Tu t'es vu(e)

Publié le par Bernard Bonnejean

quand t'as bu

A Jacquot, mon copain pochetron,              
saint-cyrien, joueur d'échecs classé, qui a tout perdu,
puis regagné une vie nouvelle après une vraie cure,
toute mon admiration. 
                       

Nanard, le prof chiant "pas comme les autres"

Reçu à l'instant dans ma BAL : voir en fin d'article     

Que va-t-il devenir le cadre supérieur de la pub à la télé, une fois que la fête sera finie ? Vous savez bien, le jeune homme en costard-cravate, oublieux de ses obligations et du respect dû à son supérieur évanouis dans les vapeurs d'alcool. On soupçonne une fin en queue de poisson : une punition mais laquelle et de qui ? Et pour qui ?

Saviez-vous qu'il est des enseignants pris de boisson à longueur d'année scolaire, qui ne risquent rien tant qu'il n'arrive rien ? Le jeune homme de la télé, je vous parie que le lendemain de la fête, il sera entouré de ses copains et qu'il racontera sa cuite comme un exploit supplémentaire à son palmarès. Quant au patron, il n'est même pas certain qu'il lui fasse une petite remarque. En France et dans la plupart des pays européens latins, il est mal vu de fêter quoi que ce soit sans l'ivresse accompagnatrice des occasions, grandes et petites.

La fin que je vois, moi, est autrement dramatique : le jeune homme, bourré de talent et bardé de diplômes, vers quarante ans, aura le cerveau en bouillie et l'intérieur en compote. Et il faudra qu'il assume l'épave qu'il est devenu, seul, absolument seul, à part peut-être les copains survivants du bistrot d'en face.
 
 
  Vous allez me dire que c'est du cinéma. Le comédien n'a rien bu ; il joue les alcooliques, pour les besoins de la séquence. Comme  Bourvil dans son célèbre sketch sur l'eau ferrugineuse. La France entière a ri. Cette fois-là, je ne me suis pas senti français. Pas de honte, mais de pitié ! Pour le personnage incarné que je suppose père de famille. Et aussi, surtout, pour sa femme, qui l'attend dans l'angoisse de ne pas le voir revenir, autant que dans la peur de le voir de retour ; pour ses enfants qui partagent l'angoisse et la peur de leur mère, dont ils ne se remettront jamais, peut-être.

Connaissez-vous Circé ? Celle de la colonne de droite dans "Mes blogs préférés". Une militante du Parti. Encore une Grande Dame, ma Reine ! Ce que peu osent avouer, que personne n'écrit parce que ça fait trop Zola ou Les Deux Orphelines, elle a trouvé les mots convenables et dignes pour l'exprimer.

Parce que moi, il est grand temps que je me taise : trop de morale stérile dans mon papier de ce soir ! Circé, c'est pas de la morale, juste le témoignage d'une vie antérieure qui a refait son apparition comme une source résurgente après un orage.

Les lignes qui suivent sont reproduites avec sa permission. J'espère qu'elles vous bouleverseront comme moi quand je les ai lues et qu'elles vous aideront, si vous êtes malades, à vous convaincre vous-mêmes de vous faire soigner, sans que la pauvre Roselyne soit derrière votre dos pour vous y obliger, ce qu'en bonne angevine elle ne fera jamais.

Merci Circé et à bientôt

Bernard Bonnejean




Doigts lourds pour appuyer sur les touches de ce clavier.
Mots enfouis, lestés de tous les rejets et bannissements possibles et imaginables.
Mais bien présents et apparents, malgré ma volonté ferme et délibérée d'avoir voulu les ignorer durant ces 17 dernières années. 

Je suis malade.
Malade, de dégoût et d'aversion.
Malade, non pas de la maladie alcoolique, j'exècre à vrai dire l'alcool, je l'ai même en horreur.
Malade de l'alcoolisme de mon premier compagnon.
J'en ai gardé des traces profondes et indélébiles. 

