Une Grande Dame africaine

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Saartjie Baartman, la Vénus hottentote

A la mémoire du "petit Roger"
cet hommage             
aux grands aimés du Bon Dieu

 Voici, comme promis, un autre portrait de Grande Dame. Peut-être pas comme vous l'espériez.

Ayez le courage de le lire, quitte à pleurer de honte ! Pas la peine de se voiler la face : on sait aujourd'hui que l'Essai sur l'inégalité des races humaines publié en 1855 par
le comte Arthur Joseph de Gobineau, un Français bien de chez nous (il est né le 14 juillet 1816 à Ville-d'Avray), porte en germe les théories nazies ! 

Aujourd'hui, au nom des Droits inaliénables de l'Homme, un terme générique qui inclut la femme, ce que  tous n'ont pas encore compris, permettez-moi de rendre hommage à l'Afrique et à une Africaine, longtemps oubliée de l'Histoire après avoir occupé le devant de la scène.

On dit que l'Histoire begaie. C'est bien possible. Je crois, moi, qu'elle radote, parce qu'on fait tout pour lui raccourcir la mémoire. Alors, elle joue les gâteuses quand ça l'arrange, prétendant ne pas se souvenir. Jusqu'au jour où un citoyen du monde, plus courageux que les autres, réveille les consciences endormies.

Tout commence en 1789. L'année de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, naissait Sawtche, fille d'un père khoisan et d'une mère bochiman. Le riche Afrikaaner qui la tient en esclavage s'aperçoit bien vite de son inestimable valeur marchande. Elle est atteinte d'une double malformation : son fessier est énorme et ses organes sexuels forment une protubérance qu'on appellera plus tard "le tablier" hottentot. Passe un chirurgien de la Royal Navy qui l'embarque pour l'Europe. Souvenez-vous d'Elephant Man et de Freaks : c'est l'époque où des Barnum exhibent des "monstres" contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Pour faire bonne mesure, on baptise la jeune femme du nom de Saartjie Baartman. Mais son surnom de Vénus hottentote est beaucoup plus connu des amateurs de music-halls et de salons
londoniens et parisiens à la mode .

Il fallait quand même tenter de trouver un bon prétexte à de telles horreurs. Le libéralisme économique, le triomphe de la bourgeoisie commerçante, 

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le droit de gagner sa vie honorablement, dans une bonne affaire, bien juteuse, ne suffisaient déjà plus. On fit donc appel à la moins discutable des raisons : la connaissance scientifique.

C'est donc la science, déjà fort à la mode, qui va délivrer un certificat de bonne conduite aux maquereaux tortionnaires déguisés en hommes d'affaires, imprésari de spectacles de foire.

Etienne Geoffoy Saint-Hilaire, administrateur du Museum d'histoire naturelle et professeur à la chaire de zoologie est le premier sur les rangs. Il se propose auprès des autorités compétentes de

 


profiter de la circonstance offerte par la présence à Paris d'une femme bochimane pour donner avec plus de précision qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour, les caractères distinctifs de cette race curieuse.

 

Voilà notre pauvre Hottentote exposée nue aux regards des scientifiques, des dessinateurs, peintres et autres caricaturistes.  Dans un rapport, le grand Geoffroy Saint-Hilaire la compare tantôt à un orang-outang, tantôt à une femelle mandrill.

 


Plus célèbre encore, le zoologue et chirurgien de Napoléon, Georges Cuvier, déduit de ses savantes analyses l'infériorité de certaines races. Peu après la mort de Saartjie, survenue le 29 décembre 1815, dans un bordel selon certaines sources, il s'empare de sa dépouille afin de la disséquer.  Devant l'Académie de Médecine, en 1817, il conclut les résultats de ses travaux par :


Les races à crâne déprimé et comprimé sont condamnées à une éternelle infériorité.

 




Saartjie_ill_2_1


Le squelette de Sartjie Baartman restera exposé au Musée de l'Homme jusqu'en 1974 !

En 1994, Nelson Mandela demande la restitution de sa dépouille  à la France qui fait la sourde oreille.

En 2001, enfin,  le sénateur d'Île-de-France, Nicolas About, interpellle le secrétaire d'État au Patrimoine, Michel Duffour. Soutenu par la presse, il dépose une proposition de loi adoptée par le Sénat le 29 janvier 2002, promulguée le 6 mars (Journal Officiel du 7 mars 2002), décidant la restitution officielle par la France de la dépouille de Saartjie Baartman à l'Afrique du Sud.

