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LES FUMISTES D'ALLAH

Publié le par Bernard Bonnejean

AVANT PROPOS

Cet article, je l'ai écrit en mai 2014 et je n'ai jamais osé le publier. Sa férocité était à la hauteur, du moins le croyais-je, de l'énormité des événements de ce temps-là. Après l'avoir lu quelque temps plus tard, je me suis abstenu. Aujourd'hui, après l'année 2015, je le publie, regrettant de ne pas l'avoir publié avant.

LES FUMISTES D’ALLAH

Quels cons ! Mais quels cons !

Allah lui-même doit attendre patiemment que vous creviez de vos âneries malfaisantes ! Mais comment peut-on seulement faire semblant de croire à vos inepties de déments pervers ? Quel monstre d’inhumanité vous a prédestinés à vivre ? Quel autre à être aussi cons ? Dieu ? C’est vous qui blasphémez, là ! Croire que Dieu a voulu votre naissance c’est le croire aussi bête que vous. Croire en Dieu c’est avant tout croire qu’il n’est pour rien dans vos simagrées d’abrutis sauvages, que vous êtes aussi éloignés de lui que vous êtes proches du diable, votre véritable géniteur, que vous êtes voués à l’enfer éternel et à l’éternelle damnation si vous ne changez radicalement ! Certes, je crois à l’inépuisable miséricorde de Dieu. Mais pour ce qui concerne les gens de votre espèce, il me semble qu’il doit avoir du mal… Que dites-vous ? Vous ne supportez pas qu’un blanc catholique insulte ainsi des musulmans ? Mais pour moi vous êtes des porcs sans foi ni loi. Certainement pas musulmans comme mes amis parmi lesquels je ne vous range pas pour ne pas offenser leur nom d’hommes. Chacun de vous est une insulte à Dieu, une insulte à sa Création, une insulte à ses créatures.

Mais vous, chers amis, vous m’objecterez que ces monstres paraissent tellement monstrueux qu’ils ne peuvent pas être si monstrueux que ça. C’est exactement ce que je me disais en regardant « Le Boucher » de Claude Chabrol. Voilà un monstre, fils d’un boucher monstrueux, qui après quinze ans d’armée en Indochine et en Algérie, où il a vu et commis des actes monstrueux, revient s’installer au village. Chabrol a eu l’intelligence de choisir Jean Yanne pour incarner l’ignoble boucher. Stéphane Audran, elle, campe la directrice de l’école communale. Elle est vive, intelligente, équilibrée, mais après un chagrin d’amour elle a décidé de vouer sa vie à des enfants qui ne seraient pas les siens. Le boucher, célibataire, aurait donc bien voulu courtiser Mam’zelle Hélène, la directrice engagée à la solitude chaste. Il la fréquente, certes, lui fait des cadeaux, accepte les siens, l’aide à préparer les fêtes de fin d’année, participe aux sorties avec les enfants, dîne chez elle… Rien de plus. En échange, elle se contente d’accepter les gigots saignants du boucher…

La jeune mariée de l’instituteur adjoint est assassinée ! « Ah ! me suis-je dit, sacré Chabrol ! Il ne va quand même pas nous mettre sur la piste du boucher ! » Il y a bien le métèque de service, celui qui chantait à la noce et qui pelotait ses cavalières, leur volant des baisers à bouche que veux-tu. Et l’adjoint ? le mari ? Pas clair l’adjoint ! Le flic d’ailleurs le suggère, comme ça, mine de rien, en revenant du cimetière. Mais tout de même, le boucher !... Il s’appelle Popaul, le boucher ! Popaul, curieux surnom pour un boucher qui revient de près de quinze ans à faire couler le sang ou à le regarder couler ! C’est du moins ce qu’il prétend. Il a le goût du sang dont il dit qu’il a toujours la même odeur, partout, même s’il change de couleur et de force. Au cours d’une sortie avec les enfants, Hélène se retrouve sur les lieux d’un deuxième meurtre. Il s’en est fallu de peu que ses élèves et elle y assistent. Une très jeune fille ! On n’en saura pas plus. Elle découvre près du cadavre dégoulinant de sang le briquet qu’elle avait offert peu de temps avant au boucher pour son anniversaire. Ce serait donc ce monstre patenté, presque officiel, l’auteur des crimes monstrueux ? Allons, Chabrol, tu nous abuses avec la réputation de Jean Yanne ! Mais où était donc Popaul ? À Périgueux, dira-t-il, la ville d’à-côté, et d’ailleurs on apprendra plus tard qu’un meurtre a aussi eu lieu à Bergerac… Bergerac, Périgueux, pour un Parisien… Alors, le monstrueux boucher Popaul, amoureux de Mamzelle Hélène ?

