Alfred Naquet

Publié le par Bernard Bonnejean


un bienfaiteur de la mariée marrie

Mesdames,

Aujourd'hui, c'est à vous tout spécialement, que s'adresse mon papier. Vous avez été mariées, fécondées, délivrées ! Vous voilà libérées ! Assez de ce carcan vulgaire et insane qu'au temps des jeunes filles en fleurs vous avez séduit sans vraiment y prendre garde ! Vous ne pouviez pas deviner : le jour même des noces, comme poussé par une force naturelle irrépressible, une sorte d'instinct primaire inhérent à la race, il développait ses vices, tous ses vices mâles, qui allaient finir par vous le rendre odieux à tout jamais. Jusqu'au jour béni de la libération, quand, fraîches encore, vous avez fini par remplacer cet immondice bipède par un prince charmant, beaucoup plus... et surtout beaucoup moins...

Le premier pétait dans vos draps au point de devoir ouvrir la fenêtre de la chambre à coucher ; le second ne peut retenir de petits lâchers inoffensifs qui ne sentent rien.

Le premier ronflait exprès pour vous empêcher de dormir ; le second ronfle, mais pas exprès, et son souffle vous berce après l'amour.

Le premier, fin égoïste, accaparait les couvertures et vous vous réveilliez frigorifiée ; vous couvrez amoureusement le second de cette moitié qui vous revient de droit pour qu'il n'attrape pas froid.

La vulgarité du premier forme l'essentiel de l'humour du second.

Le premier ne vous aimait pas, il vous désirait ; vous désirez le second qui, lui, vous aime.

Alors, pourquoi attendre un veuvage incertain pour vanter les qualités perdues du premier dans un second que vous aurez laissé s'échapper par fidélité ?

DIVORCEZ ! La loi vous y autorise et les féministes vous y incitent.

Savez-vous au moins à qui vous devez d'être enfin débarrassées de cet être sale et encombrant, toujours taché de partout sur son nouveau costume après les repas, ne sachant rien faire d'autre que vous embêter et qu'on appelle, selon le milieu et les circonstances un bonhomme, un jules, un julot, un fiancé, un ami, un mari ?


A ces militantes-là ?


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MLF - Manif pour avortement © Danielle Guardiola / Photos.Puech.info

France, Ile-de-France, Paris, 25 novembre 1972. Lutte des femmes.
Manifestation du Mouvement pour la libération des femmes (MLF) en faveur de l'avortement libre et gratuit.


Oui, bien sûr, elles ont grandement contribué à banaliser la procédure.

Mais le divorce proprement dit, vous le devez à cet homme-là :

Photo de M. Alfred NAQUET, ancien sénateur du Vaucluse (Provence-Alpes-Cote d'Azur)

Alfred Naquet est un médecin, chimiste et homme politique français, né à Carpentras, le 6 octobre 1834 et décédé à Paris le 10 novembre 1916. Tour à tour, député du Vaucluse de 1871 à 1883, puis sénateur du Vaucluse de 1883 à 1890, député de la Seine de 1890 à 1893, il revient dans son département d'origine pour un nouveau mandat de 1893 à 1898. Carpentras, pour les plus jeunes d'entre vous, ne correspond pas à grand chose de précis. Pour moi, ce sont deux souvenirs très vivants dans ma mémoire.

D'abord, celui de la plus ancienne synagogue de France, construite en 1367, restaurée en 1954, un haut-lieu du judaïsme français



Synagogue de Carpentras :
la salle de prière,
vue d'ensemble prise du sud-ouest.


Comment je l'ai connue ? En suivant un feuilleton à l'eau de rose dont je ne sais plus le nom, où il était question d'un peintre installé à Carpentras, coupable de la mort d'une famille juive à laquelle il avait refusé l'hospitalité pendant la guerre.

Ensuite, celui d'une manifestation, silencieuse, recueillie, bouleversante en compagnie du Cardinal Billé, alors évêque de Laval, le futur primat des Gaules. Le 10 mai 1990, deux visiteuses découvrent des dizaines de tombes du cimetière juif saccagées. Sur l'une d'elles, le cadavre de Félix Germon, le torse orné d'une étoile de David, le corps atrocement profané. Des centaines de milliers de manifestants, dont François Mitterrand, de toutes croyances et de toutes religions qui protestent contre l'antisémitisme. Une vraie solidarité autour d'une cause juste.