Le 9 août 2002, après une cérémonie œcuménique célébrée selon les rites khoisan et ceux de l'Église du Christ de Manchester, Saartje Baartman est inhumée près du village de Hankey (Eastern Cape).

Saartjie Baartman était femme, noire, ancienne esclave, dotée d'organes sexuels démesurés. C'est ce mélange de mystère et d'obscénité qui la rendit si "intéressante". Son infériorité raciale présumée, outre qu'elle rassurait les visiteurs européens sur la supériorité de leur race, leur permettait de se rassurer aussi sur le bien-fondé d'une libido autrement inavouable. Elle suscita des pulsions de toutes natures et notamment érotiques chez les visiteurs venus la contempler. Marielle Lefébure à qui j'ai beaucoup emprunté pour composer cette rubrique conclut fort justement :

Saartjie Baartman servit bel et bien d’alibi à la mise sous chape de nombreuses frustrations.

De quel alibi nous servirons-nous pour justifier la pornographie omniprésente ? La science ? Sûrement pas. La liberté ? Encore moins.
http://www.olgabaclanova.com/pictures/freaks/browning_and_freaks_6.jpg

Freaks réalisé en 1932 par Tod Browning

Ayez une pensée pour Saartjie Baartman et pour toutes les femmes à barbe, les femmes à deux têtes, les femmes les plus grosses du monde qu'on exhibait encore aux vingt-quatre heures du Mans quand j'étais adolescent. Ayez aussi une pensée pour toutes les prostituées de toutes les races, qui, quand on y réfléchit, n'en sont pas moins de Grandes Dames.

Bernard Bonnejean

 

Publié dans culture humaniste

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Nanard Lepudic 25/12/2009 23:17


C'est pas beau la jalousie, surtout un jour de Noël.

Vive mon copain Jésus !

Je vous aime bien, Marc.


Marc 24/12/2009 13:56


Cher nouvel ami,

Inutile de monter sur vos grands chevaux, je n'ai pas souhaité être polémique.
En fait je ne suis personne, un simple anonyme de province qui n'a pas de "copain" dans le milieu littéraire, ni même de relation célèbre (j'ai probablement raté ma vie), et qui souhaitait
simplement faire quelques remarques.
Désolé de vous avoir ébranlé dans vos certitudes littéraires.

Oui je suis un lecteur rapide : il ne m'a fallu que quelques minutes pour lire votre page.
Oui, votre article est pudique ; mais pour moi et sur un tel sujet ce serait plutôt une maladresse.
Non, vous ne dites pas qu'elle a été arrachée à sa terre, vendue, enlevée, ou que sais-je encore : citer l'ethnie de ses parents ou de son employeur n'a rien à y voir.
Non, vous ne parlez pas d' "escroc" ou équivalent, à moins que pour vous la profession de "chirurgien de la Royal Navy" en soit un synonyme ?
Merci de ne pas publier cette réponse, elle n'est destinée qu'à vous. Et cela permettra à "vos commentateurs-fans" de continuer à apprécier votre répartie.

Amicalement quand même, et à nouveau. Et bon vent.


Marc de Bretagne 23/12/2009 12:44


Un peu léger, votre portrait de la Vénus hottentote, un peu "soft". Vous ne dites pas qu'elle a été arrachée à sa terre par deux escrocs qui, en 1810, vont l’emmener à Londres puis à Paris pour
l’exhiber comme une bête de foire,et qu'elle a été exploitée dans des conditions sordides (viols nombreux) qui donneront lieu à un retentissant procès.
Lisez :
L'Enigme de la Vénus hottentote de Gérard Badou, pour compléter votre information.

Amicalement.


Bernard Bonnejean 23/12/2009 17:42


Cher Marc,

J'aurais en effet pu être plus "lourd", mais ce n'est guère dans mon tempérament.

En outre, vous êtes, comment dirais-je pour ne pas vous froisser, un lecteur "rapide".

Je ne dis pas qu'elle a été arrachée à sa terre ? : « Fille d'un père khoisan et d'une mère bochiman. Le riche Afrikaaner qui la tient en esclavage » ; par deux escrocs « Passe un chirurgien de la
Royal Navy qui l'embarque pour l'Europe » : là, il y aurait comme un problème ou un défaut dans votre lecture, à moins que vous en confondiez l’utile et l’accessoire ; pour l'exhiber comme une bête
de foire ? « un bon prétexte à de telles horreurs » ; « c'est l'époque où des Barnum exhibent des "monstres" contre espèces sonnantes et trébuchantes » ; quant aux conditions sordides dont vous
parlez, il est question ici de « la mort de Saartjie, survenue le 29 décembre 1815, dans un bordel selon certaines sources ».

