La recherche contemporaine

Publié le par Bernard Bonnejean


d'objets inanimés qui ont une âme

A Valérie Pécresse,
ministresse de la
Recherche
du gouvernement Fillon...


Chaumière où du foyer étincelait la flamme, 
Toit que le pèlerin aimait à voir fumer, 
Objets inanimés, avez-vous donc une âme 
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?...


Il avait probablement raison, Alphonse, de se poser la question. Se la poser, c'est y répondre. Mais, encore s'agit-il de se mettre d'accord sur le vocabulaire.

Tout, dans ces deux vers du pleurnichard Lamartine qui s'épanche, comme d'habitude, cette fois-ci sur "Milly ou la terre natale", Harmonies poétiques et religieuses, III, II, 1830, tout donc repose sur la contradiction : inanimés / âme. En un mot, âme vient de l'étymon latin anima. Ce qui implique, comme une évidence imparable, qu'un objet inanimé, c'est-à-dire, "sans âme", ne peut en être pourvu. Pourtant, tout le poème démontre le contraire. Il s'agit , comme dans tous les cas d'animisme, d'un transfert métonymique, d'une projection psychologisante de l'objet au sujet qui le fait vivre, ou plus sûrement, du sujet à l'objet qui vit à travers lui ou par la force de sa conscience. Un échange, un partage qui, avouez-le, n'a rien de très catholique.

Vous avez remarqué comme souvent les trouvailles reposent sur des équivoques ? Prenez ma dédicace. Elle peut recouvrir deux acceptions, selon la coupe. On pourra lire dans le premier cas : "ministresse de la Recherche [appartenant au] gouvernement Fillon" ou, dans le second cas, plus perfide : "ministresse [qui] recherche [le] gouvernement Fillon [qu'elle n'a jamais trouvé]" ni à Neuilly où elle est née ni à Matignon.

Lamartine n'est pas perfide. Il n'empêche que son expression est bien ambiguë, volontairement.

Sur Internet, on a déjà depuis longtemps brodé sur les deux derniers vers de sa strophe. Je ne me risquerais donc pas à marcher sur les traces de mes devanciers. Je vous propose d'avancer dans la prospection, de découvrir de nouvelles pistes et de fonder une association loi 1901, à but non lucratif (à moins que vous n'insistiez vraiment...).

Je compte déposer en préfecture les statuts suivants, encore à l'état embryonnaire :

Art 1 : En date du 28 avril 2009, Bernard Bonnejean a déposé à la Préfecture de la Mayenne Maritime occidentale les statuts d'une association loi 1901 dont la dénomination exacte sera : Ontrouvjamèrienici.

Art 2   :  L'association fonctionnera selon le principe dit de la sarkonarchie. Ce mode de fonctionnement implique

  • que le chef a toujours raison
  • qu'au cas où il aurait tort, le point précédent serait automatiquement appliqué
  • que le chef propose tout, s'occupe de tout, remplit toutes les fonctions, c'est-à-dire qu'il bouge énormément, sans rien faire de concret ni avoir à rendre de compte à qui que ce soit, sauf à faire semblant pour ne choquer personne
  • qu'il sera procédé à des élections régulières, pour permettre aux membres fondateurs, associés, coopérants ou sympathisants, d'avoir l'illusion de pouvoir faire entendre leur point de vue
  • que ces votes, par correspondance, ne seront pris en compte qu'à réception d'un don pour les oeuvres du chef correspondant à l'influence qu'on entend exercer auprès de lui
Art 3   : Cotisations, dons, dispositions testamentaires seront reçues par le trésorier Bernard Bonnejean, qui présentera le livre de comptes au Président Bernard Bonnejean, avec l'assentiment d'une commission unitaire réunie autour du secrétaire Bernard Bonnejean.

Art 4   : Afin de garantir la transparence et l'honnêteté de Ontrouvjamèrienici, le Bureau a décidé de communiquer l'adresse de son compte bancaire : « SA Mammon Investments - Panama City - République de Panama ». S'adresser au trésorier, uniquement en cas de versement. Les retraits seront négociables, sur présentation de la carte nationale d'identité, avec le trésorier-payeur de la circonscription ou, éventuellement, auprès du juge de l'application des peines.

