L'Egypte, les chrétiens coptes et les cochons

Publié le par Bernard Bonnejean

Réponse à Samia L...

Chère Samia,

Ceci est une réponse ; ce n'est pas ma réponse.

Tu la trouveras, complète, à

http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/F/cause/lectures/Egypte_massacre_copte.htm

Mon intention n'est nullement de raviver de vieilles querelles mais d'essayer de comprendre cette mesure inepte du seul gouvernement au monde à avoir, contre toute logique scientifique, décrété le massacre de tous les porcs du pays pour éviter une contamination impossible à la grippe A.

Si je reproduis, in extenso, ces textes, c'est qu'ils sont reconnus suffisamment exacts pour avoir été recueillis par une des plus grandes universités au monde : Laval-Québec.


Pourquoi, en effet, modifier des textes uniquement pour ne pas tomber sous le coup de la loi sur la propriété intellectuelle, inapplicable sur les blogs actuels ?


Les chrétiens d’Egypte

 

Bien que peu connus, les coptes sont la première communauté chrétienne du monde arabe. Il n'existe aucune statistique officielle sur la répartition confessionnelle en Egypte, mais on estime qu'ils représentent 5 à 10 % des 63 millions d'habitants. Etymologiquement, les coptes sont les « habitants de l'Egypte », tels que les désignaient les Grecs. Evangélisés par saint Marc, ils se sont constitués en Eglise nationale au concile de Chalcédoine en 432, rompant avec Byzance sur la nature monophysite (seulement divine) du Christ. L'Egypte a été progressivement islamisée après la conquête musulmane du VIIe siècle, les chrétiens jouissant d'un statut de dhimmi (protégés mais soumis) et étant régulièrement la cible de pogroms, comme à Al-Kocheh. Au XXe siècle, après avoir été en pointe de la lutte nationaliste antibritannique, les coptes ont été en butte à la montée de l'intégrisme musulman. Dans les années 70 en Haute-Egypte, puis en juin 1981, lors des heurts de Zawiya al-Hamra, dans la banlieue du Caire, des groupuscules islamistes ont tué plusieurs dizaines de coptes, provoquant la colère de leur patriarche, Chenouda III, accusant le pouvoir de laisser faire. Sadate, excédé, mit en résidence surveillée le bouillant prélat, une sorte de Jean-Paul II oriental, moderne dans la forme et réactionnaire sur le fond. Depuis le milieu des années 80, il a adopté une attitude nettement plus conciliante. Les coptes restent une cible privilégiée de la violence islamiste et l'objet d'une discrimination diffuse, même s'il existe des exceptions comme Boutros Boutros-Ghali ou son neveu Youssef, ministre de l'Economie.

 


Massacre de Coptes en Egypte: 25 morts

Ces émeutes antichrétiennes sont les plus violentes depuis 1981.

Par PATRICK ANGEVIN

Libération, le mardi 4 janvier 2000


Fayez Awad, un musulman, voulait acheter des tissus à crédit. Rachad Fahim Mansour, le marchand chrétien copte, a refusé. Le ton est monté. Fayez Awad a tourné les talons pour revenir accompagné de ses frères, armés de fusil. Les premiers coups de feu sont partis. C'est apparemment ainsi qu'ont débuté, vendredi à Al-Kocheh, à 450 km au sud du Caire, les plus violentes émeutes interconfessionnelles que l'Egypte ait connues depuis 1981.


«Corps brûlés».

Dimanche, dans cette bourgade de 24 000 habitants, ce sont des scènes identiques de batailles rangées qui ont opposé chrétiens et musulmans. Les deux camps ont échangé des tirs depuis le toit des maisons. Les troubles se sont ensuite étendus aux villages voisins d'Awlad Tok et de Dar es-Salam (« la maison de la paix»), où 2 000 à 3 000 habitants musulmans se sont livrés à un massacre en règle. Des dizaines de maisons et de commerces coptes ont été pillés et incendiés. La police a dû ouvrir le feu pour disperser les manifestants. Selon le ministère égyptien de l'Intérieur, le bilan est d'au moins 25 morts, plusieurs « disparus » et 44 blessés. La police n'a pas précisé la confession des victimes, mais l'évêque Wissa, dont dépend la paroisse d'Al-Kocheh, affirme que tous les morts sont chrétiens. Selon lui, « des corps ont été brûlés par les émeutiers ». Depuis dimanche soir, la région est coupée du reste de l'Egypte. Les forces de sécurité du ministère de l'Intérieur ont installé des barrages qui interdisent l'entrée de la zone à tout visiteur. Un couvre-feu a été imposé. Selon les autorités, les affrontements avaient cessé hier soir. Mais, joint par téléphone, l'évêque Wissa affirmait que des pillages se poursuivaient dans quatre villages proches de Kocheh : « La police est débordée. Elle est présente mais laisse faire les pilleurs. »

Cette flambée de violence va évidemment relancer la polémique sur la question copte, un sujet tabou en Egypte. Depuis des années, les chrétiens d'Egypte souffrent en effet d'être considérés comme des citoyens de seconde zone. Lors des dernières élections législatives de 1995, aucun copte n'a été élu : le parti au pouvoir n'avait même pas jugé bon de présenter un seul candidat chrétien... De même, nombre de postes « sensibles » sont l'objet d'une discrimination non écrite : professeur d'arabe (la langue sacrée du Coran), gouverneur, etc. Mais le sujet est tellement tabou que l'Etat préfère gérer la question copte sur le mode criminel plutôt que politique. Ainsi, lorsque les extrémistes islamistes de la Jamaa Islamiya ont assassiné des dizaines de chrétiens, dans les années 90, il s'agissait pour les autorités de « citoyens ordinaires, innocentes victimes du terrorisme ». Cette fois encore, le communiqué du ministère de l'Intérieur qualifie d'« éléments criminels » ceux qui s'en sont pris à leurs voisins coptes.