Il se trouve qu'Alfred Naquet appartient à cette communauté des juifs comtadins, appelés juifs du pape, comme Monsieur Félix Germon. Lui, le  membre de L'Alliance internationale de la démocratie socialiste fondée en septembre 1868 par Michel Bakounine, l'un des théoriens de l'anarchisme ; lui, le "boulangiste" de 1890, autrement dit le député passé à l'extrême-droite ; lui, qui fut poursuivi pour quelques histoires louches liées au scandale de Panama ; lui, le partisan de l'amour libre, le sénateur père de la loi du 27 juillet 1884, celle qui établit le divorce pour faute aux torts exclusifs ou aux torts partagés, votée par 355 voix de gauche et de centre-gauche contre 115 voix presque toutes catholiques. Pendant cent ans, la loi Naquet va règlementer le divorce sans modification, exceptées quelques révisions mineures.

Ce que voulait Naquet ? A une époque où l'homme détient seul le pouvoir économique, permettre à la femme, pour peu qu'elle soit "innocente", de prétendre à une pension et à s'occuper des enfants. Donc une loi très libératrice pour la femme victime. 

Or, voici qu'aujourd'hui je tombe sur ceci que je crois intitulé fêter son divorce. Je me contenterai d'un copier-coller n'ayant nulle envie d'ajouter quelque commentaire que ce soit. Mais je vous laisse les liens, au cas où.


L'organisation

de la fête

 
Organiser une divorce party : quand et qui inviter ?


Si le concept vous tente, pour vous ou pour un proche, quelques règles de base à connaître...

(avec le concours de Julie Vincent et Rebecca Hazan, créatrices de la société The WOF)


Le bon timing


Mieux vaut attendre que les esprits s'apaisent avant d'envisager une divorce party : un an voire deux sont nécessaires, pour que la douleur, la haine et l’épuisement soient passés. "C'est nous, ses copines, qui avons convaincu Delphine de fêter son divorce, explique Anne-Laure, 32 ans. Cela faisait un an qu'elle était séparée, elle allait mieux, et nous voulions l'encourager à prendre un nouveau départ."


Seule ou avec un pro ?


Selon vos désirs et votre budget, vous pouvez faire appel à un pro qui, à l'instar d'un wedding-planer, organisera votre soirée de A à Z : de l'envoi des cartons d'invitation à la déco du lieu en passant par le choix du traiteur. Mais organiser l'événement vous-même, en vous faisant aider par vos proches, est aussi un bon moyen de célébrer l'amitié !


On invite qui ?

 

"Ma meilleure amie a organisé un barbecue géant dans son jardin cet été. Elle avait invité tous ses proches : parents, amis, collègues... Même son ex-mari et son ancienne belle-famille étaient là !", confie Frédérique, 40 ans. Il est donc tout à fait possible d'inviter son ex-mari "à condition que chacun ait fait le deuil de son mariage et qu'on ne soit pas dans un état d’esprit revanchard". Mieux vaut en tout cas penser "liste élargie" que "petit groupe d'intimes", pour que la fête soit débridée.


Les animations


Nombreuses sont celles qui engagent un groupe de strip-teasers, une voyante ou un DJ pour célébrer leur nouveau statut de célibataire. Comme lors d'un mariage, on s'offre des cadeaux : "On voulait dédramatiser, alors on a choisi des cadeaux rigolos, s'amuse Anne-Laure. J'ai offert à Delphine un soutien-gorge en bonbons." Si la soirée ressemble au départ à une fiesta classique, elle peut prendre une autre tournure avec une cérémonie décalée : l’héroïne du jour formule à voix haute ses vœux de célibataire et signe un registre lui signifiant son statut de liberté retrouvée. Il existe même une médaille de la divorcée réjouie, qu'on peut lui remettre !

Besoin d'aide ?
Les pros sont là

 
The wedding out factory pour organiser une fête de divorce

Julie Vincent et Rebecca Hazan sont comédiennes et complices depuis toujours. Deux ans après son divorce, Rebecca a organisé un grand pique-nique. Son carton d’invitation proclamait : "Je déterre ma vie de jeune fille !"

"Mon jugement de divorce venait d’être prononcé, explique-t-elle. Et pour ne pas vivre ce moment seule, j’ai décidé de rassembler mes proches pour leur montrer que tout allait bien, et que ma nouvelle vie commençait." Certains membres de son ex-belle-famille
étaient même présents !