Pourtant, il avait l’air comme tout le monde, Popaul. Il était bon en histoire et en français à l’école mais détestait les problèmes de trains qui se croisent et de robinets qui fuient. Et Chabrol en profite pour nous donner un de ces problèmes des écoles primaires d’antan, véritables tortures pour cerveaux en formation. Le voici, tel qu’il est énoncé par un jeune garçon, Charles, élève et protégé de l’institutrice, à l’attention de Popaul qui repeint le plafond d’Hélène en son absence :

« Un train part d’Orléans à 14 h 37 à une moyenne de 104 km/h pendant les 50 premiers kilomètres puis à 110 km/h pendant le reste du trajet. Un autre train part de Toulouse à 14 h 43. Il roule à 65 km/h pendant les 80 premiers kilomètres et à 106 km/h après. Les deux trains se croisent à 17 h 45. Quelle est la distance entre Orléans et Toulouse ? »

Et juste le temps de l’énoncé du problème, Monsieur Tomba (l’unique fois que Popaul est appelé par son nom de famille – et quel nom !), fait tomber de la peinture rouge qui dégouline sur le tapis et retrouve son briquet caché dans un meuble. Grâce à qui ? Au gamin des trains qui l’aide de ses conseils à effacer la tache ! On retrouve Chabrol, là : qui est le tortionnaire, la victime, l’initiateur, le complice ? Ne répondez pas trop vite. Résolvez d’abord le problème de trains et vous verrez après. Il y a du Ionesco chez ce Chabrol-là. Chez le Roumain le prof était le violeur, le sadique pervers lui qui, aussi, tourmentait les jeunes cerveaux avant de les réduire, de les anéantir. Il est assez symptomatique que « La Leçon » commence par une leçon d’arithmétique… C’est par un problème d’arithmétique que se dénoue l’intrigue du film. Je crois franchement que Chabrol s’est souvenu de Ionesco pour cette histoire de trains et d’institutrice.

Pourquoi donc Hélène David – elle porte ce nom-là, pourquoi ? – pourquoi n’est-elle pas allée témoigner à la gendarmerie après la découverte du briquet ? Quel rôle joue donc Mamzelle Hélène dans la perpétration des trois crimes ? Le fait est que c’est elle qui initie son jeune élève – elle lui donne la permission, sur la demande de sa mère, de boire une goutte de champagne ; la mère consent ainsi à se déposséder de sa fonction ; elle protège, ouvertement ou non, son ami qu’elle soupçonne d’assassinat par son silence ; quant à la scène finale… Sans vouloir la déflorer, il est évident que la demoiselle institutrice y apparaît dans toute son ambiguïté.

Est-ce à dire que le monstre n’était pas monstrueux ? Sans doute que si, mais il avait des complices parmi les gens les mieux placés et les mieux considérés de la commune. Le mot « complices » est peut-être trop fort. Disons des « témoins actifs ». Mieux encore « des témoins que la passivité consciente et volontaire rend complices ».

Et j’en reviens aux salauds du début de cet article. Ils pillent, violent, volent et réduisent en esclavage de jeunes lycéennes qu’ils vont vendre. Un journaliste ce matin affirmait qu’ils se livraient à des massacres. Au nom d’Allah et de l’Islam ! Mais de quel Allah et de quel Islam peuvent-ils se réclamer, ces abrutis incultes ? Ont-ils lu le Coran une seule fois dans leur vie ? Dans quel sourate ont-ils appris qu’il fallait soumettre leurs jeunes sœurs jusqu’à leur interdire l’instruction qu’ils n’ont sûrement pas ? Savent-ils, ces barbus de l’intelligence et de l’âme, ce qu’on fait aux femmes esclaves ? Sont-ils assez cons pour croire que leur nouveau maître va veiller sur leur éducation et sur leur vertu ? Ces ânes bâtés ne mériteraient rien d’autre que le mépris dont ils sont la cible internationale si l’on pouvait croire sincère une telle stupidité, une telle naïveté. Mais à supposer déjà réalisées les abominations que ces soudards peuvent faire subir à leurs jeunes victimes, il est impossible de les juger autrement dignes que de la peine de mort.

Qu’ils meurent, ces bâtards de l’humanité, ces tartufes d’un livre luciférien qui n’est sûrement pas le Coran ! Ces monstres en apparence le sont effectivement, des bouchers insanes, des incubes ignares dignes de toutes les justices, à commencer par la divine.

Mais une chose m’effraie. L’institutrice de Popaul savait et elle s’est tue. Les autorités islamiques savent et… quel affreux silence, quel odieux silence ! Peut-on parler de solidarité ? Avec des types pareils ? Qui osera leur trouver des circonstances atténuantes ? Ce ne sont pas des égarés, ce ne sont pas des malades ! seulement des bandits abjects qui camouflent leurs crimes sous des considérations doctrinales et morales.

