L'Eurrrope ! L'Eurrrope ! L'Eurrrope !

Publié le par Bernard Bonnejean


ou l'art d'accommoder les restes.

Les restes !? Sacrilège ! Et d'abord les restes de quoi ?

Soyons justes ! L'Europe n'est pas encore construite. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Tous les "grands hommes" des nations européennes ont tenté le coup. Leurs livres d'histoire en disent autant de bien que les livres d'histoire des autres en disent de mal. Ici, des précurseurs incompris de l'unité européenne ; là, d'affreux tyrans impérialistes. Seuls les dictateurs innommables font l'unanimité contre eux. Dressons un catalogue rapide, non exhaustif :
  • Les Grecs, un peu froussards en dehors de la grande bleue, se sont contentés de tout le pourtour méditerranéen, mais pas question de s'aventurer à l'intérieur des terres ;
  • Le Macédonien Alexandre pourtant, un peu plus courageux que les Athéniens, Thébains, Spartiates et compagnie, lance une vaste expédition jusqu'à l'Indus. Ses troupes, après un long voyage, se seraient écrié comme des Bretons d'Orléans privés de baignade depuis des années : "Thalassa ! Thalassa !", comme à la télé. Ils auraient fait des petits en Afghanistan. S'ils avaient su pour les Talibans, peut-être se seraient-ils abstenu ;
  • Les Romains, champions toutes catégories de la colonisation de masse, ne vont pourtant pas réussir à refaire la grande Europe d'Alexandre. La faute à tout le monde : les Goths, Visigoths, Ostrogoths ; Vandales, Burgondes, Alamans ; Francs saliens ou ripuaires, nos ancêtres qu'étaient rien moins que Gaulois ; avec, en prime, (on connaît les militaires), une partouze gigantesque qui fait que la "race pure"... vous m'avez compris.
  • Et des méchants en veux-tu-en-voilà qui la veulent aussi la grande Europe : Attila, dont tout le monde sait qu'il était assez sauvage pour faire cuire son beefteack sur le dos de son cheval monté à cru ; les Vikings qui, entre deux bains de sang, nous ont apporté l'art de la navigation et les escalopes à la crème ; et j'en passe.
  • J'abrège : Napoléon, quelqu'un de bien, qui réussit à construite une France de 130 départements, sans compter les protectorats, Etats alliés et vassaux qui voudront plus le rester, même qu'on se demande pourquoi ; Hitler, quelqu'un de pas bien, qui voudra faire la même chose que Napoléon mais de droite à gauche et plus de gauche à droite en regardant la carte, si bien que ses Etats alliés et vassaux non plus ne voudront pas le rester.
Un Monsieur bien sous tous rapports m'a affirmé un jour, sans rire, qu'on avait raté le coche à force de refuser toutes les occasions qui se sont présentées à nous et qu'on a refusées bêtement. Il m'a même raconté, avant tout le monde, que le bon Winston, entre deux bouffées de cigare, avait proposé, pour faire barrage au Reich,  de constituer une nation hybride composée de la France et du Royaume-Uni. Le grand Charles n'a pas voulu. Ne pas confondre le grand Charles, celui de mon titre (entretien avec le journaliste Michel Droit, du 14 décembre 1965) avec Charles le Grand, Carolus Magnus en latin, Charlemagne en traduction mot-à-mot qui lui aussi a failli faire la grande Europe. Mais comme m'a dit un jour un juge des tutelles : "Si vous saviez ce qu'on voit au moment des partages d'héritage !"

Alors l'Europe, faut-il la faire ou pas ? Mille fois oui, mais pas n'importe comment ni dans un but bassement commercial ou hégémonique. Dans l'esprit de ses fondateurs, à commencer par un immense bonhomme : Robert Schuman, le grand cofondateur du Conseil de l'Europe, du pacte de l'Atlantique Nord, du CECA, l'ancêtre de l'actuelle Union européenne, le premier président du Parlement européen, le "Père de l'Europe". Un type tellement bien que l'Eglise catholique, en la personne de Pierre Raffin, évêque de Metz, a autorisé l'ouverture de son procès en béatification. Qu'est-ce qui vous embête là-dedans ? Entre l'Europe des envahisseurs, des tyrans, des représentants en commerce international et l'Europe des saints, moi je choisis sans même réfléchir.

