.

Sans doute allez-vous croire que l’individu qui passe sa matinée du dimanche à encaustiquer sa voiture première-main-état-neuf est le même qui bichonne ses Crockett and Jones de cent-vingt-cinq ans d’âge et de luxe ostentatoire. Franchement ! vous la voyez, vous, la vénérable Queen faire la popote dans la cuisine de Buckingham ou cirer les godasses de la famille royale !? Parce que, sachez-le bien, passer son temps à briquer sa voiture et à cracher sur le cuir de ses souliers pour les faire briller est une attitude de larbin, pas d’aristocrate, même si c’est l’aristocrate qui s’empare du prestige de l’objet fini.

 

 

 

 

 

Les bobos ont compris le piège depuis les décennies qu’ils ont passé à paraître négligés. Des heures d’observation des classes populaires avant de parvenir à la présidence de la République en short, baskets et insultes carrément vulgaires contre nos derniers rescapés de la mamelle française, dans une langue, dite « de charretier », que les moins convenables d’entre eux n’osent plus utiliser.

Prenons, au hasard, le boulevard Murat dans le XVIe.

Les bourgeoises y étaient bourgeoises jusque dans leur parlure. Aujourd’hui elles font tout pour avoir l’air citoyen ordinaire. Jusqu’à se payer des mocassins La Redoute et voter socialiste !!!  Ou militer chez les Khonnes-Bandites toujours vertes, à tu et à toi avec les happy-few branchés de la jet-set et les copines de la concierge de l’immeuble. Hypocrites ? Non ! Pauvres chères âmes qui avez appris près de professeurs de lettres trop zélés les avanies des Thénardier et les turpitudes des filles Goriot, je vous plains plus que je ne vous blâme. Vous faire aimer, tout est là, coûte que coûte, quitte à jouer les deux orphelines, les Cosette ou la petite marchande d’allumettes. La fin vaut les moyens. Avant, les mères disaient aux filles : « Il faut souffrir pour être belles ». Maintenant, elles leur conseilleraient plutôt d’être moins pimpantes pour imiter la modestie des défavorisés.  

 

 

RENAUD : Les Bobos - wideo
Clip vidéo de RENAUD : les bobos

 



Et le sabot dans tout ça ? C’est vrai que je vous avais dit que je vous parlerais du sabot. Eh bien, parlons-en ! C’est évident que le temps est comme la rivière : sans retour.
Les demoiselles du XVIe n’iront jamais plus à la messe à Notre-Dame-d’Auteuil en sabots.

D’ailleurs, depuis qu’elles ont appris en philo la valeur intellectuelle du scepticisme et du relativisme, elles ne vont plus à la messe. Il n’y a jamais eu dans cette France bien chaussée autant d’agnostiques, le machin à la mode, dont personne ne comprend vraiment la signification.
 

LE SABOT !!!!  


Du calme ! J’y reviens ! Je vais même finir par le sabot. D’ailleurs, on risque tous de finir par le sabot, comme de vieux trotteurs à la retraite. Tout le monde ne s'appelle pas Ourasi le roi fainéant.


Je ne vous parle pas des sabots, qui vont par paire comme les lunettes, mais du sabot. Un sabot contre lequel j’ai essayé de me battre comme un Don Quichotte.


Pour vous faire comprendre, je vais dresser l’historique de mon agence bancaire.


Dans les premiers temps, c’était simple : je n’y mettais jamais les pieds. Puis, j’ai eu besoin d’y aller, à propos de… Imaginez une pièce assez spacieuse où l’employé vous fait asseoir devant lui, sur une chaise, comme n’importe quel être humain normalement constitué, avant que le conseiller ne vous reçoive, si nécessaire, en attendant votre rendez-vous avec le directeur d’agence, si nécessaire. Il y en avait du monde dans une agence bancaire, à l’ère primaire. Et puis un jour sont arrivés les distributeurs qui, non contents de distribuer, faisaient automatiquement toutes sortes d’opérations manuelles. Du coup, plus de directeur d’agence puisque l’agence est devenue succursale. Je n’ai pas plus moufeté que ça, lâchement. Même si pour rencontrer mon conseiller devenu conseillère, il faut que je téléphone d’abord à l’agence X pour être reçu dans la succursale Y…

Jusqu’au jour où, par mesure de sécurité et pour préserver l’intimité, ils ont installé un truc en forme de fer à cheval inachevé, qui, non seulement sépare le client de la personne de l’accueil, mais l’oblige à rester debout devant la jeune femme assise, pour lui demander des sous, piteux comme un ado qui veut un supplément d’argent de poche. Pour gagner du temps. Comme à la secu, à la poste, à l'ANPE, à la Trésorerie générale, time’s money, comme dit l’autre.  

  • A la queue leu leu !
 

 Petou (Toulouse, France) on 10 April 2009 in Miscellaneous


Et ce truc-là, en forme de fer à cheval mal fichu, le briseur de contestation et de convivialité, vous savez comment ça s’appelle ? Oui ? Eh bien, dites-le, n’ayez pas peur ! En effet, c’est


UN SABOT


Si ça vous tente...

 

Banque d'accueil ROOK-B, mobilier par modules de grande qualité et prix discount.

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Les plus banque d'accueil ROOK-B:
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Pas sur la chaise !!!!

Vous n'êtes pas handicapés !!!!





À bientôt, les amis


Bernard Bonnejean

Publié dans vie en société

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Dominique Baumont 19/06/2009 16:45

C'est bizarre, j'ai reçu pour cet article un avis sur ma boite ! Les mystères de la technique.
Je n'ai pas trop le temps de répondre à votre dernier commentaire, mais cela va venir. Amitiés. Dominique

Bernard Bonnejean 20/06/2009 19:41


Bizarre ou pas, je n'y suis pour rien. Ni dans votre relégation fort regrettable à mon gré ni dans votre réintégration tout aussi bizarre mais nettement plus admissible.

Je tiens seulement à vous dire, en toute amitié, qu'on ne m'obligera plus jamais, si près de la retraite et de la tombe, à proférer des mensonges pour faire plaisir, même à mes amis. En outre, ce
que j'affirme n'est pas contestable, car vérifiable facilement.

Cependant, il est bien évident que je ne me permettrais pas de mettre dans le même panier des militants tiermondistes assoiffés de justice et de jeunes loups qui veulent, légitimement, échapper à
un sort peu enviable en changeant de méridien...

Amitiés,

Bernard (très très ennuyé par son ordinateur)