Alors, messieurs les Imams, les Marabouts, les Ulémas, les Ayatollahs que signifie donc votre silence ? Peut-être que quand paraîtront ces lignes, vous l’aurez rompu. Si ce n’est pas le cas, ne venez plus geindre et pleurnicher à cause d’une islamophobie de pacotille que vous aurez grandement contribué à aggraver. Puisse Allah vous souffler la conduite à tenir !

Bernard Bonnejean

Membre actif de l’Association « Vision du monde »

P.-S. : « Votre parrainage donne la chance à G. d’aller à l’école grâce à la construction de nouvelles salles de classe. […] La principale cause de non-scolarisation des filles s’explique par les longues distances à parcourir et le manque de ressources des familles ». Faudra-t-il ajouter que la non-scolarisation des filles est due aussi à une bande de macaques dégénérés dont il faut que l’Afrique se débarrasse au plus vite. S’il arrive quoi que ce soit à nos filleules, croyez, gorets, que je suis prêt à faire le voyage pour vous arracher les couilles ! Au nom du Tout-Puissant !

Publié dans islam

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PATRICIA LEFRANC

Publié le par Bernard Bonnejean

À LIRE ABSOLUMENT

Patricia Lefranc, Vitriolée, Collection « Témoignage et documents », Paris, éd. La Boîte à Pandore, 2014, ISBN 978-2-87557-070-3, 16,90 €.



D’un destin exceptionnellement dramatique, on a coutume de dire qu’il est « zolien ». Affirmer que « c’est du Zola » ressortit la plupart du temps à une méconnaissance du roman naturaliste instauré par le maître de Médan. En réalité, presque tous ses récits sont construits selon une linéarité sans surprise d’après un schéma assez classique tout à fait propre à l’exposition et à l’exploitation littéraire d’une série de causes à effets. Le plus souvent le dénouement est attendu parce qu’expliqué. Il serait presque plus logique de dire que L’Assommoir, pour ne citer que cet exemple, commence au début pour s’achever à la fin. Le romancier devient alors « observateur » avant de devenir « expérimentateur » et son héros est presque toujours un spécimen, un cobaye, un sujet de laboratoire choisi pour ses qualités non pas de prototype mais de stéréotype. Invités à le suivre pas à pas, le lecteur devient laborantin et chercheur. Il lui est pratiquement impossible de dévier d’une trajectoire dessinée à partir des deux principes fondateurs du naturalisme : le poids de l’hérédité et des déterminismes. Gervaise, fille d’alcoolique, est alors le modèle de la femme sans volonté tombée à son tour dans l’alcoolisme puis condamnée à la misère et à la mort. Elle donnera naissance à Nana, qui elle-même tombera dans les mêmes travers. En fait, les grands naturalistes ne nous proposent que la relation d’Une vie, titre choisi par Guy de Maupassant pour la narration de l’existence « d'une femme depuis l'heure où s'éveille son cœur jusqu'à sa mort », selon l’écrivain qui ajoute en sous-titre « ou L’Humble Vérité ». Il ne s’agit plus de paraître vraisemblable, mais de faire aussi vrai que le réel : sans excès, sans emphase, presque sans subjectivité, ce qui ne veut pas dire sans susciter l’émotion du lecteur-témoin. Toute vérité est « humble » car comme l’affirme le sens commun : « Il n’est pas besoin d’en rajouter ».

 



Patricia Lefranc n’a rien ajouté non plus à sa biographie. Ce fût totalement inutile tant les faits rapportés se suffisent à eux-mêmes dans leur horreur. Elle avait pourtant la matière, bien au-delà du suffisant, pour bâtir une fiction, un roman de type zolien. Il aurait été raté parce que très vite jugé invraisemblable. Comment voulez-vous qu’on accorde une foi quelconque à un tel tissu de drames qui se superposent plus qu’ils ne se juxtaposent jusqu’à l’indicible inéluctable ? De cela, si j’étais un scientifique parvenu au recul nécessaire pour juger froidement êtres et événements, je dirais que le livre de Patricia Lefranc constitue l’histoire d’un processus de reconstruction sous la direction du chevalier belge Benoît Lengelé, professeur titulaire de la chaire d'anatomie humaine de l'Université catholique de Louvain, chef du département de morphologie expérimentale ; que cette reconstruction est devenue nécessaire à la suite d’un événement majeur exposé par l’auteur après le récit des causes et des conséquences qui constituent, en quelque sorte, les préliminaires du drame rapportés dans les premiers chapitres du témoignage. Il faudrait avoir un cœur de pierre pour avoir ce recul-là. Ou le sadisme animal de Richard Remes, l’ignoble monstre qui ce jour-là, 1er décembre 2009, vient de déverser le contenu d’une bouteille d’acide sulfurique sur le visage et une partie du corps de Patricia. Trois mois de coma avant un long et douloureux calvaire qui n’en finit pas. Si Remes est condamné à 30 ans par la cour d’assises de Bruxelles en mars 2012, sa victime, elle, est condamnée à la mort sociale. Condamnée aussi, à ne pas pouvoir « réparer des ans l’irréparable outrage », comme a su le faire Jézabel, la mère d’Athalie dans la pièce éponyme de Jean Racine.