Maintenant, il faut me laisser parce que j'ai mon devoir à faire et à rendre pour demain. C'est quoi ? Je vous explique : Circé m'a demandé de relayer un tag sur l'Europe. Dedans, il y a déjà Flèche, Gabrielle, Steph, Corinne, Pena Pylar, Polikarpov, Moon, Open La SourceKahlu et JPM. Il s'agit de répondre à six questions sur l'Europe :

Si l'Europe était un animal, là je n'hésite pas une seconde. Ce serait Anatole, le poisson rouge que mon parrain Jeannot a gagné à la fête foraine et qui nous a accompagnés pendant des années, de déménagement en déménagement. Une bête inoffensive et qui, dans la chaîne alimentaire, n'a eu besoin de faire de mal à personne pour se nourrir et s'épanouir en nous rendant heureux.

Si l'Europe était une fleur, ce serait bien sûr une immortelle, parce que j'espère bien que, même si on y met le temps, l'Europe, une fois construite, ne sera provisoire que pour s'élargir, pas pour mourir dans des nationalismes imbéciles.

Si l'Europe était un tableau, ce serait un Modigliani ou un Maurice Utrillo. En tout cas, une toile montmartroise,
à l'époque où le monde entier se donnait rendez-vous sur la Butte, mais sûrement pas une croûte de la place du Tertre.
 
Maurice Utrillo, Rue de Saint-Louis-en-l’Isle, 1918, huile sur toile.
Acquis par Roger Dutilleul - Donation Geneviève et Jean Masurel, 1979


Si l'Europe était une ville, ce serait la Venise inconnue des touristes, celle de son quartier juif, par exemple, où personne ne va jamais, mais où s'est construite une certaine Europe, complètement internationale, avec ou sans amoureux.

Si l'Europe était un personnage, ce serait tout bêtement Robert Schuman pour toutes les raisons que j'ai indiquées.

Si l'Europe était une chanson,  ce serait Syracuse, une des plus cosmopolites des chansons de France et une des moins franchouillardes.

Merci Circé pour cet exercice européen. Ne me reste qu'à "relayer le tag". Que les amis à qui je passerai le relais soient assez gentils pour répondre à ces six questions et à relayer le tag à leur tour. J'envoie un mot aux volontaires que j'ai désignés avec le mode d'emploi.

A bientôt, mes amis,

Bernard Bonnejean

AVIS : Après explications de Circé, mon prof de blog, je "lance le défi" [c'est comme ça qu'il faut dire, paraît-il] aux blogueurs suivants qui voudront bien "relayer le tag". J'aime bien ces machins-là, moi, ça me rappelle quand j'étais louveteau et que j'étais amoureux de la cheftaine Bagheera ou Baloo, je ne sais plus trop :

Yann, mon ami d'ici, juste parce que c'est comme ça, qui pourrait nous jouer à la guitare un air d'un qu'il aime bien, Dominique en mission au Sénégal
(en prime un article sur la nécessité d'une vraie coopération Nord-Sud),  Samia du Maroc et Samia d'Algérie (toutes les deux, qu'attendez-vous, Africaines, de l'Europe ?),  Michaël, Lillois issu de Polonais, à qui je demanderais bien de nous parler d'une Europe sans les artistes immigrés, façon Besson, Aline, une artiste peintre et poète de Cancale, qui pourrait nous écrire un beau poème inédit et illustré de ses mains, Leslie Plée, le remarquable auteur de  Moi vivant, vous n'aurez jamais de pause, qu'elle nous dise franchement si elle croit encore à la culture européenne et, enfin, Dame Catherine, fille d'Espagne mariée à l'Italie, en France, qui sait donc ce que c'est que l'Europe matrimoniale. J'espère cette fois n'avoir oublié personne. Merci aux demoiselles d'over-blog d'envoyer ce qu'il faut aux destinataires.