Extrême pauvreté.

Au Caire, l'évêque copte Hanna Golta, originaire de Sohag, la préfecture de région, était hier sous le choc, mais guère surpris : « Dans cette région, même si la Jamaa Islamiya a disparu en tant qu'organisation politique, la pression des extrémistes musulmans et les sentiments antichrétiens sont en progression. L'Etat ne fait rien contre cela. Pis, la presse ne cesse d'entretenir ces sentiments antichrétiens en dénonçant le "génocide des musulmans par les chrétiens" en Tchétchénie et au Kosovo.» La région de Kocheh se caractérise également par une extrême pauvreté et un taux d'analphabétisme qui dépasse les 60 %. Diaa Rachawan, politologue originaire de Haute-Egypte, met quant à lui en avant le tar, ce code de l'honneur qui peut être assimilé à la vendetta, pour expliquer la flambée de violence. « Le système clanique reste très présent en Haute-Egypte. Une famille, c'est 2 000 à 3 000 individus qui se doivent mutuellement assistance. »

L'évêque Wissa évoque aussi une autre piste. En 1998, Kocheh fut le théâtre de terribles violences policières. Pour élucider le meurtre d'un copte, les services de sécurité égyptiens n'avaient rien trouvé mieux que de rafler et de torturer des centaines d'habitants coptes du village, dans l'espoir de dénicher un coupable qui ne soit pas musulman. La méfiance et la tension qu'avait suscitées l'affaire entre les communautés ne sont jamais retombées.

 

 

 

Voilà pour le contexte.

Or, nous savons deux choses, depuis le début :


Il n’y a jamais eu un seul cas de grippe porcine recensé en Egypte


La grippe A, dite mexicaine, dite porcine, à tort, se propage d’homme à homme et non par l’absorption de viande porcine.


Mais, quel excellent prétexte, pour égorger les cochons de ces 10% de coptes, dont les zabbalines, les chiffonniers du Caire, tant aimés de sœur Emmanuelle, qui collectent, trient et stockent les ordures en des endroits, selon certains, qui pourraient intéresser promoteurs et touristes !!


Depuis, le gouvernement égyptien est revenu sur ses intentions véritables. Oui, la grippe A, a reconnu Abderrahmane Chahine, du ministère de la santé, a servi de prétexte à l’élimination des porcs chrétiens ! Par "mesure d’hygiène". Saber Abdel Aziz Galal, du ministère de l’agriculture, a prétendu vouloir, de cette façon, construire de vraies fermes qui accueilleront dans deux ans de nouveaux élevages de cochons.


Quel soudain intérêt d’un peuple à 80% musulman pour un animal interdit à la consommation !

Parce que, finalement, ceux qui élèvent le porc sont ceux qui le mangent et ces 10% de coptes égyptiens, chrétiens, sont vraiment gênants.


Du moins, cher Samia, c’est le sens des informations glanées dans le moins chrétien de tous les journaux français : Libération qui n’est certes pas l’œil du Vatican, c’est le moins que l’on puisse dire !

 


Mais, je puis me tromper sur tout, et je t’accorde à toi ou à tout musulman de bonne volonté de ta connaissance, un droit de réponse que je me fais fort de publier intégralement sur ce blog.


A bientôt, les amis


Bernard Bonnejean

 

Publié dans religion

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Bernard Bonnejean 15/05/2009 12:13

A Samia L...,

Si vraiment tu désires ouvrir les yeux sur ce que le monde entier sait aujourd'hui, tu peux lire

http://www.aed-france.org/observatoire/pays/egypte/

Il s'agit d'une association catholique non rattachée à un ministère ou à une organisation internationale, qui a des antennes dans le monde entier. Ses informations sont très sérieuses.

A bientôt,

Bernard

Samia+Lamine 15/05/2009 00:30

Bonsoir Bernard.

Je viens de lire ton article où s'exprime une colère contre ce qui s'appelle la persécution des coptes. Je maintiens mon point de vue et j'affirme qu'un incident ou deux ne font pas la règle (je parle de l'incident de 1981 ....).Un incident pareil pourrait arriver entre n'importe quel groupe d'un village et un autre.

Pour une réponse à cet article, je reviendrai après avoir lu les liens que tu as fournis et après une documentation plus précise dans mes source et liens sur la question.

MAIS je répète et le crie de toutes mes forces que les coptes en Egypte ne vivent pas dans la persécution. Que les choses soient considérées alarmantes est à mon avis de la propagande négative et je suis sûre de ce que je dis.

Avant de finir, je tiens à rappeler aussi que les coptes sont bien intégrés dans le tissu social égyptien et qu'on ne peut même pas les distinguer de leur compatriotes .Combien d'artistes ou écrivains le sont sans que le public arabe s'en rende compte.De plus, pour un musulman, le repect pour les communautés religieuses est un devoir.

A bientöt.
SAMIA.

Bernard Bonnejean 15/05/2009 00:53


A bientôt, Samia.

Dis-moi où trouver un journal "musulman" bien informé, écrit en français ou en anglais, publié sur Internet. Je ne demande pas mieux que d'avoir "un autre son de cloche" comme on dit.

Bonne nuit

Bernard