 

 

 

Pourquoi est-ce précisément ce songe affreux d’Athalie qui me revient maintenant à la mémoire :



Mais je n’ai plus trouvé qu’un horrible mélange

D’os et de chairs meurtris et traînés dans la fange,

Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux

Que des chiens dévorants se disputaient entre eux ?

 

 

Du coup, penserez-vous, c’est le commentateur qui exagère ! Laissons donc s’exprimer Patricia Lefranc :

 

Je me retrouve, quelques instants plus tard [après l’attentat de Remes], sur le palier situé devant mon appartement. Je n’y suis pas seule car mes voisins m’entourent. Ils viennent d’acheter un chien. Un animal qui me dégoûte radicalement. Outre un physique disproportionné et patibulaire, sa mâchoire est composée de dents de piranhas ! J’ai extrêmement peur et demande à mes voisins de l’éloigner de moi. Plus je crie, plus ce fauve me montre les crocs et m’aboie dessus. Une situation que je ne supporte plus, si bien que je saute dans les bras de mon voisin. Une réaction qui entraîne celle du chien, à savoir me mordre et surtout, me dévorer l’oreille gauche. Tout un symbole.

!
En effet, tout un symbole ! Le chien Remes, manipulateur, dévorateur, accusé par une de ses maîtresses d’avoir tué son bébé le 6 août 1988, une petite fille de 17 mois, Sandra, étouffée ! Jugé bientôt pour tentative d’assassinat ! Si Patricia Lefranc peut prétendre à une réparation après une centaine d’opérations, j’en suis beaucoup moins assuré pour le monstre pervers qui, l’ont souligné le jury et les magistrats, n’a jamais fait preuve de remords, se montrant « froid et inaffectif ». On apprend ainsi que Remes a seulement concédé le regret des « erreurs » passées à l’issue du procès de 2012 !

 

Le poète français Charles Péguy affirmait que « tout est joué quand nous avons douze ans ». C’est dire le poids de l’enfance dans un destin. Il fallait donc bien que Patricia Lefranc commence par tracer cet « énorme trou noir » de son enfance sous la férule d’un « couple de pervers fou ». Victime d’une mère alcoolique qui la déteste, elle n’échappe à l’emprise parentale que pour tomber dans les bras d’un drogué, Auguste, employé de son père blanchi d’une accusation d’inceste sur ses deux filles, demi-sœurs de Patricia. J’arrête là ! Quel destin ! Mais aussi quelle mission, Madame !

 

 

Aujourd’hui vous voilà à la tête de plusieurs combats abordés dans le chapitre 34 de votre livre. Le premier, le plus attendu peut-être, concerne l’incompressibilité des peines pour « les infractions d’une extrême gravité », une mesure doublée d’une autre : l’octroi systématique d’une aide financière aux victimes et à leurs familles, sans plafonnement. Dans votre second combat, vous appelez les autorités belges et européennes à « retirer la vente du vitriol de tous les rayons des commerces de grande distribution », à rendre l’acide sulfurique, le vitriol, plus traçable. Qu’en est-il de ce combat depuis que le secrétaire d’Etat belge Melchior Wathelet avait décidé en janvier 2013 d’en faire « une mesure nationale » ? Surtout depuis que vous avez justement internationalisé vos objectifs ? M’en voudra-t-on beaucoup si je dis que ces missions vous ont été confiées par un décret supérieur ? Qu’elles vous furent imposées, je n’en doute pas un seul instant. A-t-on demandé l’avis de notre héroïne Jeanne d’Arc avant de l’arracher à la paix de Domrémy pour la placer au milieu des batailles avant de lui imposer le bûcher immérité ? Elle avait dix-huit ou dix-neuf ans, notre Jeannette, promise à garder les moutons, à débrouiller la laine pour la mettre en écheveaux, assurer une descendance et tenir une maison. Au lieu de ça… Je sais qu’on m’en voudra beaucoup d’évoquer votre destin sous cet angle. Et pourtant…

Bernard Bonnejean,

Docteur de l’Université de Haute-Bretagne,

Agrégé de Lettres modernes,

Sociétaire de la SGDL


et… admirateur inconditionnel de « Patou »

 

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BONNE ANNÉE 2015

Publié le par Bernard Bonnejean

 

Voilà, c’est fait ! Nous sommes passés à l’impair. Pour les nostalgiques que tenterait le regret du pair, qu’ils pensent à Verlaine :

 

 

De la musique avant toute chose,

Et pour cela préfère l'Impair

Plus vague et plus soluble dans l'air,

Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

 

