Pour Dame Catherine

Publié le par Bernard Bonnejean

 
Histoire de causer

Là vous allez dire que j'exagère. Voilà un type qu'on connaît même pas et qui, soi-disant, va nous raconter sa vie. Et puis, pof !, d'un seul coup : double interlude. Sans le petit train rébus, mais quand même ! Faut que je vous explique. Je connais une Dame, une vraie, qui m'a fait l'honneur de me suivre à travers les mille vicissitudes de mes débuts blogueurs. Pas un mot de trop ! Rien que de la sollicitude ! Sauf que la religion, elle aime pas trop. Mais elle est assez sage pour ne pas essayer d'en dégoûter autrui. "Autrui", c'est moi ; les méchants sartriens n'oseront pas  ajouter ici que l'enfer c'est les autres. D'une part, parce que ce n'est pas toujours vrai et d'autre part, que, finalement, on peut s'entendre sur l'essentiel, même si on se tape dessus à propos de l'accessoire.

Je cause, je cause, et j'explique rien. La Dame, dont je parle, et qui n'est pas mienne, elle cause plus sur mon blog, parce que je parle trop de religion. Du coup, je crois bien qu'elle est partie pour de bon. Non, je vous parle pas de ma Marraine de blog, Dame Lepion ; celle dont c'est que je cause s'appelle Dame Catherine. Elle est balgentienne. Mais non, elle est pas malade ! Balgentienne, c'est pas une maladie ! Ca veut dire habitante de (n'avez qu'à ouvrir vos dicos, mince alors !). Dame Catherine, outre qu'elle a un fameux coup de crayon, aime bien les poètes et pas seulement les morts des bibliothèques municipales. Et, comme elle aime bien les gens en général, elle est assez fine pour goûter les plaisirs futiles et parmi eux, celui de parler pour ne rien dire. Attention : j'ai pas dit qu'elle aimait parler pour ne rien dire ; j'ai dit qu'elle aimait les blogs où on essayait de mettre tout son coeur à ne rien dire de vraiment important.

C'était mon premier projet de premier blog personnel. J'ai pas pu ! Fastoche pourtant, vous allez arguer ! Que dalle, que je vous répondrai ! C'est parce que vous n'avez pas fréquenté les réunions mondaines chez les demoiselles bien éducaillées, petits gâteaux, thé sans sucre, et, pas de thème prédéfini de conversation sauf ceux à ne pas aborder : la politique, l'argent, le cinoche (elles n'y vont jamais), le vrai monde du vrai travail, le monde réel, quoi ! Causer sécu ou salaire, c'est pire que de montrer son derrière  !  Alors, vous passez le plus clair de votre temps à cogiter sur d'obsédents "Que dire ? Mon Dieu, que dire ?" Y'a vraiment que chez Proust qu'on s'en tire pas trop mal à ce petit jeu-là. Encore que les Verdurin...

Afin de faire plaisir à Dame Catherine, et de parfaire une éducation de vous tous que je suppose prolétaires issus de prolétaires, je vais vous donner un exemple, vécu ! (vous en avez de la chance !), dans un milieu proche du vôtre pour vous aider à progresser rapidement (ça c'est du jargon de vrai pédago-démago-populiste ! les gens honnêtes savent bien que le progrès qui dure, ça prend du temps et de la volonté à mettre en place). Ce sera un texte sans titre, puisque ça cause de rien de vraiment important en particulier. La dédicace s'y substituera, en hommage



A Dame Catherine

« Oh ! qu'il est gentil le chien ! Il a soif le chien ? Il a faim ? Ah non, il a reniflé le sucre, le mignon petit chien ! Comment il s'appelait le chien-chien ?

-- Duclos », (véridique), « couché, Duclos, je t'ai déjà dit de ne pas embêter les clients ! Janine, combien de fois faudra-t-il vous dire que le chien n'a rien à faire en salle ? Appelez-le !

 -- Duclos, viens ici mon chien !

 -- Wouf !

--  Ah ça, on peut pas dire qu'il obéisse bien ! Venez le chercher, Janine, et fermez la porte derrière vous !!

-- Mais il ne me gêne pas du tout, patron. Tu veux un sucre, Duclos ?
 
-- C'est ça ! C'est vous qui allez lui soigner les yeux, peut-être ? Il est bouffé par le diabète à cause que les clients lui refilent tout ce qu'ils veulent pas. Ja-ni-ne !!!!

-- Oui, oui ! Je peux pas être partout à la fois quand même !

-- Alors, je peux lui donner ou pas, le sucre ? Il a une façon de me regarder, votre chien. Il va pas me bouffer, non plus ?

-- Vous n'avez qu'à l'envoyer balader. Il a l'habitude.

-- Ben, il est gros votre chien. Et puis moi je le connais pas.

-- Vous avez peur des chiens ?

 -- Non, mais... C'est quelle race, ça ?

 -- Un croisement de Terre-Neuve et de bâtard qui passait par là. Mais n'ayez pas peur ! Un chien sent quand on a peur. C'est là qu'il devient agressif.

-- Ah ? C'est quoi la grosse boule qu'il a au derrière ?

-- Bof ! Un bobo ou peut-être une tumeur quelconque.

--  Et vous ne l'avez pas conduit chez le vétérinaire ?!

