Cadeau de poète (1) : bienvenue chez moi.

Publié le par Bernard Bonnejean


Un oiseau compliqué

  vendredi 30 janvier 2009

 

 

Il n'y a pas si longtemps, ce devait être au printemps 2008 si mes souvenirs sont bons, vous m'avez invité, cher Olivier, à une soirée lyrique pour écouter un poète de vos amis. Vous agissiez ainsi en tant que conservateur des médiathèques de Laval. Donc, pas de quoi être autrement flatté. Si mes livres sont à la bibliothèque municipale, c'est à Madame Lefeuvre que je le dois, pas à vous, du moins au départ.


Ma première réaction, dois-je l'avouer ?, fut de penser :


"Encore un poète à poésies qui se prend pour un grand. On va s'ennuyer ferme. Mais on ne peut pas toujours refuser".


Un poète à poésies, une expression de Verlaine qui s'y connaissait, c'est tout sauf un poète : juste un faiseur de vers à cent balles, dont le seul souci est de savoir compter jusqu'à douze (car ils ont tous une prédilection pour l'alexandrin) et de faire rimer des mots.


Or, j'ai été enthousiasmé par l'invité ; je vous le dis seulement aujourd'hui. Il nous a parlé d'amour et de l'art d'être grand-père. Et ça ne rimait pas forcément. C'était vrai et beau, simplement, comme tout art véritable.


Puis, on a discuté, Olivier. Et tout à coup, je vous ai demandé, comme ça, mine de rien :


"Puisque vous êtes poète, vous ne pourriez pas préfacer mon prochain bouquin : Le Dur Métier d'apôtres".


J'étais sûr que vous alliez rire aux larmes. "La préface d'un critique de la calotte ? et il me demande ça à moi !"


Eh bien non, Olivier, je me trompais du tout au tout. Vous avez lu mon manuscrit et vous m'avez écrit une belle préface de vrai poète.


Aujourd'hui, en avant-première, je livre à mes amis un petit bout de votre talent à l'occasion de la sortie de votre dernier recueil

 

 

 

Olivier Bourdelier

 

UN OISEAU COMPLIQUÉ

 

 

Collection DOUTE B.A.T.

92 pages

21,5 x 14

ISBN : 978-2-84587-171-7

12 €

 

Société des Editions Tarabuste

Rue du Fort

36170 Saint-Benoît-du-Sault

 

 

Bernard

 

 

 

 

 

 

J'entends la chanson sereine

Du rossignolet joli

(traditionnel)

 

 

 

 

 

 

 

Pas non plus piquer

d'épingle dans l'œil

du chat

 

pas cesser d'

aimer son papa

 

on ne doit pas.

 

--

 

 

 

A ma bouche le mauvais pli des mauvais jours

 

méchant poète qui va pas

jusqu'au bout

 

faire la ronde dans la cour

aux assassins le promenoir

des lunatiques.

 

 

 


Carcasse la

maison des 18 douleurs

 

ma merde au cul la boule à l'aine

un poisson crevé dans le ventre

mon poumon mou pour les matous

 

une neige et la ville est

neuve mais nos vies.

 

 

---

 

 

 

Mon père avait la main sure

pour attraper dans son nid

l'essaim des frelons

 

le feu sait manger ça

 

alors les soirs d'été

se déployaient sans menace.

 

 

---

 

 

 

Ah mâcher l'amande amère ah

trousser la chanson facile

 

oh boire mais

au fond du puits

pourrit l'enfant.

 

Olivier BOURDELIER

Publié dans poésie

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Bernard Bonnejean 31/01/2009 09:54

Merci, Madame Lepion, d'être venue jusqu'ici pour me dire bonjour.

Je vous confère le titre très envié de "Marraine de blog".

Amicalement

dame Lepion 30/01/2009 19:38

Bonsoir Bernard,
Merci d'accueillir doucement les "petits enfants" dont je suis encore. Et merci pour la poésie, Léo aurait aimé. Bonne continuation...