Devant le succès, Rebecca et Julie ont eu l'idée de créer l’agence The WOF, the Wedding out Factory (l’usine de sortie de mariage NDLR). Un concept unique en France qui propose donc d’organiser des soirées de divorce.

"Nous n’avons pas voulu profiter de la détresse de ce moment pour faire du business", explique Rebecca. "Il ne s’agit pas non plus de banaliser cette épreuve. Mais habituées à organiser des soirées, nous avons voulu mettre notre savoir-faire au service de ceux qui souhaitaient  marquer ce changement de cap." Et de toute évidence, la demande existe : elles ont déjà mis sur pied près d’une dizaine de fêtes !

Pour en savoir plus : www.thewof.com
 
"Quittons-nous bons amis", chantiez-vous ? Un peu dépassé, Mademoiselle Michèle Torr. Il est vrai qu'à votre époque vous étiez encore esclaves des valeurs bourgeoises judéo-chrétiennes.

"Qu'est-ce qu'il dit l'autre ? Le mariage, un sacrement ? Pourquoi on s'est mariés à l'église ? C'est manman qu'a voulu ! Et d'abord, qu'est-ce que ça peut te foutre ? Il est de plus en plus zinzin, çui-là !"
 
Bernard Bonnejean


Allez ! Un dernier p'tit coup pour essayer de comprendre. Ne mourons pas idiot, quand même. Là, j'ai supprimé les liens et changé les identités. Non pas tant pour préserver une pudeur enfouie avec les principes, mais à supposer que ça puisse faire rougir de honte de jeunes garçons un peu regardants  (1):



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Message d'origine de la discussion :
posté le
14/01/05 à 13:31
par : karamelle69
 
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Je trompe mon mari avec un très bon ami
Je trompe mon mari avec un de ces meilleurs amis. De plus, je suis super copine avec l'amiE de cet ami.

Qui de vous a une relation similaire à la mienne ? Comment vivez-vous cette situation ? Depuis combien de temps ? ......

J'aimerai savoir si d'autres sont dans le même cas que moi !


Merci

Maya

Contenu des réponses :
posté le
1/04/09 à 13:30
par : minouche
 
Alerter Répondre
Je te plains....
et j'espère que jamais tu ne connaitras la souffrance de la trahison et qui plus est par des "amies" !

Je n'ai que 2 veritables amies mais elles sont sacrées pour moi et jamais au grand jamais je ne pourrai les trahir !
Je pense que tu dois etre jeune et un peu légère, excuse moi, tu me choques !
 
posté le
1/04/09 à 13:26
par : roberta32
 
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Aidez moi
bonjour, moi sa fait 15 ans que je suis avec mon mari on a une petite fille de 7 ans.
Tous les week-end nous nous retrouvons avec nos meilleurs ami(es) un couple qui sont marie depuis 17 ans avec 2 enfant bien grand.
Nous buvons l'apero et ensuite nous mettons des chansons donc on chante et on danse.
Le probleme c'est que dans les soirée comme moi et le meilleur ami on se retrouve et on s'amuse a chanter les memes chanson.
Mais il y a eu une soirée ou il ma embrasser nous nous sommes retrouver seul tous les deux.
Et de la je suis folle amoureuse de lui et lui aussi nous nous voyons en cachette pour se voir.
Mais la situation devien dplus en plus dure parceque mon mari ce pose plein de question et sa femme aussi.
Je n'aimerais pas perdre ma meilleur ami mais je voudrez faire ma vie avec son mari .
Aidez moi merci que doi-je faire.
posté le
2/02/09 à 15:35
par : méduse630
 
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Infidèle mais discrète
Moi je suis infidèle.
J'ai toujours été comme çà. Ce n'est pas que je n'aime pas mon copain, mais j'ai besoin de me sentir libre.

En revanche je ne pourrais pas faire ça avec un ami de mon copain.
Je préfère aller sur un site et les plans d'un soir ou mieux pendant la journée !

Par exemple sur http://www.plan-cul-facile.com ou ailleurs il y en a tellement des sites de rencontre ....

posté le
17/09/08 à 12:08
par : romantica22
 
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Moi aussi
Je vis exactement la même situation que toi.

C'est quand même un peu dur. Ca fait plus d'un an et demi que ça dure.
On a vécu 3 ruptures, 2 où lui seul l'avait décidé. Il culpabilisait trop.
Une dernière un an pile aprés, là c'était un peu d'un commun accord.
A chaque fois, c'est pareil on a du mal à supporter l'absence de l'autre.
Et paf ! Ca recommence.

