Le Courrier de la Mayenne

Publié le par Bernard Bonnejean


ou ce qu'est un hebdomadaire local d'aujourd'hui

De joyeux plaisantins le baptisent Le Courrier de la Moyenne. De mauvais dénigreurs prétendent que c'est une "feuille de chou". A en croire Lintern@ute-encyclopédiefeuille de chou est une locution péjorative qui désigne un "quotidien de peu de valeur". Or, Le Courrier de la Mayenne est un hebdomadaire. Grossière erreur !

Ne retenons pour l'instant que l'aspect végétal de la dénomination. Il faut en convenir : cuisiner de la soupe aux choux, au septième étage d'un immeuble, pour peu que l'ascenseur soit en bon état de marche, c'est s'assurer une notoriété culinaire involontaire, de la cave au grenier. Supposons donc que Le Courrier de la Mayenne soit une feuille de crucifère, alias
Brassica oleracea, assez fier pour se faire repérer sans daigner se faire voir, uniquement à l'odeur... On peut en déduire qu'il ne manque pas de caractère, comme on le dirait d'un camembert, d'un maroilles ou d'un livarot. Et que demande-t-on à une presse sérieuse, sinon d'avoir du caractère et un caractère qui lui soit propre ?

En outre, si par peu de valeur on entend les 1,30 euros que coûte Le Courrier, répartis sur les 52 pages du n°H 28573-3377 du 9 au 15 avril, ça nous met la page couleurs, abondamment illustrée, à 2,5 centimes. Somme assez modeste, convenons-en. Cependant vous allez probablement m'accuser de mauvaise foi, arguant que je ne saurais ignorer qu'il s'agit en fait de la valeur journalistique et non marchande. Soit, vous avez raison. Avouez tout de même que déontologiquement parlant, il est indéfendable que certaines revues qui valent cher ne vaillent rien. Donc on admettra volontiers comme postulat initial qu'il est plus juste qu'un journal ne valant rien ne vaille pas cher, ce qui serait un "moindre mal".

Mais comment, me demanderez-vous, juger de la valeur d'un hebdomadaire ? Il faudrait mener l'étude sur une année et non sur un seul numéro. Je laisse ce pensum aux sociologues, critiques et autres spécialistes. Je me contenterai d'examiner le numéro choisi en specimen, nomenclaturé supra.

Honnêtement, il serait illusoire d'essayer de synthétiser 52 pages, bien pleines et plutôt bien illustrées, en quelques lignes. Quantitativement, l'exercice peut s'avérer possible, mais sans qu'il soit permis d'en conclure quelque valeur qualitative que ce soit. Ce procédé analytique écarté, venons-en à la méthode suivie.

Posons donc la problématique. Elle repose sur une réalité évidente : une société en perpétuelle mutation oblige la presse d'opinion, sinon à une adéquation-trahison totale, du moins à une évolution parallèle. Cette opération nécessaire, commandée par l'expérience, doit s'effectuer sans reniement des principes fondamentaux formant le substrat de la matière du journal. Le Courrier de la Mayenne répond-il à une exigence de cet ordre ; quelle est la nature de cette exigence et comment se traduit-elle concrètement ?

L'éditorial de Gérard Leclerc, en page 2, ne souffre aucune ambiguité :


D'emblée, tout lecteur potentiel sait à quoi s'en tenir. Le Courrier de la Mayenne ne  prétend pas à une neutralité laïque que ses zélateurs sont les premiers à transgresser. Sa définition de l'Eglise est des plus rigoureuses et des plus acceptables dogmatiquement parlant : une institution, corps eucharistique, qui est présente au monde, sans être du monde. Une belle et juste définition que ne renierait pas un théologien catholique.

Une première conclusion transitoire s'impose donc à la lecture de cet éditorial : Le Courrier de la Mayenne est un hebdomadaire catholique qui, loin de s'en défendre, se présente comme tel aux yeux de ses lecteurs. Est-ce un journal d'Eglise à l'usage de gens d'Eglise ? A l'usage des seuls fidèles de l'Eglise ? On serait tenté de le croire. En effet, il est question d'une prise de distance par rapport à une communication que Régis Debray reconnaît pauvre. D'où une volonté déclarée de s'éloigner d'idées communes véhiculées par la société. On peut lire en filigrane la maladie qui la ronge. Pourtant, contrairement à ces apparences trompeuses, le journaliste ne se place pas en catholique, en chrétien, au-dessus de la mêlée, mais au sein de la mêlée sans se satisfaire de son désordre. Il semble donc que le désir de servir l'emporte sur la tentation de la polémique.