Quant au procès retentissant... c'est carrément de la rigolade. Comme je l'écris, il faudra attendre les années 1990, pour qu'on commence vraiment à s'intéresser à la personne, et non plus à
l’objet de "la recherche scientifique"...

En fin de compte, mon article n'est pas si léger. Il serait plutôt du genre pudique, mais sans rien cacher d'essentiel. Sinon comment expliquer les réactions de mes commentateurs ?

Ce qu'on ne peut dire de votre bibliographie, pas maigre, inexistante. Une bibliographie, si vous voulez en faire une, c'est un minimum de vingt ouvrages classés et datés ou rien du tout.

Pour compléter la vôtre, d'information, je vous conseille la lecture savante d'une des spécialistes de la question, citée dans les commentaires,
http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/04/la_nbspvnus_hot.html qui, si mes souvenirs sont bons, donne, elle, en vraie chercheuse qu'elle est, une bibliographie un peu plus vaste.

Si votre "analyse critique" ne vise qu'à la publicité d'un seul ouvrage, le vôtre ou celui d’un copain à vous, dites-le, ça ira plus vite et on ne vous en voudra pas.

Bien amicalement, comme vous dites.


Bernard Bonnejean 06/05/2009 00:09

C'est moi qui vous remercie, Madame Lefébure, de m'avoir fait connaître cette Grande Dame de l'intérieur et non "encyclopédiquement".

Voir : http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2005/04/la_nbspvnus_hot.html

Marielle Lefebure 05/05/2009 21:24

Merci de m'avoir citée :-)

dame Lepion 27/03/2009 00:50

Dame Catherine,
C'est que je suis si volage, je papillonne d'un blog l'autre, n'arrivant pas à me poser, alternant les jeux de maux et les caresses verbales, me contredisant parfois, disparaissant un mois puis rappliquant à contre-temps... C'est pourquoi je songeais à ma propre disparition et donc au trou béant que Bernard devrait alors combler (non, je galège) en recrutant un team, un fan-club, que sais-je. Mais je pense également que Bernard a besoin d'un socle, d'une motivation, d'un regard bienveillant, et nous sommes là. Bernard a aussi besoin d'être taquiné, et peut-être que je vais y songer...

Bernard Bonnejean 27/03/2009 02:34


Mesdames marraines, mes reines,

L'endroit est paisible, confortable, bourgeoisement tenu. Les commentaires y sont affables et les commentateurs, intéressés et curieux.

Alors, Dame Lepion, vous venez dans l'esprit du lieu. Soyez-y accueillie avec tous les égards dûs à une dame. [Bientôt un cadeau sur une Grande Dame que vous aimez beaucoup...]

Je n'ai besoin ni de team ni de fan-club, juste d'amis auxquels je puisse rendre leur amitié.

Alors, je vous en prie. Venez ici en invitée amie. Soyez certaine que je saurai me montrer à la hauteur de votre indulgence et de vos questionnements. Mais ne soyez jamais méchante. Vous avez une
intelligence assez sensible pour ne pas la souligner par des commentaires drôles mais blessants.

Quant à Dame Catherine, pour bien la connaître depuis plus de temps, je sais qu'elle n'a de féroces que ses silences éloquents sur de certains sujets allergènes. Que je ne pourrai éviter parce que,
comme j'ai tenté de vous l'expliquer, ici je ne joue aucun rôle et j'essaie de me traduire moi-même sans impudeur.

Merci à toutes deux pour vos commentaires et pour la patience que vous aurez endurée à lire le mien,

Bernard


Dame Catherine 26/03/2009 17:02

Salut fraternel, Dame Lepion !

Au sujet du parrainage à étendre, je dirais ceci :
Bernard nous a choisies comme marraines parce qu'à un instant particulier pour lui nous avons été là avec nos personnalités respectives. Nous n'y avons aucun mérite, d'accord, mais ce n'est pas la question.
Je veux dire que le coeur a parfois des impulsions, des élans, sur lesquels on ne revient pas, pas plus que cet instant particulier dont je parlais plus haut ne reviendra.
Je ne crois pas que nous garder comme uniques marraines soit stérilisant pour lui, peut-être sommes-nous des soubassements nécessaires sur lesquels il construit. Et je trouve qu'il construit bien. J'ai beaucoup de plaisir à le lire et à lire les commentaires d'une famille de blog qui prend tournure. C'est un blog de très bonne tenue.