Et, sacré bon sang !, Dieu sait s’il fut bien lourd et bien pénible ce 2014 ! Ne lui ont manqué aucune obscénité, aucune vilenie, aucune violation à l’honneur minimal, aucun manquement à l'humanité fondamentale, au nom d'Allah et d'un prophète qui, l'un et l'autre, ne trouveraient pas pire s'ils voulaient nous dégoûter à tout jamais de leur existence. Au reste, il faut le dire, le redire et raison garder : tous les catéchismes de toutes les fois proclament que le fondement universel de leur doctrine est l'Amour. Si l'Islam est aujourd'hui réduit au rapt et au viol de jeunes filles pour s'affirmer, au meurtre d'innocents dont la seule faute fut d'être là, au massacre d'enfants dans les villes et les écoles pour assurer son pouvoir et sa suprématie, l'Islam est mort ! Jamais un Etat fort voire tyrannique, jamais un système politique, une théorie philosophique ou religieuse, jamais une saine idéologie qui se sent assez forte pour subsister n'a jamais commis d'Oradour. La barbarie est un aveu d'impuissance et ce signe de faiblesse a toujours signé leur fin. 

 

 

 

L’Islam est mort, dis-je. Mais est-ce l’Islam, ce dépotoir de tous les déserteurs et de tous les vendus d’un monde passé, d’une histoire finie, de ces armées de fortune, conséquences indirectes de victoires et de traités. Qui ne comprendra jamais que les cadres de Daech sont les vaincus sunnites de l’armée de Sadam Hussein qui, restés sans emploi, se sont attachés, contre espèces sonnantes et trébuchantes, à donner dynamisme et efficacité à une armée de substitution ? En effet, évoquer Daech – ou Al-Qaïda, Boko Haram et autres dépendances – c’est convoquer la figure désespérante et honteuse des Grandes compagnies du XIVème siècle ou de ces foules de soudards bestialisés connues sous le nom d’ « Écorcheurs » dans la France du XVème siècle, issues de deux traités de paix, Brétigny et Arras. Aurait-on pu imaginer Daech au service du bien ? Sans doute, pour peu que le bien eût été payé à un prix satisfaisant.

 

 

Quel est l’intérêt de l’Islam, d’Allah dans ce commerce ? Rappelons ce qu’est le mercenaire : « un combattant de métier recruté moyennant finance par un État, une entreprise, un mouvement politique ou toute autre organisation légale ou non, en-dehors du système statutaire de recrutement militaire d'un pays ». En outre, ce combattant doit avoir un « avantage personnel » sous forme de « rémunération nettement supérieure à celle » des homologues de l’armée régulière. Dieu n’a jamais recruté quiconque contre de l’argent. Ce sont là procédés du diable. Alors, l'Islam des Islamistes n'est pas l'Islam et le moins que l'on puisse demander au monde musulman qui n'est pas encore tombé aux mains de cette horde de sauvages sataniques est de nous aider à les éliminer. Ce n'est pas l'Occident contre l'Orient, mais la Civilisation contre la sauvagerie, l'humanité contre la bestialité. 

 

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre ce texte étonnant que Zola écrivit en préface de « Mes Haines » en 1866 :

 

La haine est sainte. Elle est l’indignation des cœurs forts et puissants, le dédain militant de ceux que fâchent la médiocrité et la sottise. Haïr c’est aimer, c’est sentir son âme chaude et généreuse, c’est vivre largement du mépris des choses honteuses et bêtes. La haine soulage, la haine fait justice, la haine grandit.

 

Haïr par amour... Comprenne qui pourra ! Nous reviendrons bientôt sur une notion de "haine" plus académique. 

 

L’Impair se présente donc à nous dans toute sa pureté de nouveau-né. Et Musset a beau dire

 

L'homme est un apprenti, la douleur est son maître, et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert

 

nous laisserons à 2015 le temps de naître, de grandir et de vivre avant de le charger d’afflictions et d’amertume.

 

2015… Un nombre de bon augure, me semble-t-il. Parmi toutes les dates emmagasinées dans nos esprits d’écoliers, une seule a su résister à l’oubli. Imaginez un grand gaillard de 21 ans, successeur d’un roi fils de poète, aussi fine lame que vrai lettré, aussi beau que fort, un prince pour conte de fées, tout juste couronné le 25 janvier. Il a décidé, le bougre, de faire valoir les droits de son épouse Claude sur le Milanais. Il est soutenu par Venise et s’est assuré la neutralité de l’Angleterre et de Charles Quint. La Trémoille et Bayard conduisent les nobles français aidés de gascons, navarrais, allemands, et mercenaires de Pays-Bas. En face, il y a surtout des Suisses, peu motivés à vrai dire à tel point que Bernois, Fribourgeois, Valaisans et Soleurois rentrent chez eux avant de livrer bataille. Et quelle bataille que celle de Marignan 1515 ! Deux jours de combat acharné : les jeudi et vendredi 13 et 14 septembre, le roi François Ier, en personne, à la tête de la cavalerie. Le chevalier Bayard, « sans peur et sans reproche », échappe de justesse à la mort. Le lendemain, après la victoire, il adoubera le roi.

