Q uestion d'atmosphère !

Publié le par Bernard Bonnejean


Ah ! si nos politiciens pouvaient encore en avoir une...


Q uoi ? Eh bien une gueule d'atmosphère ! Il me semble qu'on respirerait mieux que dans ce cloaque démentiel dans lequel on nous a tous enfermés depuis que les Bush et les Sarkozy se sont emparés d'un pouvoir que nous leur avons remis, sagement, conformément aux lois du suffrage universel indirect pour l'un, direct pour l'autre.

Comme nous, Français, n'avons plus qu'à attendre notre Obama, pourquoi ne pas en profiter pour nous adonner à l'occupation préférée des anciens nantis : la nostalgie des jours heureux. Il ne s'agit pas de proclamer à la face d'une jeunesse qui a bien plus à se plaindre que nous-mêmes : "C'était le bon temps !". D'une part, parce que pour la plupart d'entre nous, c'est faux. D'autre part, que c'est une sorte de lâche retraite devant l'adversité des temps présents, indigne d'hommes et de femmes d'honneur.

J'ai dit hier à Dame Lepion, ma Marraine de blog avec Dame Catherine, que j'avais toujours eu une tendre dilection pour les Grandes Dames. Depuis j'ai réfléchi. A quoi reconnaît-on une Grande Dame ?

A la richesse, à la diversité et à la pureté de son vocabulaire, et à l'à-propos de son emploi ? Oui, sans doute.

A son élégance, à son style, à son maintien, à sa démarche, à sa "montre" comme aurait dit un "honnête homme" du temps où la parade n'avait rien à voir avec le m'as-tu-vu ?  Ma foi, c'est à peu près certain.

A son prestige, à la noblesse de son nom ? C'est moins sûr.

Il est un mot, tiré du langage ecclésiastique, qui inclut tout cela à la fois. Une Grande Dame doit avoir du charisme.

Attention ! Ce vocable est tellement galvaudé qu'on osera dire sous peu qu'Hitler, Mussolini et Franco étaient des leaders charismatiques.

J'entends par charisme cette lueur diffuse qui émane de tout l'être et qu'on appelait l'aura, qui fait que vous aspirez à ne plus quitter l'âme qui en est pourvue. En fin de compte, je me demande s'il y a une grande différence entre le charisme et un charme assez sensible pour inspirer l'amour.

Yvonne Printemps est une Grande Dame. Je ne surprends personne en vous le disant. Je pourrais fournir une liste attendue de ces actrices contemporaines que chacun d'entre vous aurait à coeur de dresser. Je n'en citerai pas une seule de peur d'en oublier aucune. C'est parce que vous avez aimé Yvonne Printemps, dimanche, que je me permets de faire pour elle une exception.

Mais, vous n'auriez jamais eu l'idée de coucher sur le papier ce nom d'une des actrices que j'admire le plus : Mademoiselle ARLETTY.

Vous êtes surpris, n'est-ce pas ? Vous l'auriez classé parmi les comiques, les goualantes (c'est ainsi qu'on nommait les chanteuses comme Yvette Guilbert, parce qu'elles avaient de la gouaille). Mais une grande dame, Arletty ? La preuve, j'ai déjà supprimé les majuscules. Je maintiens qu'ARLETTY est une grande dame, même si la majuscule ne lui sied guère.

Ne vous en déplaise, l'anecdote suivante, très connue, vous en dira plus long qu'une biographie complète.

Tout le monde sait aujourd'hui que la belle ARLETTY "sortait " avec un Allemand sous l'Occupation. Quelqu'un a dit, je ne sais plus qui, qu'il n'aurait pas fallu les laisser entrer. Des FTP et FFI, probablement assez peu résistants pour oser tondre des femmes, arrêtèrent l'actrice. Elle passa devant une sorte de Conseil ou de Comité comme on en trouve toujours à ces moments-là, des juges qui jugent avant les juges. L'un deux reprocha à ARLETTY d'avoir "couché avec des boches". Ce à quoi elle répondit :


MON COEUR EST FRANCAIS MAIS MON CUL EST INTERNATIONAL
 


"Et c'est pour ça, me direz-vous, que vous dites que c'est une grande dame ?"

Oui, parce que j'ai oublié une vertu essentielle : le courage, qui ne va pas sans franchise.

Alors, Mesdames, s'il vous plaît, restez fidèles si vous voulez, ou si vous pouvez. Il y a parfois du mérite à tenir le cap des conduites bourgeoises. Mais faites-nous vos gueules d'atmosphère. C'est ainsi que nous vous aimons.

Bernard Bonnejean 





Arletty et Louis Jouvet dans Hotel du Nord

Publié dans culture humaniste

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Bernard Bonnejean 10/03/2009 02:02

Vos désirs sont des ordres, ma Reine.

Au diable la dépense ! Je vous en ai fait un double !!

Dame Lepion 10/03/2009 02:00

Bernard, mon filleul en blogosphère, vous eussiez dû écrire en épithète "Quelle grande dame" au sujet d'Arletty (dont la taille en cm n'avait pourtant rien d'exceptionnel). Cela vous eût permis d'introduire un Q majuscule dont elle nous pardonnerait volontiers l'évocation, elle qui revendiquait haut et fort la liberté pour son corps et pour son esprit.

Bernard Bonnejean 10/03/2009 17:58


Ma reine, Il faut que je vous fasse un aveu. Je fais tout trop vite et votre message, au lieu d'en envoyer une réponse, je l'ai mis à la corbeille. Heureusement, la seconde fenêtre ouverte
contenait ledit commentaire, que j'ai copié et collé. Seulement les mauvais esprits pourraient croire à une supercherie car s'ils veulent savoir qui est Dame Lepion, ils tomberont sur Bernard
Bonnejean. Si vous n'avez pas compris, ce n'est pas grave. L'essentiel est que tous sachent que ce qui est signé de Dame Lepion est réellement de Dame Lepion et ce qui est signé Bernard Bonnejean
est de Bernard Bonnejean