Et pourtant... Je me soigne.
Bientôt dix années de thérapie où l'alcool n'a pas tenu toute la place, heureusement, mais où il est revenu aujourd'hui. Présence non autorisée, présence réveillée bruyamment et virulemment dans un rejet qui n'a d'égal que la répulsion engendrée par la personne qui en a été l'élément déclencheur.

Pourtant, j'avais progressé.
Depuis 7 années maintenant, mon compagnon, avec patience et mesure, tente de me réapprivoiser à ce sujet. Il y est arrivé en partie, quelquefois.
J'ai même réussi à partager quelques verres avec des amis à diverses occasions. 
Mais l'allergie a ressurgi, faisant intrusion dans ma maison, par l'intermédiaire d'une tierce personne, l'espace de quelques heures seulement.
Alors les maux reviennent sous forme de mots.  

Alcool, alcoolisme.
Pinard, rouquin, vinasse, piquette, gros rouge, bourre-pif, pichtegorne, picrate, godet,  Romanée Conti ou Clos Vougeot,  Mouton Rotschild ou Chateau Margaux, bibine, p'tit jaune, drink, scotch, bourbon, brandy, tafia, tord-boyaux, cocktails de toutes couleurs, saveurs et odeurs, vodka, fine, cognac, liqueur, Dom Pérignon ou autre champagne, boisson avec ou sans bulle...
Une liste tellement vaste !

Du langage argotique à la noblesse du crû qui devrait chanter et enchanter autant en bouche qu'au palais, du nez aux papilles, des yeux aux oreilles à l'énoncé du crû,  quels que soient le nom, le milieu, la façon de l'ingurgiter, de le descendre, de se l'enfiler, de le lamper, de se pinter, de picoler... de s'enflammer le gosier et s'éclater la cervelle, les ravages sont les mêmes.

Je sais, je m'attaque à un tabou.

Ce n'est pas l'alcool qui est dangereux, c'est la façon de le boire.
Ce n'est pas l'alcool qui est dangereux, mais l'individu qui libère ses barrières en se désinhibant.
Ce n'est pas l'alcool qui est dangereux, mais vous (moi), qui avez péché par mauvais choix, par Amour, parce qu'après tout vous êtes responsable d'avoir fait le mauvais choix de ce compagnon ou de cette compagne.

Non, ce n'est pas la Société qui tolère, qui trouve même cocasse ou hilarant celui ou celle qui l'amuse de ces facéties ou logorrhées saoûlesques, frissonnante d'observer la transgression, divertie, certes, mais aussi bien-pensante, culpabilisante, cataloguant, étiquetant autant celui ou celle qui s'enivre que celui ou celle qui partage sa vie avec l'objet de sa réprobation, tolère (croyez-vous ?) ou subit...
Il ou elle l'a bien voulu ! 

Sans doute est-ce un peu vrai.
Le ou la conjointe, comme les enfants ou la famille, les amis et encore plus la société, sont sans aucun doute et indubitablement complices !
Mais la complicité se construit chaque jour, pour ne pas voir pour certains, ne pas avoir encore plus honte et mal pour d'autres, par peur de jugement aussi.
Comme ces imbéciles qui lorsqu'une femme est victime pérore autour du : - "Elle aurait dû partir au premier coup, c'est de sa faute...", sans comprendre l'imbroglio psychologique et physique dans lequel elle vit depuis des années.

Mais j'y reviendrai.

Il n'en reste pas moins vrai que l'on dit un peu tout et son contraire sur l'alcool en moins de temps qu'il ne faut pour faire changer une société.
Un jour, il faut en boire modérément, cela protège les artères.
Un autre, ne plus en consommer du tout, risque de cancer. 
Et encore, plus du tout si vous êtes femme et enceinte.
Ou bien que vous soyez homme ou femme, attention à l'hérédité.
Le tout avéré ou non d'ailleurs, qu'importe.
Et j'en passe... des meilleures ou des pires.

Dire que le quart de rouge faisait partie de certains contrats de travail il y a encore moins d'un siècle !