Lui culpabilise beaucoup, moi moins parce que je pense que c'est une autre vie, et d'autres personnes.
Un jour il faudra bien arrêter c'est sûr, mais nous ne sommes pas prêts pour l'instant.

Une seule chose à te souhaiter...beaucoup de courage.

Bon courage à tout ce petit monde, en effet !
Comme dirait l'autre : sans commentaire.

(1) 1990, un vendredi soir, dans les couloirs du lycée. Deux filles (la grosse trentaine à elles deux) se disent au revoir :

"Bye ! ma grosse !
- Bonne bourre !"

Un garçon de vingt ans, 1ère année de BTS, me voit pétrifié, interdit, stupide, me regarde et me dit :

"Ben oui ! C'est comme ça maintenant !" et il ajoute, pour me consoler (?) "Et encore, vous ne les entendez pas à la récré, quand elles parlent entre elles".

Il avait l'air sincèrement écoeuré. 

Publié dans culture humaniste

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Dame Catherine 09/04/2009 09:48

Et vivent les hommes ! Que ferions-nous les uns sans les autres ?

Bernard Bonnejean 08/04/2009 20:15

Ce que vous dites est évident, pense-t-on, mais ça va quand même mieux une fois que ça a été dit. Art. 4 des Droits de l'Homme et du Citoyen : "La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui", et pas "tout ce qu'on veut quand on veut avec qui on veut". Parce que cette liberté-là, qui n'en est pas une, est le résultat d'une permissivité qui met notre monde en péril. J'arrête là-dessus, avec un grand optimisme tout de même. Vivent les femmes !

Dame Catherine 08/04/2009 19:43

Pas du tout choquée, j'ajouterai même à la liste Dati, Morano, etc., une "ancienne" : Mme Thatcher. Je ne crois pas qu'on puisse faire pire qu'elle.
Au sujet de l'avortement, j'ai dit : C'était un début, qui a permis l'avènement de la pilule et la possibilité de ne plus être enceinte tous les ans jusqu'à la ménopause.
Donc, non, l'avortement n'est pas une méthode anticontraceptive mais il fallait en passer par là pour éviter par la suite des avortements dangereux à répétition. Et je ne crois pas que sur la totalité des femmes qui se font avorter, beaucoup le fassent d'un coeur léger.

Bernard Bonnejean 08/04/2009 18:19

Dame Catherine,

Longtemps, j'ai pensé comme vous et j'ai même adhéré au précepte d'Aragon : "La femme est l'avenir de l'homme". J'y adhère encore, j'y crois ferme, quand je vois les minables qui nous gouvernent. Un peu de sens pratique et beaucoup de coeur, je l'ai cru jusqu'à la nomination de Mesdames Dati, Alliot-Marie, et autres Morano, ne pouvait qu'apporter un sang neuf ou différent à la politique française. Je crains d'avoir dû déchanter très tôt. Quel horrible misogyne aurait osé dresser le portrait d'une Rachida, ravissante, passant son temps à poser en Chanel ou autres dans les magazines, et proposant de foutre en taule des gamins de 12 ans, alors qu'elle était enceinte ??? Aujourd'hui, question d'âge ou de ringardise, je serais plutôt tenté de dire : "La femme, oui, mais pas n'importe laquelle". En tout cas, pas le modèle qu'on essaie de nous imposer d'une femme tellement libérée qu'elle refuse tout contact avec la gent masculine à laquelle elle tente, par tous les moyens à sa disposition, de coller toutes les responsabilités passées et présentes.

Quant à l'avortement, chère Catherine, que je respecte infiniment, ce n'est en rien la solution des problèmes. Que ce soit un mal nécessaire, dans des cas extrêmes (incestes, viols, conditions désastreuses...), on peut le concevoir, que ce soit la solution trouvée par le mari ou l'épouse pour continuer à partir en week-end sans contraintes, non. Je suis sûr que Madame Simone Veil ne pense pas autrement.

Enfin, vous en connaissez comme moi, Dame Catherine, des femmes heureuses, autant que le permet la condition humaine, et qui ont gardé le même compagnon jusqu'au bout. Ont-elles été trompées, une fois, deux fois ? Peut-être bien. Ont-elles trompé ? Possible. Ce compagnon-là avait-il toutes les qualités ? Sûrement pas. Mais elles ont dit "oui" à la totalité de cet homme-là pour le meilleur et pour le pire, comme on disait à l'époque.