Quoi que vous en dites, hein ?

Bernard Bonnejean 25/03/2009 23:31

Ma Reine marraine,

"Présentez-nous les nouveaux", dites-vous. Vous ne perdez pas le nord, vous au moins.
Que je vous explique quand même ce que vous savez déjà mais comme ça la jeunesse en profitera.

On n'a qu'une marraine de baptême, qu'une marraine de confirmation, qu'une marraine de guerre. Donc, qu'une marraine de blog. Déjà que j'ai demandé une dérogation pour en avoir deux (je parle des marraines !), je ne peux pas multiplier non plus. De toute façon, Catherine a été celle qui m'a incité à créer le premier blog donc... Et vous, vous étiez la première à venir me voir à mon changement d'adresse donc...
Qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ? Mais quand même, promis, je vous présenterai Yann, Michaël, mes deux petites orientales Samia et Samia, l'une algérienne et l'autre marocaine [sentez comme ça sent bon les parfums épicés], et Dominique (H) du Sénégal, et d'autres que j'oublie pour l'instant et qui vont m'en vouloir.

A bientôt,

Bernard

Bernard Bonnejean 25/03/2009 23:21

Yann,

Je suis content de te voir, parce que je vais avoir besoin de toi.

A tout de suite ou à demain matin,

Bernard

dame Lepion 25/03/2009 22:51

Je vous trouve hot, tantôt. Car le sujet est brûlant, il continue à marquer au fer rouge quantité de femmes. L'esclavage sous toutes formes perdure, même légalement. Pas en France, oui, mais ailleurs. Ici, le verbal grossier continue à s'exprimer, j'en ai entendu de terribles très récemment, et je ne me suis pas empêchée de réagir. Mais pour quel résultat ? Le phénotype a justifié et justifiera encore longtemps ici des discriminations, là des exactions. On n'est pas sorti(e)s de l'auberge, merci à vous d'y avoir donné attention. Pour cela je me joins à Dame Catherine, associées que nous sommes au patronage de votre blog, et la salue bien fraternellement.
Je n'en ai pas conféré avec elle, mais je profite de l'instant pour vous dire, partagé filleul, le bien que vous trouveriez à agrandir votre comité de parraînage, sans pour autant en faire un directoire de conscience. Car nous ne sommes pas seules au monde, il y a d'autres marraines potentielles, car vous le valez bien ! Il m'étonnerait que Dame Catherine ne partageât pas ce point de vue. Conservez-nous seulement une marque d'antériorité, flattant ainsi notre orgueil de figurer en bonne place dans l'"Histoire du Blog de BB", à paraître... et présentez-nous les nouvelles (ou les nouveaux, d'ailleurs, tiens.)

YannBBlues 25/03/2009 21:17

Bonsoir Bernard...
C'est un bel article...cela m'effraie toujours quand on me parle de "normalité",de préjugés et autres idées reçues ou de ces fameuses étiquettes morales ou physiques...Et il y a des fois où on ne devrait pas être fier d'être blanc ou européen,quand on voit ce que certains peuples ont subi...et que dire,pour en revenir à ton article,de ces hommes ou de ces femmes que l'on a fait passer pour des "monstres de foire",tout simplement parce qu'ils ne collaient pas à ces étiquettes établies par un système qui n'aurait pas lieu d'être (avis personnel)...et cela ne date pas d'hier...imagine un instant,que les grands inquisiteurs du moyen-âge reviennent à notre époque,il y en aurait des "hérétiques" et autres à cramer sur les bûchers...
bonne soirée
Yann

Tryphon 25/03/2009 17:35

Pour n'avoir point deserté et vous lire régulièrement j'ai un peu de mal à imaginer qu'on vous qualifie de comique !
Mais cette idée même, m'ayant franchement fait rigoler, n'est finalement peut être pas si saugrenue :-)

Au fait, quid de l'affaire Mallarmé ?
Vous nous avez promis des nouvelles que l'on attend avec impatience ; disons vers le milieu de la semaine prochaine, ça irait ?