Bref, aucun consensus là-dessus.
Les lobbies des ventes d'alcool et spiritueux font pression.
L'état hypocrite taxe un maximum tant par TVA que par surtaxation, trou de la sécu en alibi, trou de la sécu qui n'a jamais vu la couleur du moindre écu en provenance de ces coteries.
Et pourtant que d'argent, oui, que d'argent !

Quant à la prise d'alcool, nous ne sommes absolument pas, bien entendu, égaux.
Mais foin des généralités.
Pour moi ? Qu'est-ce ?

Une violence indubitablement.
Une violence et une déchéance, tant pour celui ou celle qui a perdu tout contrôle que pour ceux qui gravitent bien malgré eux autour.
Un saccage, un ravage de vie, de personnes, d'individus, hommes, femmes et enfants compris.

Bien entendu, on parle souvent du(de la) conjoint(e) et de son entourage.
Pense-t-on vraiment à eux un seul instant ? On les élude, non pas pudiquement mais sordidement.
On parle d'eux comme des victimes "collatérales", terme on ne peut plus réducteur pour ne pas avoir à asséner à la face de cette société, la vérité, sa responsabilité, car oui, la société aussi est responsable.

Même s'il y a toujours l'idiote ou l'idiot de service pour renâcler lorsque des problèmes dûs à la collatéralité se font jour :
- " Ce n'est pas parce que ton père ou ta mère a bu que tu dois te comporter ainsi, faire de même, ou te droguer autrement... Si tous les gosses de parents alcooliques se comportaient ainsi, on ne serait pas sorti de l'auberge....".

Ben, non, c'est vrai, ils y sont encore souvent à l'auberge à porter les pichets justement, à cacher le déshonneur de la famille, à taire les coups, l'humiliation, les vexations, à tenter de protéger l'adulte, l'autre celui qui ne boit pas, se rendant même complice de l'alcoolique pour éviter les "histoires", parce qu'il est plus facile de faire acheter sa bibine par des enfants que de s'assumer.
Et qu'on ne vienne pas me dire que la loi interdit la vente aux mineurs, quelle abjecte rigolade que cela !

Curieusement, il n'y a jamais de statistiques pour voir comment évoluent les enfants confrontés à ça.
S'ils sont eux-mêmes alccoliques ?
Accro à d'autres drogues ? Délinquants ?
Pourtant, dans les chiffres de cette fameuse délinquance, cela devrait compter et bien compter ? Mais pas touche ! Les chiffres sont les chiffres, du moins ceux que l'on a envie qu'ils soient et on les tripatouille à volonté.

Violence donc, subie et assénée aux autres.

Mais la maladie alcoolique ne se déclare pas un beau matin au réveil comme une fièvre ou des maux de tête (encore que...)

CIRCE



Ben ça, pour une coïncidence !!!

Publié dans culture humaniste

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YannBBlues 26/03/2009 23:23

Bonsoir Bernard...
Et ben voilà,j'ai le dos tourné 5 minutes et c'est la fête à Neuneu...Je vous y prends tous les 2 à conter fleurette...rhaa les jeunes,on ne les tient plus...
Sérieusement,c'est le fruit du hasard qui m'a fait connaitre Dominique...en résumé,Samia a créé sa communauté en voulant que je sois à ses cotés sans que je ne connaisse ce monde des blogs;et de blog en blog,j'ai connu Dominique et ses missions en Afrique;jusqu'au jour où il a annoncé sa mission à M'Bour au Sénégal;et qu'il travaille maintenant avec mon oncle...et là,je me dis que franchement,le monde est petit...en attendant,je réponds à ton tag...
bonne soirée
Yann

Bernard Bonnejean 24/03/2009 14:54

Tu n'as pas répondu à mon dernier message, Dominique. J'en conclus que tu es vraiment parti bosser. J'en reviens pas ! Alors, si je comprends bien, l'Afrique non plus c'est plus ce que c'était. Vous êtes aussi astreints à des horaires. Enfer et damnation !