Art 5 :  Objectifs de l'association Ontrouvjamèrienici.
Montrer que contrairement à certaines idées reçues, feu Lamartine, Alphonse, homme politique et poète, a soulevé la bonne question en demandant si les objets inanimés ont une âme. L'association permet aux membres inscrits, à jour de leurs cotisations, de participer à des groupes de réflexion dans la section qui les concerne.


Nino Ferrer, oh hé hein bon

Art 6  :  Les sections susdites sont les suivantes, avec leur définition
  •  Kèskejéfédmon : pour débutants, nouvellement inscrits. Selon le nombre de participants, on pourra procéder à la création de trois sous-groupes : les Kèskejéfédmon ; les Kèskejéfédma ; les Kèskejéfédmè.
  •  Onpassaviacherché : attiré par l'instrospection, la philosophie et la manipulation des idées, le membre inscrit dans cette section cherchera, en vain, pourquoi il passe l'essentiel de son existence à tourner en rond après un trousseau de clefs, qui, par définition, est parfaitement sédentaire ;
  • Tusépaoujémi : section où l'on apprend à évacuer une partie non négligeable du stress par le partage d'un incident personnel avec l'entourage
  • Jlemètoujourla : excellent apprentissage à l'art de l'autoconviction et de la certitude. Conseillé aux politiciens en détresse.
  •  Siyèpucèkonlachangédplas : première étape réelle de la quête, ce second niveau s'adresse plutôt aux Onpassaviacherché confirmés qui éprouvent le besoin de pousser plus loin leurs investigations.
  • Jemdemandkisèki : on cherchera, dans ce groupe d'études à caractère psychologique, à  se dégager d'une fâcheuse tradition judéochrétienne en rejetant la faute sur un coupable non expressément désigné.
  • Mèkisékima : variante du groupe précédent, à caractère plus polémique
  • Puiskjtedikilétèla : groupe présentant toutes les caractéristiques de la montée en puissance d'un conflit ouvert. Conseillé aux persuadés d'avoir toujours raison et  qui n'en veulent pas démordre.
  • Ouktami (ouktamimon ouktamima ouktamimè) : groupes d'études chargés d'opérer un transfert de la faute sur l'individu, homme ou femme, communément  appelé "conjoint" selon la nomenclature officielle.
  • Ouktabienpumètre : variante du groupe précédent, plutôt conseillé à ceux qui restent attachés aux formes du langage telles que la politesse, le respect, la délicatesse...
  • Ladernièrfoisétoikilavé : utile en cas d'hostilités déclarées, lorsqu'il s'agit de dégager les responsabilités de chacun
  • Jtelévuenmain : groupe d'action directe qui consiste à apprendre le mode de défense le plus efficace, à savoir l'attaque
  • Mèjacuzperson : pour les personnes tentées par le statu quo ou les premiers pourparlers en vue d'un armistice honorable
  • Tulapamialapoubelomoin : groupe qui apprend comment trouver un prétexte pour rompre une trève
  • Sètrofor  : ou l'apprentissage à la colère froide sans tomber dans le piège de l'insulte ou de l'injure
  • Saménerv : le groupe où l'on apprend une sorte de méthode Coué, consistant à se convaincre qu'on est vraiment énervé afin de le devenir vraiment
  • Sépaposibsa : variante du groupe précédent, mais la fonction, différente, consiste à nier la réalité d'un fait gênant ou stressant
  • Tumagas : apprentissage à la réplique face à une personne bornée qui poursuit son harcèlement malgré vos signes de réelle bonne volonté
  • Yadkoijtejur : comment conclure une série de formulations agressives à son endroit ou contre autrui

