11 avril 2011 : loi sur le voile

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Célébrons poétiquement

 

la victoire de la laïcité !

 

 

À celle qui est voilée

Tu me parles du fond d'un rêve

Comme une âme parle aux vivants.

 Comme l'écume de la grève, 

 Ta robe flotte dans les vents.

 

 

 

femme 1

 

 

 

Je suis l'algue des flots sans nombre, 

 Le captif du destin vainqueur ;

 Je suis celui que toute l'ombre 

Couvre sans éteindre son cœur.

 

 

 

Mon esprit ressemble à cette île, 

 Et mon sort à cet océan ; 

 Et je suis l'habitant tranquille 

De la foudre et de l'ouragan.

 

 

femme 2

 

 

 

Je suis le proscrit qui se voile,

 Qui songe, et chante, loin du bruit,

 Avec la chouette et l'étoile, 

 La sombre chanson de la nuit.

 

 

 

Toi, n'es-tu pas, comme moi-même, 

 Flambeau dans ce monde âpre et vil, 

 Ame, c'est-à-dire problème, 

 Et femme, c'est-à-dire exil ?

 

 

femme 3

 

 

 

Sors du nuage, ombre charmante. 

 O fantôme, laisse-toi voir ! 

Sois un phare dans ma tourmente,

Sois un regard dans mon ciel noir !

 

 

 

Cherche-moi parmi les mouettes ! 

Dresse un rayon sur mon récif, 

Et, dans mes profondeurs muettes, 

La blancheur de l'ange pensif !

 

 

femme 4

 

 

 

Sois l'aile qui passe et se mêle 

Aux grandes vagues en courroux. 

Oh, viens ! tu dois être bien belle,

Car ton chant lointain est bien doux ;

 

 

 

Car la nuit engendre l'aurore ; 

C'est peut-être une loi des cieux 

Que mon noir destin fasse éclore

Ton sourire mystérieux !

 

femmes 5 

 


 

 

 

Dans ce ténébreux monde où j'erre, 

Nous devons nous apercevoir, 

Toi, toute faite de lumière, 

Moi, tout composé de devoir !

 

 

 

Tu me dis de loin que tu m'aimes, 

Et que, la nuit, à l'horizon,

Tu viens voir sur les grèves blêmes

Le spectre blanc de ma maison.

 

femme 10


 

 

 

Là, méditant sous le grand dôme,

Près du flot sans trêve agité,

Surprise de trouver l'atome

Ressemblant à l'immensité,

 

 

 

Tu compares, sans me connaître,

L'onde à l'homme, l'ombre au banni, 

Ma lampe étoilant ma fenêtre 

A l'astre étoilant l'infini !

 

femme 8


 

 

 

Parfois, comme au fond d'une tombe, 

Je te sens sur mon front fatal, 

Bouche de l'Inconnu d'où tombe

Le pur baiser de l'Idéal.

 

 

 

A ton souffle, vers Dieu poussées,

Je sens en moi, douce frayeur,

Frissonner toutes mes pensées, 

Feuilles de l'arbre intérieur.

 


 

femme 7

 

 

 

Viens ! viens dans ma brume hagarde,

Où naît la foi, d'où l'esprit sort,

Où confusément je regarde 

Les formes obscures du sort.

 

 

 

Tout s'éclaire aux lueurs funèbres ;

Dieu, pour le penseur attristé, 

Ouvre toujours dans les ténèbres

De brusques gouffres de clarté.

 

 

femme 12

 

Avant d'être sur cette terre, 

Je sens que jadis j'ai plané ;

J'étais l'archange solitaire, 

Et mon malheur, c'est d'être né.

 

 

 

Sur mon âme, qui fut colombe,

Viens, toi qui des cieux as le sceau.

Quelquefois une plume tombe 

Sur le cadavre d'un oiseau.

 

 

femme 14


 

 

 

Oui, mon malheur irréparable, 

C'est de pendre aux deux éléments,

C'est d'avoir en moi, misérable, 

De la fange et des firmaments !

 

 

 

Hélas ! hélas ! c'est d'être un homme ; 

C'est de songer que j'étais beau, 

D'ignorer comment je me nomme, 

D'être un ciel et d'être un tombeau !