A propos, si j'ose dire, tu diras au tonton de Yann qu'après enquête sur sa congrégation, je suis heureux comme mille. L'un de mes meilleurs amis, Daniel, est né à... Montfort-sur-Meu !!! Et quand je vais à Lourdes (quand on aura des sous, on y retournera), on y va avec le livret du pèlerinage montfortain !!

Heureux, je te dis !

Préviens Yann, il sera content. Un message de son oncle, ce serait encore mieux ! Il vient presque tous les jours sur mon blog. Toujours pour dire quelque chose de gentil.

P.-S. : Je suis fâché après toutes les discriminations, mais aujourd'hui j'exagère. C'est sainte Gemma qu'il faut lire, sainte Gemma Galgani, une fille superbe, un peu cinglée, qui vivait pour "Jésus seul". J'arrête, sinon ils vont tous ficher le camp !

Bernard

Bernard Bonnejean 24/03/2009 14:01

C'est un type bien, Yann et je l'aime beaucoup.

Il faut que je me renseigne ne sachant pas ce qu'est un Frère de Saint-Gabriel. Est-ce le saint Gabriel italien que saint Gemma voyait en extase ? Si c'est le cas !!!!!!!!!!!!

Dominique Baumont 24/03/2009 13:50

C'est amusant, je viens de voir que vous aviez "Yannblues" en lien. Je l'ai aussi. Le plus drôle c'est qu'il se trouve qu'il est le neveu d'un Frère de Saint-Gabriel avec qui je travaille au Sénégal. Le monde est bien petit ma brave dame...

Bernard Bonnejean 24/03/2009 13:38

Pardon, cher Dominique,

Une erreur classique !!!

Vous connaissez l'histoire de la voyante extralucide ?
Elle reçoit un jeune couple, allergique aux examens prénatals, qui lui demande de déterminer le sexe du bébé à naître. Après des incantations de toutes sortes, elle finit par déclarer :

"Je n'ai pas de certitude. Juste une forte présomption. Ce sera un garçon. Malheureusement, je ne suis qu'à moitié certaine".

De toute façon, j'avais réparé mon erreur, puisqu'en visitant votre blog, j'ai lu, de mes yeux lu : SEXE MASCULIN.

J'y retournerai car les sujets que vous y traitez (notamment l'esclavage) m'intéressent au plus haut point.

Bernard

Dominique Baumont 24/03/2009 12:16

Cher Bernard. Une précision (qui m'importe) je suis un homme et non une femme comme l'un de vos accords le laisse envisager. Par ailleurs à une heure du matin en principe je dors et à 14h, comme je suis en mission au Sénégal, je suis au service des délestages d'électricité. Bien à vous.

Bernard Bonnejean 24/03/2009 12:09

Bonjour Dominique,

Bienvenue dans mon monde ni tout rose ni tout noir.
Je profite de votre visite à vous qui êtes "abonnée" pour m'excuser auprès de ceux et celles qui le sont. Je travaille par strates successives. Michaël m'a dit le mot juste : par "repentirs". Sauf que mon ordinateur ne me permet pas une correction, une suppression, ou un complément, sans un nouvel enregistrement donc l'envoi d'une nouvelle "newsletter" à mes abonnés.

En fait, c'est mieux, parce qu'ainsi vous pouvez suivre les méandres de mon fonctionnement cérébral.

Donc, je vous conseille d'y aller deux fois : la première vers une heure du matin, si vous n'êtes pas couché et la deuxième vers 14 heures le lendemain. N'y allez surtout pas entre deux, sauf si vous voulez relire.

J'espère avoir été clair. Pas sûr, parce que je ne possède pas très bien le vocabulaire des blogs (je n'y suis que depuis décembre dernier).

A bientôt et merci pour votre patience.

Bernard

Dominique Baumont 24/03/2009 11:52

Je découvre votre blog un peu par hasard cher Bernard (je vous appelle par votre prénom, nous sommes né la même année). Je me suis inscrit à votre news letter, et dés que j'ai plus de temps je visite votre blog en profondeur. Amitiés. Dominique