 

Parmi les conséquences multiples de cette victoire, certaines sont encore d’actualité. D’une part, les cantons suisses signent une paix perpétuelle avec la France ; d’autre part, c’est le roi (le président de la République aujourd’hui) qui nomme les évêques confirmés par le pape. Et un certain Léonard de Vinci deviendra le plus français des Italiens et mourra, le 2 mai 1519, sous un toit pentu couvert d’ardoises — un toit "à l’italienne" — du château du Clos Lucé d’Amboise. Giorgio Vasari le fait mourir dans les bras de François Ier. Pourquoi pas ? Il est des légendes qu’il faut perpétuer.

 

En cette année 2015, j’espère qu’on n’oubliera pas de commémorer le 500ème anniversaire de la victoire de Marignan, parce que, à y regarder de près, c’est un peu une victoire universelle malgré les quelque 10 000 Suisses qui y périrent. Combien de leurs descendants ont échappé à la mort violente sur un champ de bataille après la paix perpétuelle de Fribourg du 29 novembre 1516 ? Est-il des défaites bénéfiques comme il existe des victoires à la Pyrrhus ?

 

En 1510, le pape Jules II avait versé une forte somme et une promesse de pensions annuelles aux mercenaires suisses pour qu'ils ouvrent les hostilités contre le roi de France. Aujourd'hui que François 1er est pape (curieux, tout de même !), il s'allie en quelque sorte avec le monde libre et civilisé auquel il n'interdit pas le droit de se défendre. Sans jamais prononcer le mot guerre, il réactualise la notion de guerre juste, laissée dans l'oubli pendant des décennies : 

 

Dans ces cas où il y a une agression injuste, je peux seulement dire qu’il est licite d’arrêter l’agresseur injuste. Je souligne le verbe : arrêter. Je ne dis pas bombarder, faire la guerre, mais l’arrêter. Les moyens par lesquels on peut arrêter, devront être évalués.

 

Le devoir du monde occidental et chrétien, – n’en déplaise aux néo-obscurantistes agnostiques et athées qui font de la lutte antireligieuse leur fonds de commerce –, est avant tout de protéger sa culture et jusqu’à l’existence et à la vie de sa communauté et de ses âmes. Il lui est aussi demandé de défendre les intérêts communs des populations qui lui sont attachées par les convictions, les croyances et les traditions. Il est enfin licite de considérer l’extension de cette assistance à nos frères d’au-delà de nos frontières : pas seulement les chrétiens et yézidis d’Irak qui ont fait la une cette année mais aussi, le saviez-vous, les 1213 chrétiens assassinés en Syrie et les 612 au Nigeria, pour ne parler que de ceux-là.

 

Alors, un jour, et seulement ce jour-là, après que nous serons enfin venus à bout d’une des plus monstrueuses des folies, la haine pourra changer de sens et de destination. Et Zola, sans se contredire, aura pu écrire trente ans après dans le Figaro du 16 mai 1896 :

 

Désarmons nos haines, aimons-nous dans nos villes, aimons-nous par-dessus les frontières, travaillons à fondre les races en une seule famille, enfin heureuse ! Et mettons qu’il faudra des mille ans, mais croyons quand même à la réalisation finale de l’amour, pour commencer du moins à nous aimer aujourd’hui autant que la misère des temps actuels nous le permettra. Et laissons les fous, et laissons les méchants retourner à la barbarie des forêts, ceux qui s’imaginent faire la justice à coups de couteau.

 

Emile Zola adolescent projetait d’être poète à une époque où la poésie était encore un genre noble. Puis, il trouva que l’homme « se ressent trop de la fange, sa mère » et abandonna son projet pour le roman naturaliste. François Ier, le roi de Marignan, lié à un poète resta lui-même poète. Le père de son prédécesseur, Louis XII, était Charles d’Orléans. Pour célébrer la nouvelle année, je vous propose de l’inaugurer avec la poésie de ce prince dont le thème est le temps qui passe :

 

Qui ? Quoy ? comment ? à qui ? pourquoi ?

Passez, presens, ou avenir,

Quant me viennent en souvenir,

Mon cueur en penser n’est pas coy.

Au fort, plus avant que ne doy,

Jamais je ne pense en guerir.

Qui ? quoy ? comment ? à qui ? pourquoi ?

Passez, presens, ou avenir,


On s’en peut rapporter à moy

Qui de vivre ay eu beau loisir,

Pour bien aprendre et retenir,

Assez ay congneu, je m’en croy.

Qui ? Quoy ? comment ? à qui ? pourquoi ?

Passez, presens, ou avenir.