-- Vous savez combien ça coûte les vétos ? Des escrocs ! Et puis avec le commerce, on a pas trop de temps à perdre. Duclos, laisse la dame tranquille ! N'ayez pas peur, madame. Faites  pas attention à lui. Si vous bougez pas, il ne vous fera rien !

 -- Wouf !

--  Vous pouvez lui caresser la tête entre les oreilles, il adore ça.

-- Allez, viens mon pataud, viens avec Janine. Les messieurs-dames, ils n'aiment pas les chiens. Viens ma pauvre bête !

--- Wouf  !

--- Dis donc, tu iras te laver les mains ! On n'a pas idée de caresser des chiens malades !! Surtout quand on ne connaît pas. Tu payes et puis on s'en va ! Tu en mets du temps à boire un café ! Tu as vu ses yeux et ses oreilles, au chien ? Il est certainement plus méchant que ne veut bien le dire le patron. Et puis ce n'est pas normal. Les restaurants devraient être interdits aux chiens !

-- De toute façon, tu n'as jamais aimé les animaux.
 
-- Des comme ça, sûrement pas !! Tu verras un jour, à caresser n'importe quoi...

-- Patron, l'addition, s'il vous plaît.

-- Tout de suite ! Alors il est beau mon chien, hein ? Au revoir, M'sieur-Dame. Attention au chien en ouvrant la porte, qu'il s'échappe pas ! Ja-ni-ne ! »


(Paru pour la première fois, le 3 juillet 2001, dans usenet fr.lettres.langue.francaise, du temps des forums où les intellectuels ne se prenaient pas au sérieux, sauf peut-être les vrais, et encore !).


Je vous entends d'ici ceux du fond de la classe. "Pourquoi il a mis ça dans la communauté de la gentille Samia, dédiée à la poésie ?" Tout bêtement parce que ça en est, de la poésie, celle de tous les jours, celle que tout le monde écrit sur le grand livre sans le savoir. D'autres, ceux que j'aime le plus, diront : "Mais ça nous apprend rien !". Et là, tout honteux, je serai bien obligé de leur dire qu'ils ont raison. Mais, t'es jeune, toi qu'es venu pour apprendre. Comme disait Saint Bernard : avant d'essayer de comprendre les autres, donc de comprendre les choses, il faut essayer de se connaître soi-même et de s'aimer tel qu'on est. C'est bien ça qu'est le plus difficile ! Je vous promets, à tous les déçus, qu'il y en aura pour tout le monde sur mon blog. Je sais aussi être sérieux en cas de nécessité. Je vous aime déjà bien tous et toutes. C'est quand même bien l'essentiel. A bientôt.

Publié dans poésie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

YannBBlues 03/03/2009 19:03

Bonsoir Bernard...
Pour aller sur le forum,il faut juste que tu cliques sur l'avatar (Samia en papillon)de la communauté de l'île des poètes immortelles,dans ton module "communautés"...ensuite tu arrives sur le portail de la communauté où sont inscrits les derniers sujets du forum de la communauté...et tu n'as plus qu'à cliquer sur le sujet de ton choix et participer...voili voilou...bonne continuation...
bonne soirée
Yann

Samia Nasr 01/03/2009 03:20

Bonsoir Bernard, histoire pour causer, tu en a fait tout une histoire de causerie, mais j'aime ton humour, je n'ai pas eu l'occasion de lire tes articles avant car je me suis absentée toute une semaine, une question de me reposer car j'ai commencé à abuser mes yeux et ma santé en restant à côté du pc, et puis je dois penser à faire au moins un rêve que je n'ai pas encore réaliser, finir mon roman, je l'ai déjà écrit mais il manque beaucoup de chose, je veux qu'il soit le premier et que je peux aimer et que mes lecteurs peuvent l'aimer aussi.
Bonne nuit, c'est un grand plaisir de lire tes articles, je reviendrais quand je peux, bises

Bernard Bonnejean 01/03/2009 23:41


Samia, je viens de faire une grosse faute. Je t'ai répondu à ton commentaire et au lieu de cliquer sur "valider" j'ai cliqué sur "mettre le commentaire à la poubelle".

Je te disais juste que je t'ai attendue pour me dire comment faire pour aller sur ton forum "présentation" des membres des poètes immortels. Tu peux revenir demain ? Sinon, préviens-moi.


Dame Catherine 28/02/2009 20:36

Bien sûr, je reviendrai. Je viens régulièrement, en fait, même si je ne me manifeste pas.

Bernard Bonnejean 28/02/2009 19:33

Dame Catherine,

Si vous saviez ce que votre petite visite me fait plaisir !

Je ne ferai pas semblant de ne pas la goûter à sa juste valeur.

Le risque est que "ma clientèle", (salut les gars, salut les filles), déserte pour aller sur votre blog que, malgré tout, je leur recommande. (Mais vous revenez, hein ? Sinon, je vais vous chercher !)

Dame Catherine 28/02/2009 18:57

Je confuse un max, Compère Bernard ! M'attendais pas à ça. C'est drôlement gentil de votre part. Merci.
C'est vrai, j'aime bien aller au fil de l'eau de mes pensées. Par exemple :
http://www.lirecreer.org/biblioparents/chroniques/moi_m_en_fous/index.html

Ne croyez pas, mon ami, que j'aie déserté votre blog. Quelquefois l'eau du fil des pensées est canalisée sur autre chose. Il y a des crues et des sécheresses involontaires.