Mon Tribunal céleste

Publié le par Bernard Bonnejean


ou ma prière aux petits martyrs


"Priez-vous ?
- Ah oui ! puisque j'aime".


Edith Piaf,
grande amie de la petite Thérèse.


Qu'avant même de commencer vous m'autorisiez à vous présenter une requête, s'il vous plaît ! Je vous en conjure avec toute la confiance dont je puis être capable : pour une fois, prenez-moi au sérieux ! Si vous vous y refusez, qu'au moins vous ne maculiez pas cette page de quolibets : pensez aux enfants et à leurs parents.

Ce que vous allez lire est l'équivalent de ce qu'on appelait à la grande époque du catholicisme : un mémorial. Blaise Pascal gardait précieusement celui-ci comme un trésor caché :


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L'an de grâce 1654,


Lundi 23 novembre, jour de saint Clément, pape et martyr, et autres au martyrologe.


Veille de saint Chrysogone, martyr, et autres,


Depuis environ dix heures et demie du soir jusques environ minuit et demi,


FEU.


DIEU d'Abraham, DIEU d'Isaac, DIEU de Jacob
non des philosophes et des savants.
Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix.
DIEU de Jésus-Christ.
Deum meum et Deum vestrum.
« Ton DIEU sera mon Dieu. »
Oubli du monde et de tout, hormis DIEU.
Il ne se trouve que par les voies enseignées dans l'Évangile.
Grandeur de l'âme humaine.
« Père juste, le monde ne t'a point connu, mais je t'ai connu. »
Joie, joie, joie, pleurs de joie.
Je m'en suis séparé :
Dereliquerunt me fontem aquae vivae.
« Mon Dieu, me quitterez-vous ? »
Que je n'en sois pas séparé éternellement.
« C'est la vie éternelle, qu'ils te connaissent seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé,
 Jésus-Christ. »
Jésus-Christ.
Jésus-Christ.
Je m'en suis séparé ; je l'ai fui, renoncé, crucifié.
Que je n'en sois jamais séparé.
Il ne se conserve que par les voies enseignées dans l'Évangile :
Renonciation totale et douce.
Soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur.
Éternellement en joie pour un jour d'exercice sur la terre.
Non obliviscar sermones tuos. Amen.

Ces phrases relatent une expérience mystique que le génie fit lors de cette nuit inoubliable datée précisément. On les trouva griffonnées, après sa mort, sur un bout de papier porté en permanence dans la doublure de son manteau. Plus encore que les Provinciales ou les Pensées, le mémorial contient toute la doctrine pascalienne.

Il y a quelques jours des circonstances fortuites m'ont amené à prendre connaissance d'un texte, qui, pour de multiples raisons, pouvait aussi passer pour un mémorial. Ce texte, protégé par copyright (1),  relatait un événement gravissime qui a touché la France entière à l'époque : la disparition de la petite Estelle Mouzin le 9 janvier 2003. Qui ne se souvient de ce drame sordide ?


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"Laissez venir à moi, les petits enfants"   Copyright :
crédits photographiques RMN

Vous vous souvenez, bien sûr !

Or, un mois après la rédaction de ce texte (que je ne pouvais pas connaître puisque j'avais résilié tous mes contrats Internet depuis 2000), je décidais d'écrire une prière à la Vierge que je proclamais protectrice de mon Tribunal Céleste. Lisez-le ! Ne vous moquez pas ! Tout y est inscrit noir sur blanc, aussi puis-je me permettre, me semble-t-il, de faire l'économie de toute explication superflue. D'autant plus que des signets renvoient à des articles particulièrement bien documentés :

Le 9 juin 2003,(2)


  Vierge très chère, j'ai placé sous Ton indulgente autorité un tribunal céleste dont Tu voudras illuminer les âmes, afin qu'avec l'aide de notre doux Christ, dont elles ont partagé la Croix, elles nous protègent des fléaux de notre temps. Qu'armées de leur humble et sainte innocence, acquise par le martyre en ce monde, elles T'aident à remplir Ta mission de protectrice des petits, des pauvres, des affligés, et des victimes de maltraitance. Qu'ainsi Marion, Karine, Isabelle, Audrey, Amélie, Péguy, Jessica et Holly, tous les petits martyrs de Belgique, de France et du monde entier, les Pères de Tibéhirine, tous soutenus par l'efficace prière de mère Teresa, de ma petite Thérèse, de ma petite Gemma, de Bernadette, de papa, de maman, de Jeannot, de Monique, des Saints-Innocents et de tous les anges Te prient avec moi pour tous ceux qui ne m'aiment pas et que je n'aime pas, qui ne s'aiment pas, pour la réconciliation des familles et de la nôtre en particulier, pour ma réconciliation avec tous mes étudiants, tous mes élèves, leurs parents, mes amis et mes responsables ; pour le gouvernement de la France pour qu'il soit inspiré par l'Esprit-Saint dans sa lutte contre toutes les formes d'oppression et de pauvreté, contre la misère et le chômage, que sa politique sage et efficace grâce à l'Esprit serve de modèle au monde entier.

 

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Vierge protectrice (anonyme, vers 1400-1410), exposé au musée du Louvre

jusqu'en juin 2009.


Ma Mère chérie, écoute les prières que le tribunal céleste adresse au bon Dieu pour T'aider à mener à bien ta mission d'écraser la tête de Satan, et notamment des démons qui hantent et tourmentent les tourmenteurs d'enfants. Que ces tourmenteurs reçoivent un juste châtiment, qu'ils soient frappés de ta clarté rayonnante et se convertissent afin d'obtenir le pardon de Dieu, des hommes et des enfants qu'ils ont tourmentés, qu'ils soient empêchés de nuire à jamais. Exauce les prières que nous T'adressons, le tribunal et moi, afin que nous obtenions la guérison du monde par l'autorité paternelle et bienveillante du bon Dieu vers lequel nous nous tournons.

 

A bientôt, les amis. Je choisis de faire paraître ce texte dans Les Zinzins d'Over avec la thématique "autre", faute d'avoir trouvé une meilleure solution. Cet article restera deux jours entiers sur mon blog. Vous pouvez/devez réagir, mais il n'est pas certain que je répondrai à tous.

Bernard Bonnejean

(1) Avec la permission de l'auteur : http://www.lirecreer.org/biblioparents/chroniques/quand_les_hommes/index.html.
(2) Date capitale pour moi. Thérèse de Lisieux composait, le 9 juin 1895, l'Acte d'Offrande à l'Amour Miséricordieux, un des textes les plus importants de sa spiritualité. Je n'ai donc pas choisi la date de composition de cette prière au  hasard.

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Dame Catherine 19/04/2009 10:50

C'est là qu'on voit qu'un athée et un croyant peuvent se rejoindre sur une préoccupation particulière, bien qu'ils ne parlent pas des mêmes tribunaux.

Bernard Bonnejean 19/04/2009 13:23


Oh si ! nous parlons des mêmes tribunaux ! Il ne peut y avoir pardon, s'il n'y a pas sanction, prévue par le Code Pénal.

A ceci près qu'un chrétien ne s'arrête pas au châtiment, mais qu'il veut, en plus, la conversion du pécheur. Et c'est là qu'intervient mon Tribunal Céleste.

Attention, quand même ! Ce Tribunal-là, je l'ai institué, mais ce n'est pas reconnu par l'Eglise. C'est une initiative personnelle que bien des prêtres et des théologiens trouveront "bizarre". Si
quelqu'un doit être attaqué sur ce point, c'est moi seul. Pas l'institution tout entière qui n'y est pour rien !