Ménalque descend son escalier, ouvre sa porte pour sortir, il la referme : il s'aperçoit qu'il est en bonnet de nuit ; et venant à mieux s'examiner, il se trouve rasé à moitié, il voit que son épée est mise du côté droit, que ses bas sont rabattus sur ses talons, et que sa chemise est par-dessus ses chausses. S'il marche dans les places, il se sent tout d'un coup rudement frappé à l'estomac ou au visage ; il ne soupçonne point ce que ce peut être, jusqu'à ce qu'ouvrant les yeux et se réveillant, il se trouve ou devant un limon de charrette, ou derrière un long ais de menuiserie que porte un ouvrier sur ses épaules. On l'a vu une fois heurter du front contre celui d'un aveugle, s'embarrasser dans ses jambes, et tomber avec lui chacun de son côté à la renverse. Il lui est arrivé plusieurs fois de se trouver tête pour tête à la rencontre d'un prince et sur son passage, se reconnaître à peine, et n'avoir que le loisir de se coller à un mur pour lui faire place. Il cherche, il brouille, il crie, il s'échauffe, il appelle ses valets l'un après l'autre : on lui perd tout, on lui égare tout ; il demande ses gants, qu'il a dans ses mains, semblable à cette femme qui prenait le temps de demander son masque lorsqu'elle l'avait sur son visage. Il entre à l'appartement, et passe sous un lustre où sa perruque s'accroche et demeure suspendue : tous les courtisans regardent et rient ; Ménalque regarde aussi et rit plus haut que les autres, il cherche des yeux dans toute l'assemblée où est celui qui montre ses oreilles, et à qui il manque une perruque. S'il va par la ville, après avoir fait quelque chemin, il se croit égaré, il s'émeut, et il demande où il est à des passants, qui lui disent précisément le nom de sa rue ; il entre ensuite dans sa maison, d'où il sort précipitamment, croyant qu'il s'est trompé.

La Bruyère, Les Caractères, "De l'homme", 7, VI.

  • Sépamoikamisala : (troisième niveau d'études, après la découverte de l'objet inanimé qui s'est sauvé ou qu'on a escamoté)
     
  • Kikamisala : comment provoquer l'agacement du conjoint de façon certaine, sachant qu'un couple n'est composé que de deux personnes
  • Kikcèkabienpu : idem
  • Kèskesafèla : groupe d'études mixtes, l'expression étant accompagnée d'une mimique marquant la surprise ou l'insinuation
  • Sétoikamisala : art de reprendre les hostilités après une victoire à la Pyrrhus
  • Droldidédavoirmisala : variante du groupe précédent, avec tentative de mettre en doute la faculté de raisonnement du conjoint
  • Leprincipalsédlavoirretrouvé : comment apprendre à mettre fin à un conflit par le constat de l'inutilité d'une discussion qui aura occupé un temps précieux à faire autre chose de plus productif.

Mais Kèskejéfédmon téléphone portable ?

Un dernier cadeau : un objet qui n'a jamais eu d'âme que vous pouvez animer à votre convenance

 
http://www.bmlisieux.com/images/marin001.jpg

Fusil à vent imaginé par Marin Bourgeois, artiste français, à la fin du seizième siècle.
[CHARTON, Edouard (1807-1890)] : Le Fusil à vent de Marin Bourgeois, et l'aérotone de Ctésibius, (1848) 

Numérisation et relecture : O. Bogros pour la collection électronique de la Médiathèque André Malraux de Lisieux (05.III.2008)
Relecture : R. Raveaux (12.VIII.2008)
Adresse : Médiathèque André Malraux, B.P. 27216, 14107 Lisieux cedex
-Tél. : 02.31.48.41.00.- Fax : 02.31.48.41.01
Courriel : mediatheque@ville-lisieux.fr, [Olivier Bogros] obogros@ville-lisieux.fr
http://www.bmlisieux.com/


Diffusion libre et gratuite



A bientôt, les amis,

Bernard Bonnejean

 

 

 

 

 

 

Publié dans vie associative

Commenter cet article

Samia+Lamine 01/05/2009 20:18

ton article me fait penser à "Les temps modernes" où la machine est animée par son pouvoir et le pauvre Charlot devient une pince à écrou.

mécomenqtufé?

BONNE SOIREE.

Bernard Bonnejean 01/05/2009 23:14


Une pince à écrou ?

Mèoukcékèlè ma pince à écrou ????

Bonne nuit


zodo 28/04/2009 19:18

une visite sur votr blog , le contenu est riche.je reviendrai . merci

Bernard Bonnejean 28/04/2009 20:28


Chose promise, chose due, Zodo.

Je vous attendrai, soyez en certain.

Merci à vous