Publié dans culture humaniste

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Dominique Baumont 30/03/2009 10:19

Je pensais vous avoir répondu Bernard à propos de ce tag, mais je vois qu'il n'en est rien. Je disais que je ne suis pas sût d'avoir le temps d'y répondre. J'ai pas mal de travail ici.
Amitiés. Dominique

Bernard Bonnejean 27/03/2009 12:03

Chère Samia,

Content de te voir penser comme moi à propos des frontières, je suis aussi ravi de te voir collaborer à nos projets "européens", mais dans la catégorie "citoyens du Monde".

Pendant que j'y suis : la Tunisie, pour moi, c'est un petit épicier de Villemomble (93) avec lequel j'étais devenu ami. Il nous a invités "au pays" pour une somme dérisoire, le temps que nous voulions.

Et un jour, il a fermé boutique, parce que de jeunes imbéciles, faux bons musulmans trop violents pour l'être vraiment, ont cru bon de venir le "taxer" régulièrement en le menaçant de leur pitt-bull.

Alors, inutile de te dire que ta sympathie je te la retourne au centuple, avec dans la tête l'image du petit épicier tunisien.

Bernard

Samia Lamine 27/03/2009 11:39

BONJOUR BERNARD.

En lisant ton article sur l'Europe, je me suis vue taggée et je n'aurais pas pensé qu'il s'agissait de moi si je n'avais pas cliqué pour me trouver sur mon blog: je suis tunisienne mais la nationalité n'a aucune importance pour moi car Algérie , Tunisie, Maroc ou autre sont des frères reliées par l'histoire et la géographie mais que le destin historique et politique a séparé par des frontières arbitraires.

Pour ce qui est de la question posée, je suis ravie d'y répondre et je publierai un article sur mon blog sur ce sujet et je ne manquerai pas d'y faire le lien à ton article: celui là.

Ma sympathie.

Samia Lamine (Tunisie).

Bernard Bonnejean 26/03/2009 22:21

Là, Yann, je suis CONTENT !!!

Je ne sais pas pourquoi ? Quand je te lis, je pense à mes élèves et ça me fait un bien fou. Je les aimais bien mes grands dadais de BTS et mes "jeunes filles en fleur", type Proust années 90-00.

YannBBlues 26/03/2009 21:05

Bonsoir Bernard...
Tu n'es aucunement fautif en quoi que ce soit...j'ai reçu ton message tel quel,c'est à dire avec rien dedans,quant à mon lien de blog,là non plus je ne comprends pas,je réponds comme d'habitude,je n'ai rien changé à ma façon de faire...va comprendre quelque chose dans ce fourbi...des fois,sur overblog,ça déconne sec...
A part ça,je viens de découvrir les messages et tu m'as tagué...si j'ai bien tout compris,je dois faire un article sur l'europe et répondre aux questions...il n'y a pas de problème...je m'y colle...
bonne soirée
Yann

Bernard Bonnejean 26/03/2009 16:27

Où as-tu vu une quelconque comparaison ?

Ma cheftaine s'appelait Marie-(?) et j'avais aux alentours de 10 ans.

Comment dit-on "louve" en berbère ? (en transcription phonétique s'il te plaît car, à part quelques spécialistes, très peu savent lire cette langue qui n'a rien à voir avec de l'arabe).

Merci, Circé, pour ton gentil accompagnement. N'hésite pas à revenir ! Demain, un papier rigolo sur les caméras de ton patelin...

Bernard

Circé 26/03/2009 15:39

Tu as tout bien fait, c'est parfait.
Je ne pense pas être prof de blog pour un sou, il y a en la matière des prof "es blog" qui en connaissent toutes les ficelles, tous les recoins et ressorts et toutes les touches possibles et imaginables pour qu'il soit lu (le blog), référencé, coté etc...etc...
Côté Boulevard et Fabien Prêtre ou même Johann Lautier sont des pros de chez pros et je suis inexistante à côté d'eux.
A encore une chose hein...
Je ne suis pas cheftaine, je ne m'appelle pas Bagheera ou Baloo, même si la comparaison m'a fait rire.
Quoique...Louve est le surnom que me donne mon compagnon en berbère