 

 

femme 11

 

 

 

C'est d'être un forçat qui promène

Son vil labeur sous le ciel bleu ;

C'est de porter la hotte humaine

Où j'avais vos ailes, mon Dieu !

 

 

 

C'est de traîner de la matière ;

C'est d'être plein, moi, fils du jour, 

De la terre du cimetière, 

Même quand je m'écrie : Amour !

 

 

 

 

 

الحق قلبك عشان وجهك يلمع طول حياتك

 

 antist.jpg

VICTOR HUGO

Publié dans vie en société

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Samia Lamine. 13/04/2011 23:06


Bonsoir.
J'allais juste passer pour te saluer. Voilà que je trouve devant ce superbe poème et de très belles femmes voilées.

Moi, je ne me voile pas mais je suis pour la liberté individuelle. Donc, je tolère que l'individu s'habille comme il veut.

Tu sais, je t'en veux... Tu ne m'as pas félicité pour notre révolution! :)

Bonne soirée.


Bernard Bonnejean 15/04/2011 11:51



Oh ! Samia ! Quelle injustice !!!


Et qui, s'il te plaît, a écrit sur ton mur ou sur le mien :


"Vive le peuple libre" !!


Mais peut-être n'as-tu pas compris qui il fallait entendre par "le peuple libre" ? 


Bises, Samia, si ton mari me le permet.


 



lyneEve 13/04/2011 21:55


Une religieuse ou autre , ne se couvre pas le visage, c'est ça qui me dérange....Elles sont très belles c'est certain, mais je ne peux discuter avec quelqu'un qui est caché derrière une cagoule, un
masque ou une ninja, c'est ainsi pour moi..je sais très bien qu'il en est pas de même pour tout le monde, je ne parle que de mon ressentie très personnel


Bernard Bonnejean 15/04/2011 12:00



LYneVe,


Tu sais bien, comme moi, que cette histoire de voile, comme le débat sur la laïcité, comme l'essai capoté sur l' "identité nationale" [quel culot de la part d'un petit fils de Hongrois émigré !]
etc. appartient au même principe : protéger notre pays des "intégristes" musulmans. Je connais parfaitement la Seine-Saint-Denis et le monde musulman de France. Je n'y ai jamais rencontré d'
"intégristes" !! En revanche, je n'ai pas menti. Ma petite bonne femme voilée de pied en cap qui se promène avec ses mômes au milieu des HLM existe bel et bien. Je ne la verrai plus à cause d'un
ramassis de faux-jetons un peu bégueules ??? Je m'insurge non contre une droite qui veut récupérer les voix de leurs semblables lepénistes, mais contre cette fausse laïcité, y compris de gauche,
qui m'inquiète de plus en plus !!!


Gros bisous, LYneVe, même si nous n'avons pas toujours la même façon de voir les choses.


Bernard



lYneve 12/04/2011 22:50


Je trouve très féminin le voila, par contre je suis contre l'enfermement des femmes et donc contre la burka..j'aime à croiser le visage des gens


Bernard Bonnejean 13/04/2011 11:55



Contre l'enfermement des femmes ? Soit ! Si vous croisez une religieuse bénédictine ou une petite servante des Pauvres dans la rue, vous allez la plaindre ? ou vous allez porter plainte ? 


Ce gouvernement de pleutres a joué avec un vocabulaire que personne chez les non-musulmans ne connaît. A ma connaissance, chère LYneVe, il n'y a jamais eu de "burka" en France. Le "nijab" n'est
pas une "burka".


Je profite de l'occasion pour exprimer toute ma chaleureuse amitié à la jeune femme voilée tout en noir de Seine-Saint-Denis qui vient régulièrement sonner à la porte, la seule ou presque,
demander des nouvelles de Momo, avec ses deux très belles petites filles. Je puis vous dire à tous que malgré son voile (un mot qui veut tout dire, donc ne rien dire du tout) cette jeune
musulmane d'origine ivoirienne est d'une intelligence supérieure et d'une réelle beauté. 


Bisous LYneVe, 


Ton ami BYrd.