Cependant, toute presse militante est amenée, nolens volens, à ostraciser un adversaire éventuel. Un hebdomadaire ouvertement catholique doit donc accepter de se dispenser d'individus dont les centres d'intérêt seraient moins autres qu'opposés.

Est-ce le cas du Courrier de la Mayenne ? Il suffit pour cela d'examiner attentivement le gros titre choisi pour figurer sur la une :

MEGGAHNN SAMSON A ETE ELUE REINE DE BEAUTE DU DEPARTEMENT

MISS MAYENNE EST LAVALLOISE

Ce double titre est assorti d'un traitement de qualité en page 8 que les nécessités scientifiques de notre analyse nous conduisent à reproduire :

Cependant, Monsieur le Rédacteur en Chef, la très jolie Meggahnn est-elle catholique pratiquante ? Pour respecter le cahier des charges et la déontologie du Courrier de la Mayenne. Je vous dis ça parce que je vous demanderai bientôt d'annoncer la parution en juin de mon prochain ouvrage : Le Dur Métier d'apôtre. Du catholicisme pur et dur, supposé vierge de toute activité charnelle !

A bientôt, les amis

Bernard Bonnejean

Comme promis, voici les dauphines ! Qu'elles se consolent en se disant qu'il y aura toujours des Poulidores aussi connues sinon davantage que les Anquetiles !

Pendant que j'y suis, puisque l'occasion m'en est donnée, merci à Madame Alliot-Marie d'avoir remis en place un fayot auditeur de France Inter qui lui donnait du Madame La Ministre en lui rétorquant sur le ton qu'on lui connaît : "Ministre est un titre et un titre n'a pas de sexe".
Et l'autre de bafouiller une stupidité méprisante et méprisable, preuve que le vrai féminisme est agrammatical et s'embarrasse peu de la forme :


SI VOUS PREFEREZ UNE VRAIE BELLE PHOTO DE TOUT CE JOLI MONDE :

http://www.lecourrierdelamayenne.fr/uploads/une/55-fichier.pdf



Publié dans religion et humour

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Commenter cet article

Bernard+Bonnejean 28/04/2009 22:22

Bonne nuit, Lola.

Et dites-vous bien que "sit transit gloria mundi" et que, comme l'eût dit Tryphon l'Orléanais, "la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a".

Bernard Bonnejean 28/04/2009 23:08


J'allais oublier, Madame Lola.

Quoi que vous disiez, vous avez raison en tout sur tout. Et vous me verrez défendre votre point de vue avec l'énergie la plus farouche.

Se présenter à un concours de Miss 53 quand on est du 44 m'apparaît comme digne de votre sainte et juste colère.

Me pardonnerez-vous de vous avoir pris pour une jeune fille ? Votre jeunesse d'âme m'aura trompé.

J'ose espérer avoir convenablement répondu à l'honneur que vous m'avez fait de votre visite,

 Bernard Bonnejean


lola 28/04/2009 21:46

Bonsoir,

Tout d'abord vous me parler sur un autre ton, svp!
Je suis désolé pour vous, mais je ne suis en aucun cas une jeune fille en crise de jalousie et encore moins une jeune fille!
Je pense avoir la liberté de constater ce que je veux! Elle est peut-être jolie votre Miss, mais elle n'est même pas étudiante à Laval mais à St Nazaire 44, si vous vous étiez renseigné un peu!Je ne critique en aucun cas, je constate! Où allons-nous si même nos Miss ne sont pas représentative de leur région! Dommage! et encore plus dommage votre réaction!Et faites attention à qui vous vous adresssez, cela pourrait vous porter préjudice dans d'autres circonstances!!

lola 28/04/2009 19:59

bonjour,
je m'aperçois que les élections sont truquées encore une fois, cette jeune demoiselle n'est pas plus lavalloise ou mayennaise que moi, elle habite à pornichet (44) chez ses parents,jusqu'où ira t'elle avec ses mensonges bien calculés?!