 

Vous aussi, chers amis, ayez en cette belle et bonne année 2015 « beau loisir » de vivre « pour bien apprendre et retenir » ce qu’elle vous offrira d’expérience nouvelle et ce qu’elle assurera d’expérience passée.

 

Bernard Bonnejean

 

 

(Parfois, le passé resurgit miraculeusement sans qu’on l’y invite. J’ai voulu vérifier l’orthographe du poème de Charles d’Orléans et je suis tombé sur la version de Joye, une américaine que j’ai bien connue sur fr.lettres.langue.francaise il y a quelque quinze ans. Elle écrivait ceci : « En cherchant à ré-écrire un rondeau de Charles d'Orléans, je suis tombée sur ce joli "congneu" que j'interprète comme « connu ». Joli, non ? Si quelqu'un voulait bien revoir ma version à moi, je lui serais reconnaissante. Voici la v.o. et ma transcription qui suit chaque strophe ».
Et parce qu’il faut bien que le temps fasse son office, le modérateur du site a ajouté : « Il y a dix ans. Trop ancien pour répondre »

Eh bien, vous vous trompiez ! Bonne année aussi à toutes les Joye).


Et puisqu’il est aussi question de nostalgie, vous lirez avec plaisir ce qui se disait sur les ancêtres de facebook dans les années 2000. Ce seront mes étrennes :

 

https://groups.google.com/forum/#!topic/fr.lettres.langue.francaise/9dhd5FxO7iQ

 

Publié dans Bonne année 2015

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UN GROUPE TOUT À L’HEURE ÉTAIT LÀ...

Publié le par Bernard Bonnejean

UN GROUPE TOUT À L’HEURE ÉTAIT LÀ...

UN GROUPE TOUT À L’HEURE ÉTAIT LÀ...
(dédié à vous tous mes amis qui servez si bien la cause animale)

Un groupe tout à l'heure était là sur la grève,
Regardant quelque chose à terre. - Un chien qui crève !
M'ont crié des enfants ; voilà tout ce que c'est. -
Et j'ai vu sous leurs pieds un vieux chien qui gisait.
L'océan lui jetait l'écume de ses lames.
- Voilà trois jours qu'il est ainsi, disaient des femmes,
On a beau lui parler, il n'ouvre pas les yeux.
- Son maître est un marin absent, disait un vieux.
Un pilote, passant la tête à sa fenêtre,
A repris : - Ce chien meurt de ne plus voir son maître.
Justement le bateau vient d'entrer dans le port ;
Le maître va venir, mais le chien sera mort. -
Je me suis arrêté près de la triste bête,
Qui, sourde, ne bougeant ni le corps ni la tête,
Les yeux fermés, semblait morte sur le pavé.
Comme le soir tombait, le maître est arrivé,
Vieux lui-même ; et, hâtant son pas que l'âge casse,
A murmuré le nom de son chien à voix basse.
Alors, rouvrant ses yeux pleins d'ombre, exténué,
Le chien a regardé son maître, a remué
Une dernière fois sa pauvre vieille queue,
Puis est mort. C'était l'heure où, sous la voûte bleue,
Comme un flambeau qui sort d'un gouffre, Vénus luit ;
Et j'ai dit : D'où vient l'astre ? où va le chien ? ô nuit !

Victor HUGO, "Les Quatre Vents de l'Esprit",
"Le Livre Lyrique", 12 juillet 1855.

La scène se déroule problablement à Jersey, lors de l'exil (photo).
Victor Hugo aimait les "frères inférieurs" auxquels, comme ici, il a consacré quelques belles pièces.

BONNE JOURNÉE !
Bernard Bonnejean

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« Veni, Vidi, Vichy »

Philippe Pétain

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« Purée ! »

Antoine Parmentier


(illustré par Christine Sanitas)

El canto de esta gallo es unico jajaja OMG !

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VENI, VIDI, VIXI

Publié le par Bernard Bonnejean

VENI, VIDI, VIXI

VENI, VIDI, VIXI

J'ai fait ce que j'ai pu ; j'ai servi, j'ai veillé,
Et j'ai vu bien souvent qu'on riait de ma peine.
Je me suis étonné d'être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.

Dans ce bagne terrestre où ne s'ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J'ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.

Maintenant, mon regard ne s'ouvre qu'à demi ;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;
Je suis plein de stupeur et d'ennui, comme un homme
Qui se lève avant l'aube et qui n'a pas dormi.

Victor Hugo, "Les Contemplations"

BONNE JOURNÉE ET À CE SOIR !

Bernard Bonnejean

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Bernard a débloqué ce quartier : White Peaks !

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Bernard a débloqué ce quartier : White Peaks !

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LAMENTABLE

Publié le par Bernard Bonnejean

LAMENTABLE

LAMENTABLE

De Gaulle avait coutume de se plaindre des Français. Peut-être parce que les aimant il exigeait d’eux plus qu’ils n’étaient capables de fournir. Dans ses "Maximes et Pensées", Chamfort a fort bien dit que la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a. Or, dans le trousseau de Marianne, on n’a jamais pu trouver la discipline et la déférence. C’est ainsi et avant de se lancer dans une carrière politique hexagonale il vaut mieux tenir compte de ce paramètre.