D'ailleurs, le "pire" ? Il y aurait beaucoup à dire. Le pire en Europe ou aux Etats-Unis, par exemple, n'a rien à voir avec le pire en Afghanistan ou dans tous les pays musulmans où l'on pratique la charia. Ou le pire en Afrique où la mère voit ses gosses mourir sans pouvoir faire quoi que ce soit que de les pleurer.

Donc, en résumé, sur le fond je crois que nous sommes d'accord. Ceux qui obligeraient aujourd'hui à l'avortement clandestion ou à l'avortement à l'étranger seraient criminels. De là à mener une vie de patachon et de faire "passer" le "résultat" de ses turpitudes comme un objet inerte et inintéressant.

Vous ai-je choqué ? Dites-le moi en toute simplicité. De la même façon que ces "sites" féminins me choquent, ce qui, en soi, n'a pas grande importance.

Merci pour votre intervention et pour vos adresses que je conseille à tous et toutes de consulter.

Bernard

Dame Catherine 08/04/2009 11:29

Compère Bernard,

Je comprends ce que vous voulez dire, mais je crois que le moyen employé n'est pas forcément le bon.

De nos jours, les chiennes de garde sont souvent des femmes qui ne se posent pas de question pour boucler les fins de mois. Je n'adhère pas aux excès du MLF actuel mais je n'aime pas l'injustice.
Dans les années 70, les femmes simples qui militaient pour la parité avec les hommes (j'ai dit parité et pas clonage et perte de féminité) et l'avortement médical, avaient raison. Combien étaient restées sur le carreau des cuisines des faiseuses d'anges alors que celles qui avaient les moyens filaient dans une clinique en Angleterre ou en Suisse ? C'était un début, qui a permis l'avènement de la pilule et la possibilité de ne plus être enceinte tous les ans jusqu'à la ménopause.
Combien de femmes qui travaillaient n'avaient pas le droit d'avoir un compte en banque à elles ? Et combien se voyaient donner au compte goutte de l'argent "pour la semaine" par un mari qui ne faisait jamais les courses ?
Il a fallu attendre longtemps et "faire nos preuves" pour avoir le droit de voter, d'échanger le statut d'éternelles mineures qui passaient de l'autorité d'un père à celle d'un mari, au statut de majeures qui pensent et décident en leur âme et conscience.
Actuellement, une femme qui travaille à l'extérieur fait deux journées en une car statistiquement il est prouvé que le travail domestique n'est toujours pas partagé équitablement. Elle est souvent payée 30 % de moins qu'un homme à travail égal.
Le divorce ? Si je déplore qu'aujourd'hui le mariage soit trop souvent pris comme un coup d'essai, un beau jour où on se déguise en prince et princesse, et non pas comme un apprentissage quotidien et difficile de la vie à deux, je ne peux sûrement pas regretter qu'il existe. Je préfère des gens heureux séparément que malheureux ensemble, parce que divorcer "ça ne se fait pas".

Vous donnez l'impression de confondre le droit des femmes à disposer d'elles-mêmes et de leurs biens avec une profonde mutation de société, liée à de multiples facteurs.
Entre autres : l'échec de plus en plus patent de l'école primaire de la République à former le Savoir qui délivre, la généralisation dans les foyers de télé et ordinateur + accès Internet, son effet pervers : beaucoup de temps passé devant l'image truquée ou pas qu'on ne remet pas forcément en cause, le niveau des émissions, l'instantanéité d'informations accablantes qu'on ne peut pas émotionnellement gérer, la possibilité de publier tout et n'importe quoi, celle de voir tout et n'importe quoi. Enfin, la quasi certitude diffuse qu'il n'y a pas de futur et qu'il vaut mieux zapper, grapiller et butiner quand il est encore temps. La crise actuelle n'arrangera pas les choses.
Il serait bon de relire d'urgence Le Meilleur des Mondes d'A. Huxley.

Si je peux me permettre d'abuser encore, après ce long commentaire, je vous donnerai deux liens qui mènent à quelques unes de mes réflexions :
Au sujet du Meilleur des Mondes
http://www.beaugency.info/index.php?option=com_content&task=view&id=131&Itemid=72

Au sujet des vertus commerciales du scandale
http://www.beaugency.info/index.php?option=com_content&task=view&id=197&Itemid=1