Bernard Bonnejean 28/04/2009 20:36


Bonjour,

Ecoute, ma grande, je devine ton problème. Tu t'es présentée et ils n'ont pas voulu de toi. Alors tu en veux à celle qui a gagné.

Je suis d'accord avec toi sur la forme et je n'ai rien compris. Une miss Mayenne de Pornichet, j'avoue qu'il y a quelque chose qui m'échappe. Mais elle fait ses études à Laval, si j'ai bien
compris.

Est-ce vraiment important ? Passe ton bac d'abord, disait-on autrefois. Puis, tu pourras toujours, après, faire valoir tes charmes auprès d'un monsieur qui, si tu le désires, te fera des enfants.
Tout le monde ne peut pas finir comme Carla Bruni, tu ne crois pas ?

Avec un peu de chance et un bon niveau d'études, tu pourras même travailler dans le métier de ton choix.

Je te souhaite une très belle vie, avec ou sans prix de beauté.

Bernard Bonnejean


Bernard Bonnejean 19/04/2009 10:36

Un simple petit essai pour voir si la connexion est rétablie

Bernard Bonnejean 19/04/2009 10:40


MESSAGE INITIALEMENT REPRODUIT, A LA REQUETE DE LA DEMANDERESSE, A UN ENDROIT OU IL N'AVAIT QUE FAIRE

Je vous prie de m'excuser mais il est impossible de commenter l'article précédent sur Miss Mayenne.Pourquoi ???

Dame Catherine m'a donc prié par mail privé de publier les commentaires suivants :

@ Bernard
"Des réactions de réacs". Pourquoi de réacs ? Je n'y peux rien si cette
jeune fille, à première vue, semble n'avoir d'original que l'orthographe de
son prénom. Pas charitable, je veux bien, mais pas réactionnaire non plus.
Épidermique, plutôt.
On ne va pas devenir politiquement correct, non plus ! C'est dingue, ça...
Bientôt on n'osera plus l'ouvrir de peur d'être taxé de ceci ou cela. Et
merde !
Bon, je m'emballe, je m'emballe, mais ce n'est pas contre vous, Compère
Bernard. C'est surtout contre tout un tas de choses du style Hadopi,
résolution de l'ONU qui accepte la notion de blasphème religieux, etc.

@ Dame Lepion
Bin quoi ? Le gars Stéphane Bern a bien une carte de journaliste. En quoi,
on ne sait pas. On ne savait pas non plus qu'il avait fréquenté une école de
journalisme. Et combien d'autres du même acabit ? C'est çui qui l'dit qu'y
est.


dame Lepion 18/04/2009 14:18

Une megga-ânerie, cette histoire de reine de beauté. Elle a cru s’y faire (ha ha) la première place départementale, mais ça va pas durer. Elle se voue à « embrasser une carrière de journaliste dans la mode ». Il y a donc des lycées pour former des « journalistes » à çà ? Noble utilisation de fonds pour l’enseignement. Une jolie cruchcifère pourra écrire sur des feuilles de cruciféracées. Beau destin.

Bernard Bonnejean 18/04/2009 15:26


Ce que je retiens de votre intervention, chère Dame Lepion, c'est que malgré votre grand âge vous parvenez à lire les petits caractères ! Félicitations !

Je vous mets un peu en boîte, mais j'apprécie toujours autant vos visites-éclair.

Tout compte fait, à chacune sa vocation : certaines rêvent d'embrasser une carrière de journaliste dans la mode ; d'autres d'une mode où on pourrait embrasser un journaliste dans une carrière. A
chacune son destin !

Bernard


Dame Catherine 18/04/2009 10:22

Meggahnn : 2 voyelles pour 6 consonnes ! Au jeu des chiffres et des lettres c'est tout bon. Et ça se prononce comment : Mégane ? Le problème n'est pas de savoir si elle est catholique pratiquante, mais de savoir combien de fois dans sa vie quelqu'un a orthographié son prénom correctement du premier coup.

Bernard Bonnejean 18/04/2009 11:58


C'est peut-être un nom d'emprunt russe, auquel cas elle pourra toujours essayer de se faire rembourser...

Vous trouvez pas qu'on a parfois des réactions de réacs ?

Je vous promets de mettre les dauphines avant ce soir. Comment voulez-vous qu'après ça on me dise complètement rangé des voitures.

Bernhardh