Parmi les griefs du général il y avait le fait que la France, pensait-il, est ingouvernable. Il l’expliquait avec humour par la variété de ses fromages. Mais on aura beau jeu de souligner que le même qui s'est écrié : « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe plus de 300 sortes de fromages ? » a déclaré par ailleurs : « Un pays qui produit plus de 365 sortes de fromages ne peut pas perdre la guerre », du moins si l'on en croit Abdelkader Amiri. Finalement, ce pays qui s'enorgueillit de produire une si grande variété ne saurait se satisfaire d'une technique unique de fabrication, si parfaite soit-elle, applicable à tous. Autrement dit, deux têtes valent mieux qu'une et quelques dizaines de millions mieux que deux.

Soyons honnêtes : le Français a hérité du caractère gaulois une surprenante allergie à tout ce qui est de l’ordre de la règle commune. Sur le plan militaire, César a bien compris que le désordre, l'indiscipline et la désunion ont été causes que nous ne sommes plus gaulois, si j'ose dire. Chez nous, l’individualisme est si fort que toute loi ne peut apparaître que comme une source de coercitions, une atteinte à la liberté individuelle.

Mais j’avoue que nous avons atteint aujourd'hui la limite de l’absurde. Ce pays est vraiment devenu ingouvernable non pas parce que les Français ne peuvent être gouvernés par la faute de leur caractère. Il l’est parce que c’est le gouvernement lui-même qui est devenu ingouvernable. Incontrôlable, certes, mais aussi ingouvernable, j’y insiste.

Quel est le processus habituel qui préside à l’action politique ? Le Président de la République en accord avec son premier ministre lui-même après consultation de ses ministres fait une proposition de réforme. Si le jeu en vaut la chandelle, on prépare le public à l’accepter avant même de la soumettre au parlement. En résumé, on tâte le terrain. Partisans et adversaires ont le temps de fourbir leurs armes, d’affuter les lames, de parer les coups pour mieux en asséner, de bâtir une argumentation logique, solide et, si possible, implacable. Deux camps vont s’affronter : la majorité et l’opposition, autrement dit les pour et les contre, avec quelques nuances possibles qui permettront des ajustements et des amendements.

Or, que s’est-il passé ces jours-ci ? M. Emmanuel Macron, présentement ministre de l’Economie, semble lancer un débat sur une réforme de l'assurance chômage. Une vraie réforme, assurément, puisqu’elle s’établira sur une réflexion juste et réaliste « sans tabou, ni posture ». On pourrait croire qu’il est là le porte-parole du gouvernement et de l’Élysée et que cette première attaque à peine déguisée touche la droite. Surprise (ou pas !) : c’est Jean-Christophe Cambadélis qui rétorque au nom du parti socialiste, le parti de M. Macron : « La gauche n'a pas de tabous mais elle a quelques totems. En particulier le fait que quand un président de la République s'exprime, les ministres appliquent ». Serait-ce que, avant même que l’opposition ait pris le temps de la réflexion et de la lutte prévue à organiser, le ministre n'ayant parlé qu'en son nom propre sans avoir consulté l’Elysée se voit contré d'emblée par son propre camp ?

En fait c’est pire que ça. Le gouvernement ne gouverne plus ; il s’oppose. Le gouvernement contre le gouvernement ? Mais c'est idiot ! Oui, mais c'est ainsi ! Et pour exprimer son mécontentement, on prend le pays à témoin quitte à le plonger dans un état proche du dérèglement intellectuel et psychologique.

Le problème n’est pas que je sois pour ou contre la réforme possible de l’assurance chômage. Mais je demande qu’on m’explique pour que je me fasse une opinion avant de retirer ce qui n'est même pas encore un projet ! De quoi ont l’air ces manifestations de plus en plus fréquentes d’aller-retours, de retours en arrière, de volte-face soudaines ?

Oui, c’est ridicule et lamentable. Chaque Française, chaque Français devrait avoir le temps de s'informer, de juger et de statuer sur les questions essentielles. Sinon qu'on ne vienne pas se plaindre, hypocritement, du fort taux d'abstention lors des consultations électorales.

On ne retire pas l’os du chien avant qu’il l’ait reniflé au risque de le rendre méfiant, puis méchant !

Ce qui me rend particulièrement maussade dans cette histoire, c’est que les chômeurs, par définition, sont les seuls à qui on puisse imposer ce genre d’attitude désinvolte et méprisante sans risquer de réprésailles en retour : la grève n'est un droit que chez ceux qui travaillent. Et ça, jouer ainsi sur cette impunité, quand j'y pense c’est de la lâcheté !

Bernard Bonnejean

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