Bernard Bonnejean 25/03/2009 22:28


Bonjour Tryphon,

Je ne suis ni un pisse-froid ni un pisse-vinaigre tout de même ? C'est moi qui me traites de comique. Ce n'est
peut-être pas le mot juste. Mais je n'aime pas le mot "humoriste", que je trouve prétentieux. J'essaie d'être drôle ce qui ne m'empêche pas d'être sérieux. Molière l'a très bien dit : "Castigat
ridendo mores" "Il corrige les moeurs par le rire". Encore que je ne me prenne pas pour Molière et que  je n'aie pas l'intention de corriger les moeurs. Il ne manquerait plus que ça. Mais vous
voyez ce que je veux dire.

Merci en tout cas Tryphon d'être là. Pour Mallarmé, à supposer qu'il s'agisse de lui, ou de Cazalis, ou de quelque autre, vous devriez avoir la réponse attendue début avril. Je vous le promets.
Mais je viens de recevoir, enfin, l'épreuve de mon prochain bouquin à corriger. Alors... beaucoup de boulot en perspective.

A bientôt,

Bernard


Dame Catherine 25/03/2009 15:09

Cher Bernard, je pensais que vous modériez les commentaires, c'est pourquoi je ne m'étais pas étonnée de ne pas voir apparaître le mien. Je me suis dit "Bon, Bernard le validera plus tard." Je n'ai pas plus d'explications que cela à fournir pour résoudre ce énième mystère informatique.

Croyez-vous que vos lecteurs vous aient catalogué comique et qu'ils vous boudent lorsque vous donnez dans le sérieux ? Pas sûr, pas sûr.
La plupart du temps, quand je lis quelque chose de quasi parfait, je ne laisse pas de message circonstancié. Et dans le fond, pourquoi en laisser (à part : merci) ? Si tout est dit, pourquoi en ajouter ? Sauf à vouloir tirer la lumière vers soi, à vouloir se faire plus gros que le boeuf, en somme (et pas de somme).
J'aurais plutôt tendance à laisser un commentaire lorsque je ne suis pas d'accord avec l'auteur.

Ah ! Freaks... Génial film que j'ai vu trois fois à des âges différents : petite, ado et adulte. Un vrai mille feuilles à déguster strate par strate. Un film d'une humanité poignante. Et question mise en scène, dites donc, chapeau ! Et ce noir et blanc parfait, avec ses ombres et ses lumières précises. Et ces acteurs, ces acteurs !

Je salue Dame Lepion, ma fine commère, donc, puisque nous sommes toutes les deux vos marraines.

Bernard Bonnejean 25/03/2009 22:18


Bien chère Dame Catherine,

Le jour où vous me verrez modérer quoi que ce soit, y compris moi-même, il fera beaucoup plus chaud qu'aujourd'hui. C'est pas du tout le genre de la maison.

Pauvre Michaël, il en sait quelque chose. Je ne l'ai pas modéré, je l'ai viré et je le regrette. Mais il est revenu, comme quelqu'un d'intelligent qui a compris qu'il n'avait pas à faire à un
monstre.

C'est vrai que chez le chat, je donnais plutôt dans le comique. Mais vous avez raison : ici, je m'ouvre sans fausse pudeur mais sans ostentation non plus. C'est vraiment moi, ici, avec toute mon
expérience, avouée et tue.

Merci, chère Catherine, de m'avoir suivi sur ce blog. Je crois bien que j'ai besoin de vous, de Paulette, et de tous ceux qui me font l'honneur de me lire.

A bientôt,

Bernard


Dame Catherine 25/03/2009 11:38

Merci, Compère Bernard, pour ce magnifique article auquel il ne manque pas une virgule.
Ps : je recommande à tous de voir Freaks.

Bernard Bonnejean 25/03/2009 14:08


C'est curieux, Dame Catherine, votre commentaire n'apparaît pas sur le site. Je passe par un chemin, disons, détourné.

En tout cas, merci d'être là en un moment où tout le monde semble fuir.

Collantes, les étiquettes. Une fois catalogué "comique", si vous changez de registre les lecteurs ou auditeurs vous boudent.

Freaks, pour moi, film vu alors que j'avais vingt ans, a été une révélation ! Elephant Man aussi. Après avoir vu ces deux chefs-d'oeuvre qu'on continue à cataloguer (quand je vous
dis que c'est une manie) dans les films d'horreur, on change de point de vue et on n'a plus la même définition du Beau.

J'espère que mes visiteurs seront assez courageux pour lire jusqu'au bout. C'est vrai qu'il faut se cramponner à son fauteuil !

A bientôt, mon autre Marraine. Vous ne serez que jamais que deux, Dame Lepion et vous. Sans vous deux, il n'y aurait jamais eu de blog.